dimanche 22 février 2026

"Le Bestiaire enchanté" : le carnaval des animaux : des histoires naturelles....Quand "L'animal rit" !

 


Trois chanteurs s’emparent du royaume des animaux pour le transformer en promenade musicale sensible et joyeuse. Entre fables, poésies animalières, saynètes chantées et pastiches drolatiques, ce bestiaire fantasque s’attache à révéler un pan singulier du monde animal. On y croisera, entre autres, un poisson philosophe, un paon fanfaron, une pintade irascible et plusieurs incarnations d’une cigale et d’une fourmi définitivement irréconciliables...

Les animaux au Musée Zoologique? Non, à la Choucrouterie, il va sans dire! Bande des Quatre ou Groupe des Six? L'occasion de rencontres et de retrouvailles fait les larrons et voici un concert(récital plein de charme, dont la programmation tourne autour des Zanimos sans coup férir faisant se rencontrer Ravel, Poulenc, Hahn, et encore bien d'autres compositeurs du siècle derniers et de l'époque romantique. Bien dosée cette représentation sera étayée par trois versions de la célèbre "Cigale et la Fourmi", fable phare de nos mémoires enfantines. Trois versions interprétées par le même Denis Lecoq, ténor averti et assuré. 
 
                                   photo robert becker

La première signée d'Offenbach toute maline, enjouée, aux rythmes périlleux d'opérette savante et recherchée. La seconde parsemée de récitations, de vocales bien tenues d'Isabelle Aboulker, la troisième signée Charles Trenet en jazz et swing malin, chaloupé, balancé et ponctuée d'un petit rajout textuel bien mené et d'actualité. C'est Jean Lorrain, le maitre de cérémonie, Monsieur Loyal qui bat la mesure des oeuvres qui s'enchainent sans interruption d’applaudissement!Mise en scène sobre au format du plateau, les deux pianistes en fond pour déverser les musiques d'accompagnement, si diverses et contrastées. Desnos et Kosma font irruption dans cette joyeuse ménagerie de vers avec l'interprétation chaleureuse et raffinée de Claudine Morgenthaler, soprano impeccable avec une "Grenouille aux souliers percés", un "Chat qui ne ressemble à rien", un 'Oiseau du Colorado"pleins de malice, d'humour , de dérapages narratifs, de surprises mélodiques. La chanteuse dans un jeu sobre, posé, juste dosé pour un par coeur qui lui permet une adresse au public non négligeable. Le visage expressif, le corps délicatement impliqué dans les intrigues et rebondissements de ces textes fameux. Au tour d(entrer  dans ce quatuor, René Schirrer, basse à l'envergure large, au timbre ample, à la tessiture bien trempée. 
 

Avec "Des Antonius von Padua Fischerpredigt" de Mahler. Introduite par Jean Lorrain, prêcheur et prédicateur de mise pour une exploration du thème, une introduction imagée et jouée de l'oeuvre. Deux duos croustillants: celui de Claudine Morgenthaler et Denis Lecoq, 
 

"Le duo de l'âne" cahin caha pour une fameuse interprétation complice et joyeuse.Le second avec René Shirrer et Denis Lecoq "Fliege Voglein" de Dvorak, en résonance et habile interprétation, les voix s'imbriquant à l'envi dans une profonde harmonie. 
 

Et le tour de piste de ce fabuleux manège de cirque  enchanté se prolonge avec le "Bestiaire" de Poulenc, chèvre, dauphin, écrevisse etc tout confondus dans un joyeux désordre textuel, une rigueur musicale étonnante et déroutante signature de la complexité musicale de la partition vocale autant que pianistique. Rivalise Ravel avec son "Paon" amoureux criant son célèbre et légendaire "Léon" interprété par René Schirrer, comédien, conteur sobre et malicieusement expressif: suspens, tension, retenue comme registre séduisant! Un petit "Rossignol de mes amours" pour swinger et chalouper de Francis Lopez, incarné par Denis Lecoq, en compétition avec celui de Claudine Morgenthaler, "Le rossignol des lilas" de Hahn: subtil, racé, percutant.
 

Jean Lorrain parsème de ses interventions contées toujours à propos, ce récital jouissif: tantôt cygne d'étang désirant les nuages, , poulpe étrange,chenille agile, ,chat aux aguets félin pour l'autre,sauterelle sautillante au gré du choix de textes contés de Desnos, Apollinaire,Queneau. Un jeu audacieux et bienvenu, entremets savoureux de ce festin musical enchanteur.
 
Le clou du spectacle au final, une version de "La Truite" de Schubert, paroles de Francis Blanche, version coquine, grivoise et bien trempée de l'oeuvre archi connue de référence:
 

l'occasion d'un quatuor enflammé, comique, burlesque et indiscipliné pour les quatre artistes, acteurs et passeurs de plaisir auprès d"un public nombreux, à l'écoute dans la grande salle de la Choucrouterie. Un rappel avec 
 

"Le duo des chats" de Rossini, transposé pour l'occasion en quatuor de félins aux prises avec le pianiste "cabotin" aboyant pour le meilleur du comique de situation. Comme des poissons dans l’eau, des coqs en pâte, nos artistes offraient une perle rare, un récital hors des sentiers battus, plein de charme et d’ingéniosité en matière de choix éditorial. Les deux pianistes, Luc Benoit et Fritz Wintterlin en osmose avec chaque atmosphère, chaque genre musical, se partageant l'accompagnement indispensable à une harmonie sonore et musicale.

 DISTRIBUTION
Comédien : Jean Lorrain
Soprano : Claudine Morgenthaler
Ténor : Denis Lecoq
Basse : René Schirrer
Piano : Luc Benoit et Fritz Wintterlin
Production : RG Production

 Crédit photos: Robert Becker

A la Choucrouterie le 22 Février 

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