Les marathons de danse inspirent la chorégraphe d' origine grecque avec passion et raison.Ce n' est pas sa vision ni une adaptation du film de Syndey Pollac "On acheve bien les chevaux", mais un opus fondé sur l'énergie,son déploiement et la force de caractère de ces personnages engagés dans la lutte pour la survie sociale,économique.Les danseurs allongés sur une sorte de podium entament lentement une gestuelle sensible,chacun esquissant son impatience,sa peur,son attente quant à cet événement à surmonter jusqu au bout.Un train d'enfer musical et c'est parti comme une tornade,un rythme endiablé qui s'installe et provoque une tempêtede gestes tétaniques redoutables.Tout semble œuvrer en direction de la retenue puis peu à peu du basculement dans l'effort,la dépense et la perte. Singulières visions débridées de corps qui expriment désarroi,ou peut être aussi joie de participer à cette cérémonie collective qui va fédérer les participants.Solo et duo engagent la Danse,la transforme en en meute déferlante sur une musique cinglante.Quelques pas de deux explorent le calme retrouvé après la tempête et apaise l'atmosphère. Duo rock tango de deux danseurs alors qu'un autre se fraye au ralenti un passage compliqué sur le podium. Ambiance tendue,voire oppressante.Sur des bribes musicales du Sacre du Printemps ou micro en main comme un animateur sportif de compétition,les danseurs s'adonnent à un rituel de partage plutôt que de concurrence ou lutte individuelle.La solidarité et l'entraide forme un être ensemble remarquable et l'ambiance reste à l'empathie et à la fièvre collective. Les instants d'accalmie sont des havres de gestes ralentis,calmes,détectables.Savoureux et apaisants.Au final c'est à un feu d'artifice de bonds,de sauts d'obstacles que l'on assiste à vous couper le souffle.A perdre haleine une fulgurance émerge et surgit des corps lancés dans l'espace,projetés comme des dévoreurs affolés d'univers qui s'ouvrent à l'envi.De remarquables interprètes de la compagnie de Danse de Norvège,Carte Blanche s'adonnent au jeu de la Joie de danser qu'incarne en quintessence la pensée communicative de Katerina Andreou.
Au Théâtre de l'Agora de la Danse le 3 juillet dans le cadre du Festival Montpellier Danse
Au festival d'Avignon IN le 13 juillet



