dimanche 22 novembre 2015

Le marché de Noel dansera !


Mathilde Monnier et les frères Larrieu (pas Daniel)!


Dans "21 nuits avec Pattie" c'est Mathilde Monnier qui incarne le rôle de la mère muette .........

" Pour en revenir à la mère, nous avons éliminé ses mystères biographiques. Quelques mots sont prononcés au début du film pour la définir : volage, libertine… Mais dès qu’elle se « réveille », on oublie cela. Pourquoi le choix de Mathilde Monnier dans ce rôle étonnant, totalement muet ? JM : Nous voulions une présence forte et corporelle, ce qui nous a mené à aller chercher du côté des danseuses-chorégraphes. Avec Mathilde, nous avons imaginé trois vrais moments. L’un où elle commence à se « réveiller ». Un autre où elle réapparaît à sa fille. Un autre enfin autour de la piscine. Nous avons travaillé sous forme d’atelier, au moment même du tournage. Mathilde inventait sous nos yeux sa propre chorégraphie. A : L’expression que nous utilisions pour la guider était celle d’« apprenti fantôme ». Cette mère décédée est un apprenti fantôme. Et une danseuse sait faire cela… Redécouvrir des actes aussi élémentaires que marcher, échanger un regard, sourire…

 JM : A l’image, nous tenions à l’idée de la représentation du fantôme à l’ancienne, du temps du cinéma muet, avec la classique surimpression. Pour la scène où elle danse sur la table, nous avions à notre disposition la musique du bal et seulement une heure de tournage possible à cause de la lumière. Mathilde a improvisé, cela fait partie de sa méthode. La chorégraphie ne préexiste pas à la danse… A ce moment-là, en découvrant sa liberté de fantôme, son personnage transmet quelque chose à sa fille, par de pures sensations… Le renouveau ? Il n’y a rien de psychologique. Et Caroline peut alors enfin se rendre au bal. Avec le fantôme, 21 NUITS AVEC PATTIE glisse légèrement vers le fantastique. JM : Nous avons souvent l’idée de mettre des rêves dans nos films. La plupart du temps, on se dit que ce serait mieux qu’il n’y ait pas de rêves, mais que le film lui-même bascule dans une frontière où le réel se mélange avec l’onirique. C’est toujours dans le but d’éviter les explications psychologiques.

"Quand le geste fait sens"de Lucia Angelino : d'actualité !


Ces dernières années, un vif débat s est développé autour de la valeur esthétique du geste, envisagé dans son double aspect performatif (exécutif et poïétique) et communicatif. C est dans ce contexte que s inscrit ce livre, qui pose une question, à la fois simple et redoutable : par quoi un geste fait-il sens pour celui qui l exécute (le performeur) comme pour celui qui l interprète (le spectateur) ? L intérêt des contributions rassemblées ici réside dans le fait qu elles abordent directement cette question à partir d une réflexion approfondie sur les arts performatifs, visuels, sonores et littéraires. L interrogation se déploie à travers ces différents champs. Mais qu il s agisse de la danse, de la musique, de la peinture, de la philosophie ou de la littérature, c est à chaque fois l énigme « d un sens qui affleure à même un mouvement ou d un mouvement qui est signifiant par sa dynamique propre » qui est repensée et posée comme un nouveau défi. Dans ses conclusions, le présent recueil conduit à formuler deux hypothèses, encore peu explorées jusqu’à présent. Selon la première, la signifiance immanente au geste par quoi il fait sens aussi bien pour celui qui l exécute que pour celui qui le regarde s ancre essentiellement dans le rythme, c est-à-dire plus précisément dans la durée intérieure qu il symbolise et qu il nous transmet. Selon la deuxième hypothèse, cette signifiance immanente au geste permet de thématiser trois formes principales d empathie : l empathie aperceptive générale, pour les formes linéaires et les formes sonores ; l' empathie dite intersubjective, pour l' apparence sensible des êtres humains, et notamment pour leurs expressions. Enfin, l empathie pour les œuvres d art, qui à son tour inclut l empathie esthétique et l empathie pratico-éthique.