mercredi 28 août 2019

"A cors perdus, accords perdus!


"Suivez la musique" sérénade d'ouverture du festival de La Chaise Dieu à Chamalières sur Loire le vendredi 23 Aout 15H au jardin médiéval du prieuré de ST Gilles

Bien alignées, les chaises "tulipes" au milieu des plessis du jardin médiéval... En plein  caniar certes, mais une sérénade au "jardin", c'est au jardin!
 Les spectateurs munis de canotiers, d'ombrelles, à l'ombre au rendez-vous!
Quand à cor et à cris, l'ensemble Quatuor à cor de l'Opéra de Marseille, hulule qu'il faut se réfugier à l'ombre dans l'abbatiale, car les cors vont souffrir de la dilatation solaire sous l'effet de la chaleur des ardents rayons de notre astre estival: fondre de plaisir pour les cuivres et se répandre dans le public de plein air, leur sera donc interdit!
Hérésie sonore que de catapulter les sons languissants et résonnants des cors dans l'acoustique ultra réverbérante de la prieurale.
Sans transposition acoustique au préalable, de tempi, timbres et durées musicales...
Alors c'est le chahut, le charivari qui ne varie pas, l’assassinat du Freischutz de Weber qui s'alanguit alors qu'il est course folle et venteuse, l'embouchage d'un Schubert, l’embouteillage et le crime d'un Schumann, dont les sons se giflent et se renvoient la balle, des coups de massue dans le corps..
Et puis ces chuchotements confidentiels pour annoncer le titre et la légitimité du choix des oeuvres qui attestent d'une sorte d'ignorance, de vanité ou de mépris à l'adresse du public: l'engagement oral pour communiquer fait défaut aux musiciens!
Drôles de musiciens, fonctionnaires et peureux, ignorants et passant leur chemin, hors des bords de notre Loire!
Bon vent pou ce dé-saccord, curée, hallali d'une chasse à cors perdus..
A mauvais entendeurs, salut, ne pas jouer le jeu, prétextant aussi possibilité de malaise du à l'exposition des artistes au soleil, , c'est souffler du vent de la discorde!
Faire du son un cale-son méprisant les formes anatomiques et architectoniques de Saint Gilles, patron de l'abbatiale, qui a eu les boules une demie heure durant!
Faire du vent dans les échéas, tournant en bourrique, c'est courir à sa perte et aurifier les oreilles du public. Quand les notes se fracassent, capitaine, dans les voûtes célestes, elles sont fausses et c'est le zéro de conduite à l'examen de passage de sérénade.
 Suivez la musique....des anges, pas celle des cors aux pieds des musiciens, petits musi-chiens, qui se plantent des pieds à la tête!
Et nous décrivent...
Jouez le jeu!
Jouez, n'est pas souffler!
Souffler dedans, n'est pas jouer dehors!

dimanche 4 août 2019

"L'épopée pop": Dick Annegarn, ami du verbe et des fondamentaux de la musique à Andlau: "au voleur" !

Au voleur!

On le croit belge, il est né aux Pays-Bas… et il se définit comme « nolandais ». Auteur compositeur, interprète, repéré par la musicienne Mireille dans son Petit Conservatoire, ce musicien poète a bercé et secoué plusieurs générations de mélomanes : Monsieur Dick Annegarn ! Son grand succès « Bruxelles » en 1974, l’emmènera en voyage dans le monde entier et reviendra en 2015 panser les cœurs endoloris par les attentats de Bruxelles. Dick Annegarn cultive une passion des textes et des mots. 
C’est en association avec ses complices Les Amis du Verbe qu’il nous propose un spectacle à part : l’Epopée pop ! 
Pas un concert « normal », non, mais une conférence chantée où se mêlent les chansons de l’auteur – le troublant Bruxelles, Bébé Eléphant, Mireille, Ubu, Sacré Géranium, Gilgamesh, Dionyzos, Quelle Belle Vallée… et des chansons du répertoire populaire français et anglais V’là l’Bon Vent, Don Quichotte, House of the Rising Sun, Black Girl…
Dick Annegarn puise à la source folk qui a inspiré son écriture. Un voyage à travers des chansons, des légendes, des histoires de son imaginaire et celles transmises par une tradition de bardes du monde entier. 

Que fait la police?
Alors avec sa verve, son humour décalé et avec distanciation, le chanteur-conteur-narrateur va de l'avant et son spectacle est un régal où l'on apprend d'où l'on vient: pas de nulle part, ni de table rase: on cherche les fondamentaux de sa musique.Cambrioleurs de morceaux choisis, dompteur de musique, Annegarn recèle encore bien des talents de dérobeurs de secrets de fabrication: ceux des autres, revisités pour le bonheur et l'actualité de la musique!
Et le voilà "voleur", rapteur de notes, de rythmes et de timbres. Nous voici dès lors en complices,receleurs d'un patrimoine enrichi, pas "moulé à la louche", bien "chelou" et pétri d'intelligence: "inter-liguérer" les sources , pour en faire aux confluents des rivières et des océans , un abreuvoir de musique vivante, pas "rapportée" ni imitée!,

"A la claire fontaine...", chanson de référence, passée à la moulinette des continents, des rythmes et des accents: un petit chef-d'oeuvre exemplaire du genre de ce "conservatoire" de la chanson où ni formol, ni bocal n'enferment la fantaisie. Un projet "fêlé du bocal" où l'on vient déposer sa mémoire vive pour la faire fructifier, pas momifier!
Annegarn, une voix de bluesman aussi, à part, qui fait résonner de profondes vibrations dans le cœur de chacun, du sourire … une interactivité et un partage d’une intensité rare !

Au festival "Clair de nuit", Christel Kern peut bien s’enorgueillir de réaliser ses rêves et faire de ce temps de rencontre, un temps fort aussi du patrimoine, local de la chanson avec la récollection savante des airs populaires de la musique vernaculaire de tous les pays!
"Enfants de tous pays...."

A Andlau jusqu'au 4 Aout
Dans le cadre du "Festival de nuit" Energiepositive 20 ans déjà !
organisé par le Pays de Barr 

Festival de la Tour à Woerth: Saori Jo le retour de l'enfant prodige !


Vivre à tout prix!

C'est bien "chez elle" qu'elle a le trac, celui de chanter devant sa boulangère ou ses voisins!
Pas un public tendre ni acquis que celui qui l'a bercée en Alsace dans son enfance!
Ce soir au Festival de la Tour, dans la vaste cour du Chateau, elle et son quatuor vont se défoncer presque trois heures durant!
Belle performance, généreuse, tendre et pleine de fougue, de rage autant que de pudique retenue!
Une femme qui chante, une "nana" bien dans ses pompes qui avoue écrire des chansons pour récupérer un amour perdu, ou en faire son deuil, résolument face à la vie, dans le présent, dans le désir de profiter de ce qui nous est offert: la vie, l'amour et le chocolat!
Splendide voix à l'arrache, pleine de ferveur, sur le fil des Rita Mitsouko ou de Ella Fitzgerald, elle vocifère ou murmure ses passions aux côtés de Miquel Ruiz, guitare au poing, fidèle compagnon de route, de toutes les aventures internationales ou "locales" .Resplendissante, toute en noir, la voix sensuelle, le corps engagé dans la bataille, en alerte toujours, elle donne à voir et à entendre les sons de la profondeur d'une artiste en proie à la déchirure, au combat de l'art vivant qu'est la musique qu'ils profèrent ensemble, beau "quatuor", trèfle à quatre feuilles vivace. Maline, mutine, espiègle Saori Jo est de cette trempe de chanteuse rock tendre liée à son  "groupe"que l'on suit avec fidélité et empathie.
Ce soir on est "proxi", circuit court, tout près de ses racines, et c'est très émue et généreuse qu'elle offre corps et âme, coffre et poumon, souffle et sourire à son public chéri, sans concession, venu nombreux pour ce concert unique au berceau: Woerth et ses souvenirs, mais aussi son avenir fait de projets et enregistrements.
Bon voyage Saori Jo vers des contrées fertiles et réceptive à ce pop rock dément, hurleur ou plein de nuances, de surprises, de modulations dont on ne se lasse pas. Difficile de se quitter alors, le coeur plein de rythmes débridés: on a la permission de minuit pour rentrer du concert sans perdre son espadrille pour aller faire de beaux rêves au pays.
A Woerth ce samedi 3 Aout 21H


Lauréate du concours Le Mans Cité Chanson 2012 (4 prix), Saori Jo partage sur scène son énergie et ses émotions sans retenue.
    Avec déjà plus de 500 concerts à son actif, on a pu la voir en première partie de Beverly Jo Scott, Martin Barre, Tri Yann ou encore Revolver et en ouverture sur les tournées de Jethro Tull (Allemagne, Angleterre, Ecosse), avec Ian Anderson qui lui offre un featuring à la flûte traversière sur la ballade "Fairy World".