vendredi 3 juillet 2026

Serge Aimé Coulibaly:le partage et la conviction


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Serge Aime Coulibaly est le chorégraphe de la tonicité du partage et de la conviction: selon lui il ne faut pas convaincre mais séduire, aimer son public son prochain. Pétri d'humanité ce danseur-auteur est la preuve que l'expression chorégraphique est toujours une icône de la solidarité et de la convivialité Son engagement politique se révèle dans le choix de la thématique de sa nouvelle pièce la musique y trouve une place privilégiée expression d'une culture d'une sensibilité loin  de se complaire dans l'illustration ou la réplique de la tradition orale et musicale: le blues l'interpelle et active la danse dans une résurgence sonore gestuelle qui se répand dans l'espace et honore le plateau de la présence de deux musiciens qui accompagnent sans cesse les évolutions de si danseurs sur la scène e de l'Opéra de Montpellie. Deux chanteuses se joignent à cet hommage à l'histoire d'une partie de l'Afrique de leur voix chaude et impressionnante d'authenticité durant tout le spectacle .Elles enchantent l'oeuvre d'une sonorité inégalée en tant qu' émission vocale de toute beauté alors au centre de la scene une curieuse masse blanche intrigue et dévoilera bientôt sa nécessité plastique et scénographique.Tout se déroule dans la joie l'énergie et la beauté des gestes qui se cabrent s'accélèrent se répondent et proposent ainsi un glossaire chorégraphique riche en secousses et autres divagations splendides.La masse centrale lumineuse délivre son secret peu à peu, enveloppe protectrice,drap-etendar et berceau des corps qui s' y réfugient . Des spectres  tour oyants brouillent les pistes de lectures,fantômes des esprits bienveillants de ce soulèvement a la Didi Huberman.La posture politique du choregraphe et de ses interprètes est efficace,engagée,sans compromission.On y goûte avec respect et acquiessement à une prise de position à l'endroit de la scène qui pour lui demeure le lieu et l"endroit de visibilité et de passation.

Une ode,un manifeste danse,chante de grande amplitude et de toute générosité orchestrée par un chorégraphe dont la voix timbrée et chaleureuse résonne comme une incitation à l éveil et la vigilance. Le son du corps comme un instrument de musique à part entière également durant toute cette pièce inédite. 

Création mondiale dans le cadre du festival Montpellier Danse.

Jann Gallois où la fureur de vivre


 Dans le cadre du festival Montpellier Danse Jann Gallois présentait "in situ "une performance sur l'esplanade Charles de Gaulle : une jolie foule compacte l'attendait sur ce parvis avec impatience sous une douce chaleur. Quatre danseurs font irruption sur cette arène bordée de spectateurs à l'écoute de cette performance inédite très écrite pour ces quatre interprètes débordant d'énergie d'empathie. Une histoire simple de personnages qui s'attrapent s'atirent se repoussent ou s'ignorent dans un joyeux débordement d'énergie et d"humour.Solo,duo complices entre homme et femme qui s'abandonnent dans une danse éperdue de grâce,de fusion,de sororité.Sur un sol dur,en plein air,cet engagement physique est sincère,entier et résonne comme un don de soi au delà de la simple performance ludique estivale.  Rare et belle digression sur la place de chacun dans cet espace ouvert,offert à une lisibilité claire,limpide qui coule de source.Un acte chorégraphique volontaire et touchant qui se developpe en fin de partie en un bal partagé entre tous les spectateurs désireux de partager la fête. 

Dans le cadre du festival Montpellier danse le 2 juillet.

Nadj au pays des éphémères


 Des images d' insectes parcourent un écran comme autant d'éphémères, ces bestioles qui n'ont qu'un temps de vie réduit à quelques heures.Superbes envolées poétiques d'un monde fugace.Deux personnages font irruption sur le plateau,figures étranges masquées de blanc,pantins tels deux manipulateurs de marionnettes qui se rendraient mobiles automatiquement.Et tout l'univers onirique de Nadj fait irruption comme surgi d'un conte de fée réactivé des temps anciens.Résurrection d' un univers passé jamais éteint. L'espace se réduit à ces deux corps,à ce duo très proche quasi jumeaux ou siamois fantastiques.Le mutisme est de rigueur, le mime encore pétri d'une gestuelle bizarre,tétanique,morcelée à souhait.Les postures frontales génèrent un effet de miroir réfléchissant une singulière posture corporelle rehaussée par la présence d'objets rituels,magiques venus des fonds du temps.Un crâne rituel d' un bestiaire de chasse, du bois flotté battu par des eaux. ensorcelées.Et la magie opère, l'envoutement d'un espace inconnu,suspendu,arrêté. Nadj et son complice ne font qu'un dans ce grimoire fabuleux hors sol,en suspension.Les compères naviguent,se parent de cornes anguleuses,jouent et gagnent dans le burlesque raffiné,le grotesque suggéré,l'absurde avoué. Sortes de chimères,de Wildermann à la Charles Freger, ces hommes sauvages légendaires qui parcourent les vallées suisses ensorcelées par les frimas. La musique soutient cet univers étrange entre statique et boîte à miracles d'où surgissent des objets qui semblent avoir une âme.Manipulés de main de maître par un duo charmant qui ravit, subtilise notre raison et nous propulse dans une cosmogonie onirique sans pareil.Comment résister à se laisser capturer,captivé par ces icônes mouvantes enchanteresses.Nadj en pape,au mieux d'une expression et d'une écriture singulière qu'on lui connait.Une référence obligée d'un temps chorégraphique suspendu,dans la pénombre et le secret,dans des révélations magiques de prestidigitateur du geste: précis,découpé,en apnée ce des plongeurs à la recherche d'un trésor enfoui. Les strates de l'inconscient comme un palpseste païen d'empreintes,de signaux précurseurs de félicité. 

Dialogues dans le rêve au Kiasma à Castelnau-le-lez dans le cadre du festival Montpellier Danse

Création mondiale