jeudi 19 mai 2016

Araki, chorégraphe du ligotage






Figure incontournable de la photographie contemporaine japonaise, Nobuyoshi Araki est connu mondialement pour ses photographies de femmes ligotées selon les règles ancestrales du Kinbaku - l’art du bondage japonais -, pratique qui puise ses origines au XVe siècle. Cette exposition retrace cinquante années de son travail en plus de 400 photographies et compte parmi les plus importantes consacrées à Araki en France.
Un choix très important sera extrait des milliers de photographies que l’artiste a réalisées de 1965 à 2016, depuis l’une de ses séries les plus anciennes intitulée Théâtre de l’amour en 1965 jusqu’à des oeuvres inédites, dont sa dernière création de 2015 réalisée spécifiquement pour le musée sous le titre Tokyo-Tombeau. Après une première découverte de la presque totalité des livres conçus par Araki suivie d’une introduction aux grandes thématiques de son oeuvre – les fleurs, la photographie comme récit autobiographique, sa relation avec son épouse Yoko, l’érotisme, le désir, mais aussi l’évocation de la mort -, l’exposition évoquera son studio, laboratoire d’idées.
Véritable journal intime d’un grand plasticien de la photographie pour qui « photographier est avant tout une façon d’exister », l’exposition se déploiera selon un parcours thématique, depuis les séries consacrées aux fleurs, la scène de Tokyo, ou encore le Voyage sentimental, illustration de son voyage de noce en 1971, suivie du Voyage en hiver en 1990, année du décès de son épouse.
À mi-parcours de l’exposition, le visiteur s’introduit dans l’atelier d’Araki et découvre la démesure de sa production photographique, mise en regard d’oeuvres issues des collections
du MNAAG : estampes, photographies et livres anciens, illustrant les liens que l’artiste a entretenus avec la permanence d’une inspiration japonaise. Empreint de poésie et de
recherche plastique, l’oeuvre d’Araki repose également sur une expérimentation incessante. Ainsi les codes et stéréotypes du médium sont revisités par l’artiste qui intervient sur ses propres négatifs ou recouvre parfois ses images de calligraphies ou de peinture, dans un geste audacieux, souvent teinté d’humour.
Conçue à partir d’oeuvres provenant de collections privées et publiques (Tokyo, New York, Paris…), complétée des archives de l’artiste, cette exposition donnera à voir et à comprendre l’enracinement de l’art d’Araki dans la culture traditionnelle japonaise.

Au musée Guimet actuellement à Paris

mercredi 18 mai 2016

"Macho Dancer":mate show danseur! Eisa Jocson androgyne.....s'aime le trouble!


Proscenium, podium pour une créature hybride, entre homme ou femme, plutôt versant masculin puisqu'il sera question du genre, de la pratique évoquée de la macho-dance, discipline de cabaret, érotique et provocante pratiquée à l'origine,aux Philippines
Question de sexualité certes mais ici beaucoup plus que cela: elle danse devant nous, à proximité, louve ou loup aguichante, à l'allure martiale d'un macho de foire.
Accoutrement de circonstance, short, ceinturé, tee shirt noir, seyant,, genouillères et curieusement sur le torse, un chapelet-crucifix étrangement présent, posé sur la peau qui transpire, sue .
Pauses, attitudes, postures de cabaret, long corps sculptural qui s'étire dans de longs gémissements sourds, mâchement des lèvres: tout concourt ici à incarner une figure symbolique du désir sans retenue, du clin d’œil dirigé vers les fantasmes que projette le spectateur sur cet être fantasmagorique à souhait
Un corps au delà du désirable, parfois violent, dans une tension grandissante, qui enfle et éclate en mouvements plus que suggestifs de copulation (l'après midi d'un faune de Nijinsky n'est pas loin) et rôde dans cette ambiance torride, chaude, enveloppée de fumigènes vaporeux, trouble, moites.
Eisa Jocson est d'une beauté troublante, lisse, scintillante, sa chevelure se jouant des hochements de tête fébriles, prenants, envoûtants. Changement de short, de peau, de plus en plus "juste au corps", corpus dei révolté mais soumis aussi à l'esclavage de notre regard. Voyeur, mateur, intrusif ou juste indescent, le jeu en vaut la chandelle, celle que l'on devine sous le cuir et qui se montre, se caresse devant nous.Obscène, derrière la scène, derrière nos paupières qui ne peuvent se refermer à la vue d'un corps ondoyant, basculant, se donnant, s'offrant comme une marchandise à déguster sans modération.
Le propos pourtant s'épuise et la fascination n'opère plus: désenchantement, artifice qui part en fumée et laisse un parfum de frustration! On aurait envie de courir au cabaret pour goûter à la trivialité, la dureté d'un spectacle vrai ou le faux et l'artefact ne seraient pas de mise.
Plus d'audace, plus de harcèlement envers nous, ferait de cette démarche un vrai mate-show où l'homme ne serait pas que caricature, mais incarnation démoniaque du désir, de l'envie, de la soumission...Plus loin, toujours plus loin dans l'univers du trouble, du flou, de l'indicible....

Au Maillon Wacken jusqu'au 21 Mai 20H 30

A propos de :
."En lourdes bottes de cuir, short moulant, débardeur noir, Eisa Jocson s’avance sur la piste de danse, ondule puis se cambre au milieu des convives, comme il arrive chaque soir dans les clubs de nuit philippins.


Ces clubs, où des hommes dansent pour des hommes – plus rarement pour des femmes – sont uniques aux Philippines. Ce phénomène produit un langage de séduction très particulier car ces hommes, qui disposent de leur corps comme d’un capital, sont ainsi relégués dans une position sociale faible, alors même que leurs gestes portent tous les signes de la virilité.
Incarnée ici par une femme, cette transposition du langage révèle toute l’ambiguïté du sujet, en même temps qu’elle le trouble par une confusion des genres, dans lequel, finalement, chacun de nous s’enchevêtre.

Macho Dancer en scène n’est donc pas seul(e) car cent regards l’accompagnent, mais sans savoir vraiment dans quel registre répondre au sien. D’autant qu’avec la meilleure volonté du monde, on se trouve quand même dans la position du client qui mate, alors qu’on sait pertinemment que ce spectacle, justement, en a subtilisé l’enjeu premier. Un bien joli tour de passe-passe, qui ne cesse de nous troubler."

mardi 17 mai 2016

"Ma Loute" : très chorégraphique !


Les plus beaux "portés" du cinéma pour passer le gué !
Des gestes et attitudes, postures extrêmement calculés, vécus, reproduits et assimilés pour tous les comédiens, un langage, désarticulés avec des accents superbement produits: un film très organique, surréaliste à souhait ou le gros s'envole en apesanteur, roule et se relève comme un danseur à la Laurel et Hardy!
des cortèges très pina bauschiens