mardi 13 novembre 2018

"Casse Noisette" de Valéria Docampo et le NYCB


C’est la veille de Noël. Marie reçoit une poupée casse-noisette, habillée comme un soldat.
Durant la nuit, le casse-noisette et les autres poupées prennent vie. Et sous les yeux de Marie, Casse-noisette, libéré de la malédiction qui lui avait été jetée, devient un très charmant prince qui l’emmène avec lui.



lundi 12 novembre 2018

Hanatsu Miroir et Samuel Andreyev: un CD intimiste au souffle sans limite: "Music with no Edges"



Hanatsu Miroir signe ici l'édition d'un CD, très intimiste où les compositions de Samuel Andreyev rivalisent de délicatesse, d'intimité mais de difficultés aussi, embûches stylistiques que les interprètes franchissent aisément et sans "fausse note" ! Un aperçu très convaincant d'une écriture complexe et lumineuse, servie ici par le talent et la maîtrise de musiciens complices et compagnons de longue date!

"Samuel travaille avec notre ensemble depuis sa création. Il a été le premier à nous dédier une pièce en duo que nous avons explorée sous toutes ses coutures jusqu’à lui en demander une deuxième, en quatuor cette fois.Autour de ces deux pièces nous avons passé une partie de ces dernières années à explorer ses œuvres, à enregistrer un autre album de chansons colorées, à discuter de nouveaux timbres, à épouser les limites de notre ensemble. Sa musique nous plaît de par son écriture, sa finesse, la curiosité furieuse pour des instruments peu utilisés ou trouvés pour l'occasion. Samuel a une plume musicale aussi fine que son écriture et aussi riche que ses petits carnets de notes. Sans déséquilibre entre les lignes rythmiques, harmoniques, mélodiques, timbraux, elle ne fait de compromis que lorsque des limites instrumentales ou humaines ne le demandent.Nous avons donné à un notre ensemble un rôle d’explorateur de la vitalité de la création contemporaine, mais nous nous sommes également fixé comme mission de rendre vivantes les pièces écrites au delà de leur création, en explorant leur entourage esthétique ainsi que les autres œuvres du même compositeur."
" Ma musique a la qualité quelque peu fâcheuse d’être à la fois extrêmement dure à jouer, mais pas tout à fait impossible. Les interprètes se rendent vite compte que mes partitions demandent la plus grande exigence, et que cette musique sonne le mieux lorsqu’elle est jouée avec une énergie intense et une grande attention au détail. Par ailleurs, elle présente de nombreux défis d’ordre logistique. Les interprètes doivent souvent jouer sur des instruments insolites, dont certains sont rares et doivent être loués, et dont d’autres doivent être construits pour la pièce. Le rythme est généralement pulsé et précis, mais change constamment, souvent d’une mesure à l’autre. L’harmonie est fréquemment microtonale, si bien que l’on doit souvent passer beaucoup de temps à travailler la justesse.Tout cela fait que mes pièces fonctionnent au mieux lorsqu’elles sont travaillées dans la durée par les mêmes interprètes sur plusieurs années. Il y a quelques années, lorsque j’étais totalement inconnu, de telles conditions étaient difficiles à satisfaire ! Je suis donc ravi de cette collaboration durable avec HANATSU miroir, laquelle est idéale à tous les niveaux. Ces interprètes virtuoses sont tout aussi perfectionnistes que moi. Voire plus. Je le sais, car j’ai eu l’occasion de jouer avec eux en tant que hautboïste. Il y a eu des moments, à la fin d’une longue journée de répétitions, ou j’étais tenté de dire, ‘bon, ça va là, ça sonne bien, on peut s’arrêter’ — et de me voir ignoré par les musiciens, refusant de s’arrêter avant que la perfection ne soit non seulement entrevue de façon furtive, mais solidement acquise. Cet album, fait insolite pour un disque de musique contemporaine, est le fruit d’une collaboration très longue. Certaines des pièces figurent dans le répertoire de l’ensemble depuis presque une décennie. Je peux dire qu’elle a eu lieu dans les meilleures conditions possibles. J’espère que vous nous rejoindrez sur cette aventure tout à fait passionnante." Samuel Andreyev.


dimanche 11 novembre 2018

"Jazzpassage" : Michael WollnyTrio et "La belle nivernaise" en ciné concert! Tous en Seine !


 Des concerts d’exceptions, des dates uniques en France, des créations... Pour sa 33ème édition, le festival Jazzdor vous embarque pour un voyage musical unique : 31 projets français, européens et internationaux à explorer pour le plus grand plaisir de vos oreilles. Du solo à l’orchestre d’harmonie 
En acoustique ou en ciné-concert, plus de 100 musiciens sont au rendez-vous pour faire vibrer votre palpitant ! Prenez le risque d’aller vers l’inconnu, de saisir la musique au moment où elle s ‘invente... En concert. Retrouvez tout le détail de la programmation du festival sur www.jazzdor.com
MICHAEL WOLLNY TRIO
Si l’on suit le pianiste allemand Michael Wollny depuis ses débuts, c’est qu’à chaque nouvelle venue, il subjugue par cette manière de dessiner sur l’instrument des films fascinants, aux narrations denses et haletantes, des tableaux sonores éblouissants qui jouent sur les correspondances entre le jazz, la musique classique et les musiques populaires, faisant se rencontrer dans un naturel confondant Debussy, Fauré ou Scott Walker.

Surgi voici quelques années sur la scène du jazz allemand, Michael Wollny a rapidement retenu l’attention des observateurs à l’affût de nouveaux talents. Ses enregistrements comme ses apparitions sur scène témoignent à chaque fois de sa créativité. Que reste-t-il à inventer quand on s’installe devant un clavier ? Des générations de jazzmen ont exploré de multiples façons de faire vibrer les cordes. Les nouveaux venus s’inspirent forcément de cet héritage pour trouver leur propre style. Pour sa part, Michael Wollny s’est aussi mis à l’écoute des compositions d’Alban Berg, Gustav Mahler, Paul Hindemith. Ses propres constructions portent la trace de la tradition allemande. Y voisinent aussi des passages d’une grande poésie et des séquences ébouriffantes. Wollny est une sorte de feu follet (c’est d’ailleurs le titre de l’un de ses thèmes) toujours prêt à surprendre. Il s’était fait remarquer récemment à l’occasion d’une tournée en partenariat avec Vincent Peirani. Le voici de retour avec comme complices Christian Weber à la contrebasse et Eric Schaeffer à la batterie. Et quel retour à Jazzdor pour inventer auprès d'un public nombreux et impatient, un moment de grâce, toujours renouvelé. A la Cité de la Musique et de la Danse, c'est à un instant magique de félicité, en présence d'un démiurge, que l'on assiste.Jamais pareille osmose ne s'est ressentie entre piano et contrebasse, symbiose organique, sonore et rythmique entre les deux interprètes, bordés par un percussionniste, plus en retrait mais hyper performant. Des morceaux de référence, mais aussi des créations, qui vibrent sous les doigts du pianiste, les pieds agités par le tempo, rivés à la musique, tout le corps investi dans l'interprétation, tantôt tétanique, furieuse, déchaînée, tantôt fluide, évanescente, lyrique. Du grand art devant nous, sur le plateau, une écoute "religieuse" du public qui sent qu'il se passe quelque chose d'unique, d'extra-ordinaire...Gouttes de pluie entre ses doigts, fragiles, ou torrent de bruits et de fureur, les avant-bras frappant le clavier, ou les doigts caressant les touches. A l'intérieur aussi de son piano complice, second corps greffé au sien, second souffle rythmique à vous le couper. Et Christian Weber de conjuguer cette complicité fraternelle pour enchanter ces instants suspendus au temps, intemporels, qui jamais ne se reproduiront à l'identique.

La grâce incarnée !

Michael Wollny, piano / Tim Lefebvre, contrebasse / Eric Schaefer, batterie


"LA BELLE NIVERNAISE" en complément du programme "Jazz Passage" s'inscrit dans la vague des "ciné-concerts" revisitant quelques chefs d’œuvres du patrimoine cinématographique et s'inscrit dans une voie nouvelle pour la musique jazz d'aujourd'hui, ou la musique dite "contemporaine".

Un film muet de Jean Epstein (1923) pour innover dans le genre en incluant un groupe de voix bulgares, en costume traditionnel pour donner de la voix à cette oeuvre sans "les mots" pour conter le scénario ! Une excellente initiative pour faire comme du Clément Janequin et ses "cris de Paris" pour créer une atmosphère. Univers et ambiance garantie pour cette évocation d'une époque, d'un métier, celui de la batellerie, de paysages fluviaux, des quais de Paris, aux berges de la Seine.Des quartiers de la capitale, aux quais et bords de fleuve, d'une salle de cinéma à , bien sur, la péniche, lieu emblématique de cette histoire touchante et émouvante. Le chef d'orchestre Ilia Mihailov et le compositeur et pianiste François Raulin ont travaillé ensemble pour trouver un terrain de jeux original ou chaque partie, un trio de jazz d’un côté, un chœur de voix bulgares de l’autre, s’exprime pleinement, se répond, se mélange en un contrepoint de plus en plus serré à mesure que le film se densifie. Le film, c’est “La Belle Nivernaise“ de Jean Epstein, et son atmosphère de bords de Seine. Le concert, lui, est imaginé comme un “mini opéra“, une suite de tableaux en champ/contrechamp des images.

Difficile de composer pour des images si originales, un scénario entièrement joué "muet" où jamais les gestes, les expressions ne sont mimées ni surjouées.Le film est audacieux en cadrages, découpages rythmique: de très beaux portraits de visages éclairés , lumineux en gros plans pour souligner les émotions des protagonistes de cette histoire de péniche où la paix niche parfois mais si rarement. Un beau solo de saxophone pour la séquence de l'enfant abandonné qui grelotte de froid, du lyrique onirique pour les séquences de rêve, trouble où l'ange ou la vierge Marie veille au grain de ce drame cinématographique, osé, moderne et insolite.La musique du trio prépare les pièces du chœur en jouant parfois littéralement avec ce dernier. On découvre une écriture originale avec une attention particulière à la mélodie et aux effets dramatique. Les voix judicieusement exploitées pour les scène de foule, de causerie ou de montée dramaturgique. Le solo d'une des choriste, face à l'écran est de toute beauté sonore et dramatique. La séquence du match de foot, filmée en continue, aux pieds des joueurs en plongée invite la musique à se presser, les chœurs à se gonfler de volume intense et justement dosé.
Un moment conjugué de musique et d'images en osmose ou contrepoint, remarquable !
François Raulin, piano / Christophe Monniot, saxophone / Bruno Chevillon, contrebasse / Le Grand Chœur des Voix Bulgares dirigé par Ilia Mihailov

A la Cité de la musique et de la Danse ce Dimanche 11 Novembre.