"Tu danses"? "Si je danse....." réponds la mère à son fils...C'est un bon début à cette troublante histoire de langage....
Londres. Dans une maison de retraite, Junn, une mère
sino-cambodgienne pleure la disparition de son fils, Kai. Son deuil est
dérangé par l’arrivée soudaine de Richard. Elle ne sait pas ou ne veut
pas savoir qu’il a été le compagnon de Kai. Ils ne parlent pas la même
langue mais, aidés d’une interprète, vont essayer de communiquer dans le
souvenir de celui qu’ils ont aimé.Alors les gestes , les expressions, les attentes, le silence prennent le relais et apparait la délicatesse ou la noirceur des rapports humains.Une mère possessive, un fils homosexuel qui n'ose le dire et tout s'enchevêtre entre les protagonistes de ce jeu de dupes très bien mis en scène
A la fin, les couples dansent et s'échangent dans un doux traveling, qui borde leurs émotions et conclue le film sur une touche très tendre et quasi romantique!
Un film de Hong Khaou
Les mots et le visage
Kai
est mort. Pour Junn, sa mère, c’est d’autant plus une tragédie que cela
signifie qu’elle devra rester à l’hospice. Pour Richard, ça l’est
aussi, puisqu’il l’aimait et que son amant n’a jamais avoué son
homosexualité à sa mère. Le voilà réduit au rôle de meilleur ami face à
une mère qui le déteste. Lui va tenter de tisser des ponts, elle,
s’évertuer à les brûler – tout cela étant compliqué par le fait qu’ils
n’ont aucune langue en commun.
Hong Khaou installe donc, par le truchement de l’interprète Vann, une
dynamique humaine niant le dialogue direct. La nécessité perpétuelle
d’un auditoire rend la scène la plus anodine mille fois plus complexe –
ce que le réalisateur souligne plus encore lorsqu’il commence par réunir
Junn avec un homme de son âge, soupirant tendre et doux avec lequel
tout passe par les gestes, les attitudes. Hong Khaou se plaît à filmer
ces rencontres à trois (ou plus) comme des huis-clos auxquels on ne peut
échapper, où les tensions s’exacerbent vite – et, lorsque la parole
directe reprend ses droits, le doute demeure : tout ceci n’est-il pas un
spectacle donné au profit d’un auditoire, les rapports humains ayant
pris l’habitude d’être vu comme une mise en scène ? Et le spectateur de
se retrouver dans une position étrange : son regard ne corrompt-il pas
intrinsèquement la spontanéité des interactions à l’écran ?
Pour autant, les aveux finaux, arrachés par-delà les gênes et les
rancœurs, sonnent juste, comme sonne juste le chemin parcouru par les
protagonistes pour y parvenir.
Hong Khaou coupe ses personnages du monde, les place dans une bulle,
créant une sorte de dynamique théâtrale, à laquelle les gros plans et
les champs/contrechamps insufflent un regard scrutateur. En apparence
froid et retiré, ce regard parvient à saisir une humanité touchante aux
beaux accents de sincérité.
Il est des films qui exercent des séductions dangereuses, parce que
leur nature fallacieuse et ambiguë nous échappe de prime abord. Portrait
du photographe brésilien Sebastião Salgado par son fils, Juliano, et le
cinéaste Wim Wenders, Le Sel de la terre compte parmi ceux-là.
Sous couvert de narrer, avec force émotion, le parcours d’un
photographe (devenu au fil du temps chef d’une entreprise prospère), les
coréalisateurs oblitèrent la matière qui participe aussi à définir un
artiste et un homme : ses ambiguïtés. Or, ces zones d’ombres sont
gommées du tableau apologétique dressé par les deux réalisateurs.
LE TÉMOIN DES EXODES, FAMINES ET GUERRES
Tout a commencé avec le portrait d’une Afghane aveugle photographiée par Salgado, que Wim Wenders avait acheté. Bouleversé par ce cliché qui trône au-dessus de son bureau depuis des années, il a voulu rencontrer son auteur. De leur amitié est née l’envie de faire un film. Tout à la fois rétrospectif et prospectif, ce documentaire détaille l’évolution du travail du photographe. Autant de mues artistiques dont on découvre la genèse et les accomplissements.
Présenté comme « le photographe de la condition humaine », Salgado s’est fait le témoin des exodes, famines et guerres qui ont ravagé la planète...
LE TÉMOIN DES EXODES, FAMINES ET GUERRES
Tout a commencé avec le portrait d’une Afghane aveugle photographiée par Salgado, que Wim Wenders avait acheté. Bouleversé par ce cliché qui trône au-dessus de son bureau depuis des années, il a voulu rencontrer son auteur. De leur amitié est née l’envie de faire un film. Tout à la fois rétrospectif et prospectif, ce documentaire détaille l’évolution du travail du photographe. Autant de mues artistiques dont on découvre la genèse et les accomplissements.
Présenté comme « le photographe de la condition humaine », Salgado s’est fait le témoin des exodes, famines et guerres qui ont ravagé la planète...














