samedi 28 mai 2011

Stephan Balkenhol à La Halle Verrière de Meisenthal en juin

Les sculptures de Balkenhol ne nous sont pas inconnues à Strasbourg: la girafe devant le siège de ARTE, les deux pans de bois du parc du château de Pourtalès.... Ces sculptures dévoilent la force de cet art, au sens étymologique premier, celui qui désigne le geste fondateur du volume (tailler dans la matière brute).
Sa statuaire et son soucis de la représentation du corps humain fait de son œuvre aussi un hommage à la danse: "le bal" en est une belle illustration. Ses petits personnages aux positions stoïques, aux expressions laconiques, emblématiques dansent cependant, figés dans la masse de bois taillée à vif, colorés vivement. Tirer une figure humaine de la masse de la matière, en l'occurrence le tronc de l'arbre, dans un geste grossier: un style bien à lui qui enchante car il parle aussi de l'éternité, de la nature, de l'homme!
Je vous livre une part de son oeuvre très "dansante": les couples de danseurs, "The Dancer", et autres figures taillées à vif dans son matériaux de prédilection: le tronc, le bois, l'arbre!!!!

L'exposition de Juin est un défi à l'espace de la halle verrière. A découvrir dès le 19 Juin.
The Dancer Prague 2005

Tanzende Paar

les pingouins






TRAJAL HARRELL à Nouvelles Strasbourg

"Twenty looks or Paris is burning at the Judson Church (s)"
Que voici une pièce singulière, retraçant à la fois les prémisses de la post modern dance sans les nommer ni les singer et le mouvement "Voguing" .Des vêtements empilés sur des chaises, un tapis-podium de défilé de mode: le décor est planté et en 20 petits épisodes, saynètes qui s'enchainent dans un tempo et timing très relevé, nous voici au cœur du destin d'un mannequin performer aux couleurs de Harlem dans les années 60.
L'interprète est idéal: de couleur noir, c'est un "black" qui descend au village des intellos du "Judson church Theater" et n'en fait qu'à sa tête. Il s'expose, se montre et se définit comme un être libre, habillé avec trois fois rien de mode sportive, cool, puis plus classe déviante (Armani, Channel ou Saint-Laurent) quelque peu désacralisé. La mouvance est sobre, chaloupée, émouvante. La complicité avec le spectateur se fait dans la proximité du dispositif de scène, et l'on se pique au jeu de l'empathie.
Il est beau cet artiste esseulé avec ses atours d'une nuit, d'un soir.....
Après le spectacle de Alain Buffard "Tout va bien" et son dispositif guerrier et belliqueux à souhait, la modestie de Trajal Harrell, ce chorégraphe new-yorkais si fascinant fait mouche!

vendredi 27 mai 2011

Moteur! Ca tourne! Daniel Linehan à Nouvelles Strasbourg

Ca tourne toujours "rond" au festival, après la très belle bobine à la James Dean de Miguel Gutierrez!
"Not about everything": une performance qui ne veut pas dire son nom car elle n'a rien d'archi-spectaculaire ni de "sensationnel". Elle est tout le contraire d'une démonstration de la maitrise ou de la compétence en matière de savoir faire performatif. Un vrai événement donc, de trente minutes à peine. Il est seul avec son corps et son texte appris par coeur, qui défile quand même sur une bande surtitrée en anglais. Du multimédia sans erreur.Daniel Linehan est frêle, volubile, fin, gracile: il commence à tourner sur lui-même et ne cessera pas durant sa prestation, à évoluer ainsi, dans son axe, son territoire tracé à terre par six ouvrages livresques (Derrida/Deleuze) ou autres publications faussement hasardeuses.Encerclé, livré à lui-même, il parle, scande, toujours en rotation, se ramasse parfois pour une accélération....Transe magnétique, hypnotique, sans perte d'équilibre ni de contrôle. Les mots "endurance"et autres termes performatifs lui semblent désuets, inadaptés et non de circonstance. Pourtant, on est suspendu à cette opération envoutante qui se déroule devant nos yeux et incapable de le quitter pour ne pas le perdre ni rompre le suspens, on tourne les pages de cette petite narration pleine d'humour avec délectation. Il se permet même de lire une lettre, de signer un chèque de don (son cachet pour sa prestation) à une association de bienfaisance. Détachement, humour, ironie....Daniel se situe ainsi hors des sentiers battus de la performance et s'offre aux regards avec ce don inné chez lui de la générosité et de la prise de risque, en direct, toujours!