samedi 24 octobre 2026

ANGELIN PRELJOCAJ Soulèvement : tempête insurrection et révolte chorégraphiques

 


Dans ce nouvel opus, le chorégraphe s’inspire des rassemblements spontanés qui soudent les individus dans leurs élans citoyens. Il interroge l’énergie traversant les corps, les modes d’identification et les codes tacites de ceux qui s’investissent dans une cause commune : d’où naissent ces mouvements aspirant à changer le cours du monde ? Seatings, marches, course à bout de souffle et larmes brûlantes provoquent parfois cette exaltation d’appartenir à une nouvelle puissance, générant son lot de rencontres et d’histoires d’amour. Quand les mouvements populaires se transforment en nécessité vitale, quand dans la foule deux regards se croisent dans une lueur d’espoir, ils ne peuvent que toucher un chorégraphe qui crée depuis quarante ans avec des danseurs qui eux aussi s’engagent chaque jour dans une union collective. Au coeur de cette création, se lève comme une promesse qui vient souder les utopies sociétales et artistiques.L’ÉNERGIE COLLECTIVE DES GRANDS RASSEMBLEMENTS NOURRIT LA CRÉATION D’ANGELIN PRELJOCAJ

Angelin Preljocaj a toujours considéré et nommé la Danse comme "un art de combat". Alors ici dans cette évocation du "soulèvement" il peut aisément s 'épancher sur ce mot d'urgence,de révolte,d'indignation d' une actualité troublante.Sur le plateau immense du théâtre Sarah Bernardt s'egrene une danse virtuos,fragile,intimiste autant que rebelle et hacharnee.Une grande manifestation de son art de la composition des portés collectifs des corps magnifies par la grâce de sa gestuelle affinée,écrite avec  soin et respect pour ces interprètes galvanisés par un propos d'envergure et de gravité. Se mettre sous la peau de révolutionnaires d'un soir,d'une émeute est chose rare et précieuse,audacieuse et précaire. Solides comme des rocs autant que fragiles dans des solos et duo taillés sur-mesure à la demesure du sujet évoqué. .On songe au " soulevement"de Didi Hubermann et son exposition au mu6see du Jeu de Paumé en 2016..La danse se partage entre lyrisme,douceur,sensualité et audace vertigineuse comme à l'habitude de cette signature incontournable de la Danse d'aujourd'hui.Mais faut-il pour autant évoquer l'utopie du propos par une présence de ces policiers rutilante,et pailletée,par une scène un peu fleur bleue de femmes à demi nues se dessinant des fleurs dans le dos?...On gardera ces images de corps enchasses qui denouent une calligraphie élégante et pulsionnelle,comme autant de points de chainette de maillons ou semblables aux images mécaniques projetées simultanément.Danse voluptueuse d'engins industriels,d'engrenages diaboliques qui trans forment les corps en robots obéissants et soumis.Revolte ou volutes volubiles,tableaux un peu légers de policiers tabassant des manifestants contraints à l humiliation. 
Il nous faudrait relire "Danser en mai 68" de Sintes et revoir "Insurrection" d'Odile Duboc pour mesurer l'ampleur du sujet et lui conférer plus de crédibilité. Alors 'l impact de cette œuvre serait elle encore plus efficace et digne del'ovation et de l élévation physique du public , ce soir là veille d une grande mobisation  civile et politique sur le territoire français...

Au Théâtre Sarah Bernardt le 22 Octobre

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