samedi 9 novembre 2019

"James Brandon Lewis, Aruan Ortiz, et Dunston, Ribot, Rodriguez, Taylor quartet ! Jazzdor en majesté !


Soirée d’ouverture du 34ème festival : James Brandon Lewis & Aruan Ortiz + Marc Ribot Quartet
JAMES BRANDON LEWIS – ARUAN ORTIZ
Cuba / États-Unis – James Brandon Lewis, saxophone ténor / Aruan Ortiz, piano & percussions
C’est un duo qui dit de la liberté, du lâcher prise. Si on entend de loin en loin chez eux l’héritage d’un Rollins – qui vient d’adouber le jeune prodige -, d’un Cage, d’un Paul Bley…
On songe davantage à un édifice en constant mouvement qui voit s’entrechoquer racines cubano-haïtiennes et architecture contemporaine. Ils chantent à tue-tête et nous racontent leurs vies.

Et c'est un régal de se laisser aller une heure durant par ce duo de choc, investi d' une énergie singulière dans une endurance remarquable:avec une lente et sensuelle introduction, mélodique et chaleureuse, avec de longues tenues sensibles et vertigineuses de saxophone, comme un funambule sur le fil ténu du souffle retenu, expiré...Puis dans des envolées, échappées belles, accélérés des deux musiciens, en écho, en osmose: les halètements du saxophone comme des vocalises , hoquètements en "cocotte", le piano, pincé, le corps de l'instrumentiste plongé dans ses entrailles , bricoleur savant de piano préparé. L'écho des résonances, entre frappements et expulsions du souffle du saxo pour mieux se fondre dans une musique ardue, tendue, inspirée. Hululeur de vent, James Brandon Lewis, debout devant nous, se tend, soutient de ses genoux flexibles, le rythme, la densité de la composition instantanée. L'évolution des styles de ce long morceau de bravoure qui n'en finit pas de rebondir par de "fausses sorties" remarquables feintes, esquives, entre silences à venir sous les doigts agiles de Aruan Ortiz et reprise du souffle au saxophone ténor.L'opus se métamorphose au fur et à mesure, se sophistique, prend de l'ampleur, de l'amplitude dans volume, timbre et sonorités. Des leitmotiv qui se répètent , envahissant le plateau, dans une ambiance cosy, orangée et bleutée: des accélérés dantesques pour "ornements" surprenants, virtuoses envolées . A l'apogée, au zénith de cette signature musicale, l'ivresse et la transe pour les interprètes, galvanisés par ses sons singuliers er recherchés, laboratoire expérimental d'un jazz teinté d'exotisme, de couleurs chatoyantes. Retour au calme, notes de piano égrenées de plus en plus lentement, perte et disparition sonore dans l'extrême délicatesse d'une grammaire savante. Les reprises toujours soutenues par le maintient constant du souffle du saxophoniste , poumons en soufflet, instrument à vent corporel de première facture ! Dans une cacophonie vertueuse, des volutes en spirales s'élèvent, ascendantes montées en force, suspensions tendues et autres manipulations divines, pour un morceau de choix qui n'attendait que des applaudissements conquis des spectateurs réunis pour ce premier "set" de Jazzdor !



MARC RIBOT QUARTET
États-Unis – Nick Dunston, contrebasse / Marc Ribot, guitare / Jay Rodriguez, saxophone ténor, flûte / Chad Taylor, batterie
Né du projet « Songs of Resistance » ce quartet est devenu le nouveau groupe régulier de Marc Ribot. L’exploration entamée avec le Spiritual Unity déjà aux côtés de Chad Taylor trouve ici sa continuité avec Jay Rodriguez et Nick Duston. Nouvelles compositions, nouvelle dynamique pour Marc Ribot qui n’est jamais là où on l’attend.

Après une pause apéritive de bienvenue, verre de l'amitié partagé c'est au tour du quartet de Marc Ribot, de causer de musique, de parler le langage chamarré d'une inspiration plurielle: à chaque fois introduit par un solo de guitare, cinq compositions et deux rappels pour nous convaincre que cette musique de chambre jazzée est remarquable, insolite, indisciplinaire et culottée! De l'audace donc aux résonances brésiliennes chaloupées, ou tangotée, à très grande vitesse, en train d'enfer:  un  tango flamboyant, polyphonie multiculturelle et chatoyante, quasi cha cha cha, fait danser les oreilles et résonner les fragrances d'étrangeté! A toute vitesse, lancée sur les rails, brûlant les étapes et fonçant dans ce vide foisonnant, la musique se déroule, forte et puissante, les musiciens jouant chacun comme il se doit, un solo pour magnifier inspiration, technique et bravoure!

A la cité de la musique et de la danse vendredi 8 Novembre

jeudi 7 novembre 2019

"Ivresses sonores" avec la Symphonie N° 2 de Rachmaninov" et la "concertante" de Prokofiev

Distribution
Stanislav KOCHANOVSKY direction, Jean-Guihen QUEYRAS violoncelle
Lorsque Prokofiev, au soir de sa vie, rencontre le tout jeune violoncelliste qu’est Mstislav Rostropovitch, sa créativité connaît un nouvel élan. Pour lui, il compose une Symphonie concertante (à l’écriture de laquelle le virtuose participe), page nimbée d’énergie, de lyrisme et d’ironie parfois grinçante. Nous sommes en 1952 et cette inventive partition se voit qualifiée de « dégénérescence sénile » par Tikhon Khrennikov, alors à la tête de l’Union des compositeurs soviétiques, garante de l’orthodoxie du réalisme socialiste. Tout aussi enivrante est la luxuriante et épique Symphonie n°2 de Rachmaninov, emplie de bruit et de fureur.

Prokofiev : Symphonie concertante pour violoncelle
Cette musique très inspirée révèle des états de sonorités et de musicalité propres à Prokofiev: on y retrouve cette sensibilité à magnifier les instruments, en bribe de solo dans la masse sonore de l'orchestre, pris comme un écrin pour mieux faire rebondir la spécificité de chacun.Lyrisme du style tardif de Prokofiev, dynamisme et énergie de ses premières oeuvres s'y retrouvent et l'on savoure le doigté du violoncelliste virtuose, ovationné par le public auquel il offre en prime une "sarabande " de Bach, "première suite" avec générosité après l'execution de ce challenge musical Auprès et autour de lui, l'OPS est une bordure de rigueur et de sensibilité, accueillant chaque intervention en son sein pour magnifier une interprétation hors pair qui laisse rêveur ! On s'y tisse des histoires, des personnages apparaissent pour enluminer mélodies et contrastes d'une musique chatoyante et quasi constructiviste à l'image des courants picturaux de l'époque. Masses de couleurs, taches et impacts d'intensité, délicatesse des tenues plus ténues....

Rachmaninov : Symphonie n°2 en mi mineur.op 27
Deuxième morceau de bravoure de cette soirée, le tsunami légendaire de Rachmaninov qui inonde l'espace de ses volumes sonores et déconcerte, envahissant de ses échappées tumultueuses, les grandes contrées paysagères de ses suggestions sonores, développées à leur zénith ou firmament
Les flux et reflux des mouvements submergent les espaces on y perd pied pour se retrouver autre part sur la berge, subjugué ou asphyxiés selon l'empathie que l'on se découvre face à cette oeuvre grandiose et magistrale!
Ecriture chorale, fluide dans sa structure rythmique, la symphonie avance et se déploie une heure durant sans que fatigue et ennui d'écoute ne s'installent; L'OPS galvanisé par tant de richesse, d'ampleur et d'amplitude se rit des difficultés et l'on embarque pour un voyage au long cour avec docilité et intérêt De musique, enivrez vous pour ce "récital" qui fera date dans le cour des prestations de l'OPS...

.Au PMC les 6 et 7 Novembre

mercredi 6 novembre 2019

"Le ballet du Bauhaus" en pop up !


Les danseurs du Bauhaus vous invitent à leur performance en pop-up !Plongez dans cette célébration de la couleur, des formes géométriques et du mouvement, qui fait revivre pour vous l’esprit moderniste de la célèbre école d’architecture et de design, le Bauhaus, créée en 1919.Un beau pop-up à admirer, à partager, à offrir...
« Les danseuses entrent en scène, parées de fabuleux costumes, créant un univers magique de formes et de volumes. Les hommes-rayures marchent d’un même pas, nous projetant dans le futur avec maestria. Dans un jeu de lumières apparaît, tel un mobile, une marionnette mécanique sans aucun fil... »
Un ouvrage tout animé, enrichi de magnifiques illustrations et d’un texte rythmé, qui rend hommage aux artistes du Ballet triadique d’Oskar Schlemmer mis en scène en 1922.
Avec une dernière page au contenu documentaire et des photos.