lundi 22 février 2016

"Ave César" : comédie musicale?

 
On se souvient de "Fancy free" chorégraphié par Jérôme Robbins !!!! dans le dernier film des frères Cohen !!!!

Pneuma de Carolyn Carlson: l'éther qu'on voit danser !

"Grande rencontre entre Carolyn Carlson et la philosophie dynamique de Gaston Bachelard, Pneuma fait vibrer les vingt-deux danseurs du Ballet de l’Opéra National de Bordeaux, au sommet de leur maîtrise."

Que dire d'une oeuvre fort généreuse fondée sur les bases de la philosophie de Bachelard, sinon que cela pourrait être caricatural, illustratif et quasi comique...? Carolyn Carlson s'empare du sujet à bras le corps pour en faire un spectacle plutôt réjouissant que philosophique, plutôt bon enfant que réflexif. Beaucoup de gadgets et d'objets hétéroclites pour évoquer la planète sensible de Bachelard et ses quatre éléments!! Des costumes très mode, des danseurs formatés, dix danseuses cheveux au vent comme des sirènes en proie à des danses rituelles obsédantes, dix danseurs , mimes et muets en miroir, deux protagonistes, de noir et de blanc vêtus pour une grande mascarade burlesque....Tapis de sol blanc, ensembles à l'unisson, musique répétitive et hypnotique pour relever le tout. Le vent en poupe, Éole en tête de gondole, figure de proue dans une tempête dans un verre d'eau! De l'herbe, du vent dans les voiles, un tantinet écologique, de la verdure, tout s'accumule pour faire sourire et murmurer que Carlson fait des ronds dans l'eau que que sa poésie et sa maîtrise zen de la calligraphie et du haïku lui vont bien mieux actuellement que ce déversement de gestes déjà vus, copies conforme de son vocabulaire qui contrairement à la grammaire ne semble pas évoluer au fil du temps.
On se souvient avec nostalgie de "Signes", oeuvre magistrale service par l'ingéniosité des danseurs de l'Opéra de Paris, de Olivier Debré et René Aubry.....De l'eau et des cygnes sont passés depuis sous les ponts!

Au Théâtre National de Chaillot jusqu'au 20 Février

Un bel article en contrepoint sur "Pneuma" !!!

 "Quand il réfléchit sur la science, le philosophe Gaston Bachelard transporte sa pensée aux confins de la poésie. La matière traversée par l’esprit est gagnée de magnifiques puissances dynamiques. Là, rien de figé. Matière, dynamique, ouverture sur les forces de l’esprit : ces liens ne font-ils pas songer à ceux qui sous-tendent la danse ?

La chorégraphe Carolyn Carlson, touchée par L’Air et les Songes, maître-ouvrage de Bachelard, s’en inspire dans la pièce Pneumagrande fresque de la respiration générale universelle. Sa poésie visuelle fait lire sur les corps une philosophie de l’humain à jamais travaillée par le mythe d’Icare, en tension entre l’aspiration vers l’envol, l’élévation et la réalité de l’ancrage terrien.


Carolyn Carlson donne là une pièce de vaste amplitude, à l’invitation du Ballet de l’Opéra National de Bordeaux. Vingt-deux danseurs évoluent dans un espace épuré, que la musique de Gavin Bryars et Philip Jeck rend aussi dense qu’irréel. Inlassablement relancées, les métaphores de l’envol se délient en ralentis de lignes pures, traversées d’immenses ondes, portés jubilatoires et spirales étourdissantes.

Une profusion saisissante des motifs se traduit paradoxalement dans un éther spirituel, cultivant le rituel d’un inextinguible désir d’élévation. Le Théâtre National de Chaillot, devenu pour deux saisons la maison de Carolyn Carlson, fournit l’espace à la mesure de pareille respiration. / Gérard Mayen"

"Ad Noctum" de Christian Rizzo: la danse plasticienne absolue


Quand Christian Rizzo opère sur le plateau, c'est au spectacle plasticien, à la féerie contemporaine de la technologie que l'on assiste, bouche bée, scotché par l’ingéniosité, l'innovation et l’inouï que l'on assiste!
Du neuf, du vivant, de l'inédit autant dans la danse, duo gémelle d'un homme et d'une femme, une heur durant sur le plateau, marbré de zébrures noir et blanc, hypnotique.Ils sont sobres, fluidifiés par un lyrisme gestuel délicat, modeste et retenu, d'abord lointain l'un de l'autre, puis de plus en plus proches.Très proche, un dispositif géométrique anguleux, stricte construction se positionne, angle de mire pour ces deux corps si graciles face à cette structure fixe et rectiligne. Elle est de lumière, de mouvements animée et resurgit entre les fondus au noir de la scénographie qui ponctue le rythme général de la pièce Forme droite et rayonnante, mue par des ondes qui s'amplifient, grondent et éructent un feu d'artifice qui enfle et prend de l'espace. C'est magique, fascinant et très pertinent : ça fonctionne au quart de tour en osmose avec les parcours veloutée, en volutes des deux danseurs qui s'aiment et se repussent, s’enlacent dans de tendres effusions Costumes de ville, pratique et discrets pour ces évolutions qui laissent un souvenir de bonheur utopique et bienfaisant. 

Au Centre Pompidou jusqu'au 20 Février


"La création de Ad Noctum par le chorégraphe Christian Rizzo a été motivée par la réunion de deux de ses danseurs emblématiques : Julie Guibert et Kerem Gelebek. Appuyée sur certains motifs de la danse de couple et nourrie de ces deux personnalités singulières, cette pièce exprime une réflexion sur les ombres et la douceur de la nuit. Ad Noctum – « à la nuit » – conjugue lumière, son et images numériques. Il s’agit, selon l’artiste, d’un hommage à l’obscurité, qui évoque « les Nocturnes de Chopin et de Satie, traversées de déflagrations électroniques ». Chez Christian Rizzo, la diversité des sources ne surprend pas. Ce créateur polymorphe – qui va du rock au stylisme en passant par les arts plastiques et la danse – fait dialoguer les personnes et les outils pour proposer des expériences artistiques inédites. "