samedi 24 janvier 2026

"Bloody Mairie": il est leurre...Ca va secouer, shaker en remue-méninges hydro-alcooliques...

 


Décidément, la Revue Scoute 2025, A star is burnes, aura été un indéniable succès. Plus de 37 000 spectateurs ont encore franchi le pas pour être confrontés à… l’innommable ! Découvrez le nouveau spectacle « Bloody Mairie ».Pour de vrai, le Bloody Mary est un cocktail réalisé avec 4 centilitres de vodka, 12 centilitres de jus de tomate, bio, si possible, un ½ centilitre de jus de citron. On rajoute un ½ centilitre de sauce Worcestershire, 2 gouttes de tabasco, sel de céleri et poivre.Le nom du cocktail vient de Marie Tudor, qui régna en Angleterre et qu’on appelait Marie la Sanguinaire.La Revue Scoute a reniflé le sang !Ce sublime jeu de mots est aussi là pour border l’analyse fine que nous fîmes de la situation politique actuelle à l’aune des élections municipales à venir, à savoir : ça va chier grave !

A Strasbourg, par exemple, les couteaux sont sortis depuis longtemps de leurs étuis et ça taillade de tous les côtés.L’Établissement Français du Sang est sur les dents.Ce titre a été choisi par la troupe à l’unanimité moins deux voix, deux acteurs dont je préfère taire le nom ici, et qui n’aiment pas la tomate !Cela dit, on peut les comprendre, la tomate est quand même un fruit qui se fait couramment passer pour un légume ! Un fruit politique donc, car le principe même du politique n’est-il pas de faire croire à ce qu’on n’est pas pour faire oublier ce qu’on est ?Pour ceux qui n’avaient pas encore saisi le subtil trait d’esprit inclus dans ce titre, vous voici désormais éclairés. Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !

Allez, c'est Rameau qui entame le bal des buveurs sans soif, des picoleurs de bonne humeur des assoiffés d'humour et de distanciation...électorale! Municipales obligent, la revue scoute est incorrigible, inimitable et les faussaires seront dénoncés: c'est une marque protégée, imitée, jamais égalée: c'est La Ruse sans Suze que si l'on s'en sert (sancerre). Tambour battant les polis petits chiens y passent un sale quart d'heure et ça décoiffe comme jamais: les temps sont rudes, les batailles pas gagnées et ce petit peuple de comédiens, magiciens, musiciens s'ingénient à donner du panache, du pétillant à ce cocktail détonnant: remuer, secouer au shaker, le quotidien, la politique, l'actualité sont de bon ton Plus de 19 tableaux se succèdent sans faille, la troupe galvanisée par les musiciens, inoxydables et plein de verve. On retiendra ce qui nous à ému, frappé, intrigué, choqué et c'est pour le meilleur de la caricature engagée, finement passée au crible d'une écriture et d'un scénario original, collectif, participatif sous la houlette du maestro Chambet Ithier, soutien indéfectible de la revue. Alors la recette est bonne et le ton monte au fur et à mesure.L'homme de Matignon c'est bien Macron, homme de cro-macron, historiques figures de l'homme sauvage, à poils comme Le corps nu du premier ministre le corniaud et cocu de la bande. Voir et boire à sa santé, Sarkosy en clip vidéo lâchant ses bracelets, comme des colliers de la reine qu'il aurait aussi subtilisés du coup, c'est une minute de bonheur absolu. Résumé caustique et sanglant de l'actualité des faussaires et détracteurs de la démocratie. Dans cette agora, forum du déballage on rencontre bien sur Catherine Trautmann, libérée de ses oripeaux pour endosser du Shein à la mode des pauvres recyclés, personnage vintage, platine et tenue de circonstance: le tram comme outil et objet de musculation, body building nécessaire pour affronter l'ennemi! Quant à Jeanne Barseghian, c'est tout écolo sans culturisme, végétalisant sur son passage les plates bandes de Vetter qui va au boulot à vélo gilet pare-balles et autres accessoires inutiles. C'est du gâteau que portraiturer une cour aussi burlesque et drôlatique. Les comédiens s'ingénient à se métamorphoser sans cesse: un tableau sur "les riches" qui fuit le régime est croquant; on y voit les plus grosses richesses prendre la fuite et le bateau: Pinault, Bettencourt, Hermes et autres malfrats se partageant le magot avides de pouvoir et de bêtise.On y côtoie l'homme et la femme "augmenté", la séance de facture de liste électorale, morceau de bavure de bravoure de la revue: tout y passe et la mixité, la parité questionnent autant que le genre! Et le collier de l'arène n'est pas oublié, bavure et oeuvre d'art comptant pour rien.Chapeau d'évoquer ainsi les soucis quotidiens de nos élus de nos coeurs...La malbouffe au super marché, Rac Ecler font mouche et touchent dans le vif du sujet les affres du quotidien.Et la génération "boomers" d'être convoquée pour son inactivité débordante. C'est désopilant et criant de vérité, alors on rit à gorge déployée, même quand il s'agit du pétinisme passé au crible de l'idiotie. C'est irrévérencieux, décapant, déjanté et salutaire.On ne va tout vous dévoiler de la composition musicale de Michel Ott, des costumes de l'atelier de la colombe, de la chorégraphie signée Bruno Uytter bien tracée, précise en osmose avec une mise en scène servie par d'ingénieux décors et des images enregistrées, calées en fond de scène. C'est du cabaret servi par des artistes riches de talents multiples: Patricia Weller électron libre et tonique de la revue, attachante, agaçante juste ce qu'il faut pour incarner Danielle Dambach, mimant le contenu de ses mandats avec malice et bonhommie  Et plus encore pour Jean Philippe Meyer, homme à facettes retournant ses vestes, Alexandre Sigrist au mieux de ses belles formes généreuses et convaincantes, Raphael Scheer, Jules Pan, Fayssal Benbahmed, et les filles Nathalie Mercier, Marie Chauvière,Sophie Nehama, Murielle Rivemale qui chacune ose et se donne corps et âme à cette diatribe burlesque, fines gueules de la comédie et du show business hilarant. Alors ça brasse, ça mousse comme un bon a-maire bière local, ça triture, chatouille, taquine là où ça fait ou du bien ou du mal. A vous de choisir votre camp de scout et d'être toujours aux aguets d'une blague, d'une farce délicieuse à déguster sans modération!Déjeuner en paix dans ce poulailler volatile en panique, est un rêve éveillé, déhanché de toute fantaisie maitrisée. Ils ont voté pour la démocratie participative, alors aux urnes citoyens !

jusqu'au 8 Mars briqueterie schiltigheim  coproduction ville de schiltigheim depuis 39 ans!

mercredi 21 janvier 2026

Louise Vanneste Rising Horses "3 jours, 3 nuits" : géopolitique du corps dansant

 


Belgique Solo2024 

3 jours, 3 nuits déploie une activité chorégraphique qui tient à la fois du géologique et de l’humain. Seule en scène, Louise Vanneste entre en résonance avec les métamorphoses des roches, l’érosion, le feu, les montagnes en formation. Sa gestuelle traduit frottements, chocs, intensités, comme une matière traversée de forces physiques et telluriques. Elle interroge un temps étiré, presque inhumain, celui des roches en lente transformation, qu’elle fait dialoguer avec la fragilité, la chaleur et la résistance du corps. En partant d’un long travail d’observation passant notamment par le dessin, elle sculpte le mouvement, la voix, investit des textes littéraires, écrit le son, pour composer une forme sensible qui relie l’infiniment lent au présent vibrant. Cette traversée solo, à la fois sensorielle et incarnée, devient expérience partagée, un rituel à vivre ensemble, où l’épaisseur du monde se déploie à travers les strates du corps.

C'est de la tectonique des plaques, des roches métamorphiques que s'inspire par tous les pores de la peau, la danseuse face à nous, de gris anthracite, couleur chair vêtue comme la roche volcanique dont elle s'inspire.Roche qui hante ce solo très perméable, très pore comme de la lave, qui crisse comme le schiste qui sous la pression, le temps et la chaleur se transforme, mute comme son corps qui se dissout dans le mouvement. Sa chevelure longue, noire masque les traits de son visage et le corps exprime tout dans le moindre détail, la moindre faille de l'ardoise, de ces lauzes qui évoquent tout un paysage minéral. Sans interruption les mouvements s'enchainent comme une hypnose, une transe magnétique et elle ne cesse de se mouvoir, les bras volubiles, les mains doigtées à l'extrême dans des frissons magiques. Sa danse a quelque chose de caché, de dissimulé, de secret. Elle contient des matières en éruption, en coulée en cristallisation lente comme ces roches évoquées dans un très beau texte qui borde la musique et la pièce quasi tout du long. Une pulsation cardiaque mène la danse, sempiternelle, envoutante. Ce solo, "tout nu tout cru" est d'une grande force: il sera bordé d'une scénographie lumière outre-noir scintillant comme les toile de Soulage et leurs matériaux si palpables. Cette chorégraphie si "géologique" est le fruit d'observation, d'immersion très personnelle dans la nature pour cette femme qui évoque aussi la maternité dans ce berceau chaotique en fusion. La vie agitée des eaux dormantes, le paysage comme un corps .en transformation constante. Et le son d'évoquer la phonolite, cette roche qui émet du son dans le vent entre ses strates empilées. Feuilletage et bruissement du corps dans l'éther et sur terre dans une grâce naturelle qui augure d'un oiseau volatile éphémère de toute beauté. A suivre en compagnie de cette chorégraphe riche de passion comme les chercheurs scientifiques qui se donnent à fond et trouvent à force de creuser leur sujet: une archéologue du minéral , une danse futile et féconde, versatile et très construite au gré des avancées savantes de l'esprit qui la conduit.

A Pole Sud les 20 et 21 Janvier dans le cadre de l'année commence avec elles

Sandrine Lescourant Cie Kilaï "RAW": brutes de coffrage et efficace party de plaisir dansé partagé!

 


 France4 interprètes2020

Elles sont quatre femmes sur scène, quatre danseuses hip-hop réunies par la chorégraphe Sandrine Lescourant. Elles prennent la parole frontalement, sans détour ni honte, pour dire ce qui les anime : leur choix d’intégrer un monde réputé masculin et brutal — celui du hip-hop — mais où elles ont trouvé une communauté, une liberté, une manière d’exister pleinement. Elles racontent leur parcours, leurs doutes, leurs colères, leurs joies, cherchent les mots pour dire ce que le corps exprime quand il danse. Tour à tour interprètes, poétesses, chanteuses ou comédiennes, elles livrent des solos intimes et puissants, puis se rejoignent dans des danses de groupe qui résonnent comme des battles — là où elles ont grandi, appris, lutté. Le sol tremble, les gestes bruts frappent avant d’être stylisés, portés par la musique. Mais il y a aussi l’écoute, la douceur, les transmissions. RAW est un acte d’émancipation : une célébration de la puissance des femmes, de leurs récits et de leurs corps en mouvement.