mercredi 3 février 2016

"I Apologize": Gisèle Vienne, poupée de cire, poupée de sons, de sang ! Sexe cul sé là du peu !!

"I Apologize part d’une reconstitution, qui semble d’abord être celle d’un événement réel, mais se révèle finalement être celle d’un fantasme. Celui-ci s’articulant plus précisément au fur et à mesure que la pièce se déploie."
Sur la scène un homme apparaît, égaré, traqué, fébrile, inquiet: il arpente l'espace, divague et va révéler l'existence d'êtres immortels, bien rangés dans des boites empilées en fond de scène. C'est Jonathan Capdevielle! Cercueils, boite de Pandore, elles délivrent de pseudo cadavres ou des poupées grandeur nature. Vêtues comme des collégiennes, bon chic, bon genre elles seront les proies et victimes de cet assassin, meurtrier plutôt tendre de ses propres fantasmes.En vain, il tente d'effacer les traces d'hémoglobine répandue au sol, trahissant ses méfaits. Mais elles résistent!
 Un autre homme, tatoué,Jean Luc Verna, mastodonte, entre en scène et s'adonne au jeu de la mort: l'autre, fougueux l'embrasse, taché de sang et le macule.Puis la femme, la vraie, semblable à Gisèle Vienne, Katia Petrowick, apparaît dans ce monde de mannequins dociles et immobiles. Tentatrice, sensuelle, perverse, de noir vêtue comme ses complices et compères. Alors que le sol est jonché des cadavres des poupées, les trois seuls se relèvent: on aurait cru que les autres prendraient leur relais tant les attitudes, poses de ces dernières semblent véridiques, crédibles.
Gisèle Vienne une fois de plus donne le frisson dans une ambiance rock-baroque, gothique où les héros de pacotille se débatent dans des destins et situations plutôt perdues d'avance. Très sex cul sable notre metteur en scène est déjà pardonnée au confessional et en resortira blanchie, comme sa dernière créature, brandie par le jeune homme en dernier recours Absolution et paradis gagnés!




note d'intention
"Sous la direction d’un jeune homme, sont mis en scène un homme et une femme, icônes à la fois rock et baroques, ainsi qu’une vingtaine d’adolescentes d’une douzaine d’années, représentées par des poupées articulées. Elles installent progressivement une certaine confusion dans notre approche de la réalité qui reste, finalement, le domaine de l’inexactitude, de la subjectivité, dont les lacunes sont comblées par nos propres fantasmes."

"Pour cette pièce, Dennis Cooper a écrit poèmes et monologues, intimement liés à la création musicale de Peter Rehberg. Mais ce sont autant les corps et les poupées, donc d’une certaine manière la proposition plastique elle-même, qui composent la matière première du spectacle : une exploration de l’émotion qui naît de cet entremêlement intime de l’érotisme et de la mort, dans l’immobilité perturbante de la poupée."
Depuis 2014, la compagnie de Gisèle Vienne est implantée à Strasbourg et reçoit le soutien de la Ville de Strasbourg, de la Région Alsace et de la DRAC Alsace. Elle est également très présente dans l’espace rhénan. Après avoir accueilli Showroomdummies#3 la saison dernière, le Maillon propose cette année deux spectacles de l’artiste : I Apologize et The Ventriloquists Convention.

Au Maillon jusqu'au 5 Février

"Cabanes: Ma cabane + Cabane à Sauvage": l'architecture de l'urgence, utopie de l'homme sauvage!


Inspiré de Walden ou la vie dans les bois de Henry David Thoreau (1817-1862), Ma Cabane est un projet qui s’est construit tout au long d’ateliers menés avec des adolescents de Mulhouse et des environs, sous la direction du comédien et metteur en scène Gaël Chaillat et de Ramona Poenaru, artiste vidéaste.À mi-chemin entre théâtre et performance : un objet théâtral particulier
Une silhouette, recroquevillée, mimétise, tel un caméléon, couchée dans le décor entre réel et virtuel: réel par l'amoncellement de cartons, bien rangés en fond de scène et au sol, marqueterie savante d'une architecture éphémère. Et virtuelles fondations en décor, comme une découpe, un mur stratifié de lignes qui se croisent, se chevauchent, se recoupent
Le décor et l'action sont plantés:l'homme se redresse, évolue secrètement parmi ce fragile plancher, fiable malgré tout qui le porte et ne se dérobe pas sous son poids, sous ses pas menus et calculés. Il ote parfois ces blocs de cartons, y révèle de l'eau fictive qui sourd par le dessous et inonde ses pieds, joue comme avec des cubes et recompose une architecture de l'aléatoire, de l'urgence, du fragile
Alors qu'une bande son interroge des voix qui révèlent leurs vœux intimes sur des souhaits utopiques; des remarques pertinentes sur le mode de vie citadin, face à cette proposition plastique entre bucolique, sylvestre et urbain
La cité de maisons, de buildings se fait et se défait dans des lumières artificielles fort belles, des colonnes ou piliers comme des cariatides construisent un espace à vivre. Notre héros, habitant de la maison carton semble s'y plaire et s'y joue des matériaux, espaces

Petite pause entre " Ma cabane" et "Cabanes à sauvage", discusion avec les protagonistes: attention on casse le rythme du spectaculaire pour du "pédagogiquement correct"; ceci permet d'aprécier les gestes très éloquents de Ramona Ponéaru, danseuse, plasticienne, architecte en herbe ! Pendant ce temps notre homme sauvage, Robin des bois tisse des lianes de carton, bruyamment et les attachent ensemble pour former une sorte de géante cabane angulaire, suspendue comme une utopie architecturale à habiter .


Et tout s'illumine, abstraction des couleurs fondues sur ce socle aérien, cabane lacustre ou arborisée,aborigène en diable, suspendue à nos rêves
Magie des couleurs, des lumières au dessus de nos têtes, c'est beau, rassurant, calme et enchanteur
Le "bon sauvage" assume ses fantasmes et le voyage au pays des architectures utopiques fait mouche!
Ma "cabane au Canada" fera surement "un carton" et révélera nos âmes de bâtisseurs de rêves!


Note d'intention
"Une cabane mentale construite avec trois cent cinquante boîtes en carton qui s’érigent en un équilibre fragile. Les formes évoquent les créations humaines tout en offrant une surface de projection qui devient le support d’une narration vidéo, plus abstraite que figurative. Seule source d’éclairage, le vidéo-mapping laisse la lumière et la couleur composer avec l’architecture épurée des assemblages de cartons pour créer un monde virtuel, un espace de la pensée. Les mots d’adolescents et la pensée du philosophe, interprétée par le comédien et diffusée en voix off, se croisent, se répondent. Le spectateur traverse des tableaux sonores, par touches suggestives et glisse lentement vers une rêverie introspective.
Un second moment après le spectacle, Cabanes à sauvages, vient questionner la friction entre le sauvage et le civilisé sous la forme d'une installation créée à partir du sensoriel et du matériau vidéo. Prolongeant le temps de la réflexion, le TAPS convie ensuite le public à une rencontre avec un invité après chaque représentation."



Aux TAPS Laiterie jusqu'au 5 Février 20H 30

Exposition "une cabane en ville"au Syndicat potentiel jusqu'au 6 Février

mardi 2 février 2016

"La plainte de l'impératrice" à Colmar ce jeudi 4 Février au Colisée 20H

Muséo’Ciné
LA PLAINTE DE L’IMPERATRICE
Jeudi 4 février à 20h au Cinéma Colisée
en partenariat avec le Musée Unterlinden
présenté par Geneviève Charras, chargée de cours histoire de la danse à l’Université de Strasbourg


LA PLAINTE DE L’IMPERATRICE
De Pina Bausch
FR – 1989 – 1h44 – VOST
avec Mariko Aoyama, Anne-Marie Benati, Bénédicte Billiet...

Pina Bausch a porté la révolution dans le spectacle vivant, cassant tous les codes, inventant tout au fur et à mesure, pièce après pièce. Filmer, c'est l'occasion de sortir de scène, du théâtre, c’est avoir accès à l’espace extérieur, à la nature. Elle est à l’apogée de sa gloire en 1989 lorsque sort sur les écrans son seul et unique film, La Plainte de l’impératrice.
Construit comme une énigme d'une flamboyance baroque, saturée de couleurs, c'est un manifeste poétique à la gloire de la nature et de la déambulation. C’est aussi un film sur les saisons. Les feuilles en automne. La neige en hiver. L’herbe au printemps. Sur des arbres qui portent des numéros. Sur des eaux vives et des fruits étranges. Les images démontrent la richesse chorégraphique et dramatique de Pina Bausch, interprétée par des danseurs aux personnalités et origines différentes. On retrouve ses marques de fabrique : mouvements de bras ballants, de fluidité sur le haut du corps, choisissant souvent des danseurs élancés et mince comme Dominique Mercy, devenu le danseur principal de la troupe. On retrouve aussi le conflit entre l'homme et la femme, où comment le travestissement de l'un en l'autre arrive à communiquer la solitude de l'être. Les robes portées tantôt par la femme puis l'homme, interviennent dans la dramaturgie du mouvement. Enfin, son travail sur le corps du danseur lui-même, où comment inventer un geste à partir de son passé, de ses origines, de son physique.
Il y a, dans l’œuvre de Pina Bausch, un avant et un après de La Plainte de l’impératrice. Le film reste une énigme et fixe un point de rupture dans l’œuvre théâtrale, qui l’oblige à se transformer. Aujourd’hui Pina Bausch a disparu. La Plainte de l’impératrice, œuvre maudite et culte, au titre prémonitoire, ne se rend toujours pas. Comme un roc solitaire.

Muséo’Ciné, les 8 dates :

jeudi 4 février 20h : La Plainte de l’impéatrice, de Pina Bausch