mercredi 20 juillet 2011

« Grand-père n’aime pas le swing » de Julie Dossavi: il a tord!!!!!

« Grand-père n’aime pas le swing » de Julie Dossavi : mais nous, on aime !!!!
Elle est athlète de formation et sa belle corpulence en dit long sur ses possibilités d’énergie, de force, de présence ! Interprète auprès des chorégraphes d’Afrique comme Ketty Noel, Salia Ni Seydou, ou bien Kader Attou, Philippe Decouflé….elle déploie ses talents espiègle et malins au service d’une gestuelle robuste et franche.Elle jubile dans cette évocation de son enfance bercée par la musique afro-jazz ou par la voix de Myraim Makeba. Avec son musicien-danseur percussionniste, elle se lance, généreuse et solide dans un duo percutant et sincère, bien ficelé où l’attention ne faiblit jamais, portée par un rythme et un tempo bien mesuré. Ce duo autobiographique recèle de la poésie, quelques notes de nostalgie et une profonde sensibilité : elle nous y transmet l’expression de sa double culture, de son histoire, celle des femmes aussi , mère ou militantes engagées pour la cause de L’Afrique.Un swing qui aurait plu à son grand-père, contre vents et marée par la tendresse et la sincérité qui l’anime.
GENEVIEVE CHARRAS

HIP HIP HOP HOURRA! avec "Hip hop aura" de Farid Berki au "Avignon off"


« Hip hop aura » de Farid Berki : une conférence dansée au sommet !
Farid Berki de « Melting Spot », pionnier du métissage de la danse hip-hop avec d’autres styles, d’autres musiques ( on se souvient du « Pétrouchka » pour le ballet du Rhin) réitère ses exploits avec une truculente pièce, sorte de conférence improbable sur la danse et la sociologie des pratiques artistiques en milieu urbain !
C’est drôle et très bien illustré par trois danseurs-comédiens chacun virtuose en sa matière.
Le conférencier, blagueur et trop sérieux et docte à la fois, se fourvoie dans des propos de brèves de comptoirs au sujet d’une pratique qu’il semble loin d’habiter. Face à lui et à ses côtés deux Hurluberlus fantaisistes et plein de talents et de technique lui donnent la répartie sans faillir. Du bel ouvrage, comme un glossaire, un dictionnaire des genres et formes du hip-hop qui vaut bien un mausolée ou une cathédrale en hommage au risque de formol dont cette danse si riche est menacée !!!On salue les talents de Olivier Lefrançois, Johnny Martinage et Patrick Sourdeval pour cette périlleuse prestation !
GENEVIEVE CHARRAS

Daniel Dobbels oscille avec "A la gauche de l'espace" dans le "Avignon off"

« A la gauche de l’espace » de Daniel Dobbels
Danseur, penseur et philosophe, chorégraphe de la pensée, Daniel Dobbels nous livre un duo au-delà du temps, de la pesanteur, symbiose de lumière et de corps pensants : une mélodie au petit matin, au creux d’un jardin suspendu au cœur d’Avignon, à « La Parenthèse », un site privé, un passage intime au sein de la ville.
C’est à l’invitation de « La belle scène saint-denis » que se réunissent des artistes aux talents multiples dans un désir d’échanges, de partage.
Daniel Dobbels fait partie de ceux qui engagent les interprètes dans son processus de réflexion, de flexion des corps qui oscillent de la tête aux pieds pour servir au plus profond, au plus près les préoccupations de cet homme à la chevelure grise, au port de tête très stylé.
Sur la très belle partition de Pascal Dusapin (Etude N°1) pour piano,  Marine Chesnais et Carole Quettier évoluent avec lenteur et délectation, sobres et entières, vouées au rythme d’une « lente révolte », « volte lente » se dégageant d’un poids immense « et dérivant inexorablement vers la gauche, comme si cette danse devait rompre avec toute droite ».La gémellité des corps, leur fausse symétrie, leur long étirement dans l’espace commun qu’elles définissent sans cesse, procurent un plaisir intense, une délectation savoureuse, onctueuse.
Les deux femmes s’emmêlent, se défont, se fondent pour se liquéfier subtilement, de façon continue, sans heurt. C’est une écriture de la dépose, du couché qui touche et pénètre notre imaginaire de façon persuasive, intuitive, inventive. Des instants suspendus à la lisière de l’inconscient comme rivés à l’extrême écoute du monde sensible, à la perméabilité des sens et la porosité de la présence de la danse, dans la lumière, la brise, la magie d’un matin égaré.
GENEVIEVE CHARRAS