mardi 18 septembre 2018

Biennale de la Danse de Lyon: "Image'in ! Maguy Marin au grand magasin !

Pour la 18 ème édition, la Biennale s'affiche sous le signe de l'image, celle que la Danse a toujours bousculée; de bien réelle et charnelle à toute les nouvelles formes et territoires qu'elle sait investir, la voilà au plus haut des grades de la recherche avec des résultats stupéfiants!


Ça super-marche bien ! Dégoût et des couleurs ! Le tout à l'égo de l'humanité !

"Ligne de crête" de Maguy Marin, échappe à cette vitrine technologique pour offrir une devanture très performative de l'art de la scène, du spectacle vivant en train de se construire et de s'échafauder. Un thème, le consumérisme, l'engage à fond à visiter les entrailles de la société de consommation. Sur le plateau, déjà, quelques amoncellements d'objets du quotidien, d'emballage de victuailles, cela dans un décor d'alvéoles de bureau, sorte d'open space où le labeur est observé à travers les vitres des box où les employés s'adonnent au travail, ce "martyr" journalier.
Des attitudes fébriles, versatiles émergent de ce chaos, d'abord dans la pénombre, puis peu à peu révélé par des éclairages criant de vérité. La musique démarre en trombe et l'on sait d'avance que sa fin aboutira à la conclusion du spectacle Une heure durant, six danseurs piétinent, circulent vont et viennent dans un rythme endiablé, incessant parcours minuté de déplacements précis et opérationnels. Costumes colorés, bigarrés collé au corps, portables à l'oreille ou simplement civil s'adonnant à ses rituels quotidiens; la fièvre acheteuse fait mouche et tous cavalent, course contre la montre, jamais à bout de souffle. C'est impressionnant, agaçant en diable, oppressant. Les objets et empaquetages s'accumulent sur le plateau, fabriquent des monticules qui vont bientôt submerger les acteurs de cette vie pétaradante, fébrile. Ruche ou fourmilière, grand magasin où foire aux objets, tout concoure ici à fabriquer du superflu, du jetable, du consommable. Les corps véhiculent ardeur, allant, vitesse et précipitation dans un rythme infernal. Usine à broyer les corps et les esprits, sans plage de réflexion ou de silence ni de repos possible .Pas de pause, ni de répit pour cette micro société palpitante qui en fin de course construit un espace esthétique de toute beauté plastique: déchets, objets, paquets s'amoncellent comme un amas de résidus, comme un  terril ou crassier multicolore, gai, beau et chamarré.
Notre société aurait-elle le gout de la déchetterie, de la poubelle, du détritus, hélas ici, jamais recyclé sauf en gestes robotiques, répétitifs, oppressant de banalité, de simplicité.
Du made in Maguy Marin, exploratrice acharnée d'un propos, jusqu’au-boutiste d'un acte artistique, posé, fouillé jusqu'à ses moindres détails: une cérémonie rituelle en contre hommage à nos us et coutumes, nos défauts, nos excès à outrance. La maladie du siècle, l'emballage, le nombre et la mal bouffe en poupe!



Au TNP Villeurbane jusqu'au 15 Septembre

dimanche 9 septembre 2018

"Icônes et instincts" de Vincent Paterson


De « Beat It » à « Blood On The Dance Floor », Vincent Paterson a travaillé avec le Roi de la Pop pour donner vie à plusieurs projets qui sont aujourd’hui entrés dans la légende. Il a notamment participé au projet « Smooth Criminal » qui est devenu l’un des short films les plus iconiques de Michael.
Voici la présentation de ce livre faite par son éditeur :
Pour la première fois, le chorégraphe de Michael Jackson, Madonna, Björk et bien d’autres révèle des histoires de plateau à travers son parcours hors du commun.
C’est sur le tard que Vincent Paterson débute sa carrière de danseur professionnel. Elle va prendre une tournure exceptionnelle lorsqu’il devient l’un des principaux danseurs du clip Beat It de Michael Jackson. À partir de ce rôle de chef de gang, à force de travail, il va se hisser au rang de chorégraphe et réalisateur pour les plus grands chanteurs, mais aussi pour le cinéma et la comédie musicale.
Il raconte avec naturel et humilité l’univers passionnant des plateaux de tournage, les séances de répétitions où il faut orchestrer et synchroniser des dizaines de danseurs, les coulisses où il est parfois nécessaire de gérer quelques caprices de stars, les succès, mais aussi les déceptions. C’est une plongée au cœur du monde de la danse qui montre toute l’importance de celle-ci dans notre monde d’images.

Meredith Monk : les grands entretiens d'Art Presse


Préface de Jacqueline Caux, spécialiste de la performance américaine et réalisatrice de films sur des musiciens.
« La voix peut constituer un véritable clavier d’expression, un second langage » 

Meredith Monk, née à Lima en 1942, est une chanteuse, performeuse et chorégraphe, figure majeure de la scène américaine. Elle développe très jeune une qualité de voix exceptionnelle, qu’elle ne cesse d’approfondir en explorant l’appareil vocal entier (bouche, gorge, larynx, glotte). Elle débute sa carrière en 1964, dans un contexte artistique new-yorkais en pleine effervescence, qui abrite aussi bien la Factory d’Andy Warhol que la Kitchen, lieu où sont présentés les spectacles d’avant-garde et où l’on peut écouter la musique de John Cage et Steve Reich. En 1968, elle fonde sa compagnie, The House, puis, en 1978, le Meredith Monk & Vocal Ensemble, avec lequel elle effectue des tournées dans le monde entier et enregistre plusieurs titres.

Dès lors, elle ne cesse de créer des œuvres qui intègrent toutes les disciplines. Son goût pour l’expérimentation se manifeste dans son approche de la voix et de la musique – elle étudie toutes les techniques du monde, s’inspire de la musique médiévale aussi bien que d’Erik Satie – mais aussi dans les arts de la scène. Elle intègre de la vidéo, des films dans ses chorégraphies aussi appelés « opéras cinématographiques » (Atlas, 1991). Ses spectacles donnent lieu à des courts-circuits temporels, pour déconstruire les codes en vigueur de la danse, de l’opéra, du chant et du montage cinématographique. En France, c’est le Festival mondial du théâtre de Nancy, que présidait Jack Lang, qui l’a invitée pour la première fois en 1973, suivi le Festival d’Automne en 1975. Depuis, elle revient régulièrement, accueillie par divers espaces culturels, tels que le musée du Louvre ou la Fondation Cartier…

Son expression libre, affranchie de toute rhétorique formelle et spécifiquement féminine font de Meredith Monk une pionnière dans l’art de la performance et de la création d’avant-garde.