samedi 21 février 2026

Maria Munoz "Bach" • Re-création: les cinq doigts du pianiste

 


Entre María Muñoz et Bach, un grand classique qui se transforme en histoire de famille !

Une étonnante osmose lie depuis vingt ans María Muñoz au Clavier bien tempéré de Johann Sebastian Bach. La chorégraphe fait plus qu’interpréter la musique, elle EST musique, sublimant préludes et fugues, dans la vivacité et la profondeur de son geste calligraphique. Sa danse ciselée révèle au fil du temps l’évolution de son corps et la sensibilité de sa trajectoire artistique. Au moment où l’âge allait la contraindre d’abandonner ce solo devenu un compagnon de vie, le Théâtre de la Ville lui propose d’imaginer un BACH en famille, en compagnie de Pep Ramis, son conjoint, lui-même artiste et chorégraphe, et leurs trois enfants Martí, Paula et Sam, tous devenus artistes professionnels. Pour couronner un parcours impressionnant, une oeuvre qui se confond avec la vie. Thomas Hahn

Carré blanc sur fond noir.Le plateau nu offre sobriété et concentration.Les pièces d' un jeu vont sillonner cet espace plastique qui s'anime du son des touches du piano vécu par Glenn Gould.C'est la folle épopée de "Un clavier bien tempéré" pièce qui touche comme des notes sur la partition virtuose.Si chacun de ces cinq interprètes joue sa propre partition chorégraphique comme une composition pour soliste,le quintette fonctionne en choeur et symbiose rapidement.Un solo de Maria Munoz en prélude captive et intrigue,plonge dans son univers étrange de corps à la fois dans un flux tonique et une déstructuration des mouvements en segments fugaces.Fascination de ces instants magiques où la danse est présente comme jamais.Il en va de même pour chacun des quatre autres membres de cette main magnétique qui frapperait ou caresserait les touches d' un piano.Sam ce gentleman en frac noir qui oscille et bouge comme Chaplin,le geste vague ou précis, la fausse nonchalance,le regard perdu dans le vague.Un interprète inégalable par son jeu infime,discret,noble et sophistiqué. Pep,le papa de cette Sagrada Familia,extrêmement mobile agile dans des espaces corporels inouïs qu'il se taille sur mesure.Diabolique personnage.Nul n'a son pareil et il se glisse,s'immisce dans ce portrait de famille comme mentor et Monsieur Loyal,officiant au même titre que Maria.Sans parler de Paula stylée, présente et bien ancrée dans ses évolutions spatiales étirées,volatiles, éphémères. Marti,lui,excelle dans la fluidité, le maniérisme baroque suggéré, l'affectation d'une rare facilité de gestes.Un dévoreur d'espace,longue silhouette tourbillonnante à la Richard Longo...

richard longo

Dé superbes films video bordent l'espace réalisés par Nuria Font,complice de la danse et de l'image depuis si longtemps.Revoir sa vidéo danse"Chambre 305"....Des pattes de chevaux au galop,au ralenti,en noir et blanc scintillant.Une fresque ombrée des gestes de Maria comme une illustration crayonnée, vibrante, mouvante aux contours illuminés. Le noir et blanc omniprésent dans cet opus entre costume,images,lumières.Un jeu de traque dans un rayon blanc poursuit l'un d'entre eux,piège de lumière à la Janine Charrat .Insecte épinglé aux cimaises de la portée musicale.Points et contrepoints comme Klee ou Kandinsky,les peintres de la musique et de la composition radicale ou fantaisiste.
 

Danser la musique de façon si aboutie est rare et sidérante.Cette famille en osmose,complice sur la scène,auteurs et acteurs d'une partition d'un spectacle unique,empathique et fascinant.Des instants de grâce, perles rares,baroques, distingués et recherchés au  plus profond de l'univers sacré de Bach.En fugues,préludes et autres glissades et audaces propres à la danse non interchangeable de Maria Munoz..Un chef d'œuvre à inscrire au patrimoine de Terpsichore...


Au Théâtre des Abbesses jusqu'au 24 Février

vendredi 20 février 2026

"Introducing" Living Smile Vidya: femme chrysalide, femme papillon


Living Smile Vidya se livre dans un seule-en-scène intime et politique sur la transidentité.

Living Smile Vidya est une héroïne. Celle d’une vie qu’elle a réinventée.

Née garçon dans le sud de l’Inde, au sein de la caste marginalisée des dalits, la voici, quelques décennies plus tard, trans activiste sur les scènes européennes, au fil d’un parcours semé d’épreuves et de courage. Véritable personnage, figure de fiction bien vivante, dotée d’une présence à la fois généreuse, drôle et audacieuse, elle raconte son histoire intime et politique en s’adressant sans cesse au public. Elle chante, danse, interpelle, joue avec son corps, les costumes, l’image et l’espace dans une sorte de comédie musicale très libre. Par ce geste, elle donne aussi voix à celles et ceux qui, comme elle, franchissent les frontières pour chercher refuge ailleurs et mener une vie digne. Living Smile, au sens fort du terme, est le nom qu’elle porte en étendard.


 Elle nous accueille au seuil de la petite salle intime du Carreau du Temple, en sari indien,comme une belle image d’Épinal touristique. Comme les indiens qui regardent et observent les étrangers,ce seront les questions typiques qui nous serons posées : d'où viens Tu? Etc...Sauf qu'il sera interdit d'y répondre.   Avec malice,humour et pudeur Living Smile Vidya nous invite à suivre son parcours de vie de femme trans,au pays indien comme ailleurs.C'est à une lutte,un combat incessant qu'elle nous convie comme témoin et spectateur.Son corps brandi comme un étendard,un bouclier pour faire face à une réalité cruelle et sans concession. Avec audace et une grande humanité, elle communique et fait passer une superbe humanité. Ses danses,bribes d'interventions chorégraphiées,son corps se prêtent à des confessions sidérantes sur la place des trans en Inde entre autre territoire malveillant,chasseur et destructeur de différences. Belle et tendre,elle nous dévoile ses sensations comme des trésors revendiqués et en amoureuse de cette transposition, se livre à nous et délivre son destin. Avec joie,en artiste accomplie mais avec encore tant d'obstacles à franchir:ses talents sont à revendre et elle affiche un détachement remarquable face à la difficulté d'être ce que l' on souhaiterait être ...Un acte politique et poétique de toute franchise,de toute beauté. Femme chrysalide, femme papillon, telle Loie Fuller revisitée, toute dorée, elle transcende les idées reçues et nous offre un portrait authentique d'une artiste en voie d'accomplissement toujours à remettre sur le métier à métisser.

Au Carreau du Temple dans le cadre du Festival Everybody 2026 le 19 Février 

"Sottobosco" Chiara Bersani / Festival Everybody 2026: partager,communier la Danse

 


Festival Everybody 2026

"Synchronicité" et "a Folia": Maud Le Pladec et Marco da Silva Ferreira chorégraphes du combat Festival Everybody 2026

 


Synchronicité
de Maud Le Pladec (2024)

La fresque chorégraphique de Maud Le Pladec, créée pour la cérémonie d'ouverture des JO de Paris 2024 sous la direction artistique de Thomas Jolly, se déploie dans la Halle du Carreau du Temple avec 24 danseur·ses du CCN - Ballet de Lorraine. Synchronicité expose les savoir-faire et l’excellence de l’artisanat français chorégraphié par Maud Le Pladec. La reprise de cette création historique sera l'occasion de revivre ce moment exceptionnel suivie de la pièce explosive de Marco da Silva Ferreira a Folia.

Du tonus,de l'énergie,les danseurs du Ballet de Lorraine n'en manquent pas.Calquée sur la performance des JO ce joyaux très court éclate de fougue,de vélocité, de verve et de fureur.Une horde débridée s'engouffre sur le plateau de la Halle du Carreau du Temple,meute musclée et pleine de fougue.Énergie d'une survie liée à l'urgence de danser,de se mouvoir à l unisson sans fausse note de rythmes ni de cadence.Un côté guerrier et martial,proche de la domestication de corps canoniques s'en détache furieusement.Le Corps de ballet au service d'un opus tectonique,politique, collectif et sans autre issue que de se fédérer et de se tenir les coudes pour avancer en rangs serrés .Corps de métier,de savoir faire et être ensemble pour faire de la danse un art de combat,de lutte et un lieu de partage démocratique.Une agora bien tempérée aux accents belliqueux bien revendiqués. Maud Le Pladec dans son registre favori en pleine explosion et exploration des liens entre danse et soulèvement. 


a Folia
de Marco da Silva Ferreira (2024)

Avec a Folia, Marco da Silva Ferreira explore la notion d’extase, la joie et la transe qui se dégagent d’un moment de danse partagée par un groupe. La folia, au Portugal, est une danse folklorique du XVe siècle. Les traces historiques qui la mentionnent parlent toutes d’une ambiance festive où chacun s’exprime, dégagé des conventions sociales liées au genre ou à la classe. C’est cette idée qui intéresse le chorégraphe portugais, qui cherche à la traduire en mettant en miroir la folia portugaise avec les danses de clubbing de notre époque.

La pièce qui suit dans cette soirée atypique est de la même veine.Ce serait une manière de continuer le combat mais dans la lutte fraternelle d 'une chorégraphie inspirée par la fête, le rituel,la cérémonie collective d'un carnaval déjanté .Et l'énergie de toute la compagnie,ici costumée pour l'occasion en une suite,un défilé de parures et accoutrements très originaux.Sans entrave,costumes à danser pour incarner joie,folie,débordements Très structurée la chorégraphie aligne des carrés et figures géométriques empruntées aux danses de groupe.Chacun sa place à échanger selon la distribution savante dans l 'espace. Et l'énergie de déborder sur une musique façonnée d'inspiration baroque revisitée,déstructurée. On songe à Clément Cogitore et sa magnifique interprétation de Rameau,des Indes galantes ...Les danseurs chacun exécutant un solo sur mesure à la démesure des costumes: sur pointes déstructurées, ou en combinaison jaune fluorescente ou autre fantaisie vestimentaire de haute volée. Volutes,architecture mouvante en broderie de points de chenilles,lacets et chaînette de bras enveloppante.Une œuvre de Da Silva Perreira,unique mais si fidèle à son imagination brute et vivace sans concession, abrupte de coffrage pour impacter notre vision d'un monde humain chatoyant, vivant,tectonique à souhait. 


Au Carreau du Temple les  18 et 19 Février2118 dans le cadre du festival Everybody 2026

"La Love Room" d' Arthur Perole / Festival Everybody 2026: ça va roucouler..

 


Dans un confessionnal intime, Arthur Perole et Alexandre Da Silva interrogent l’amour politique : résistance romantique, poésie et sensations partagées avec le public. Un tête-à-tête avec Arthur Perole et Alexandre Da Silva.C’est dans un espace intime, presque comme un confessionnal, que les artistes Arthur Perole et Alexandre Da Silva vous accueillent pour une discussion en tête-à-tête autour de l’amour.Comment l’amour peut-il être politique ? Existe-t-il une résistance romantique possible ? Dans quel état se trouve l’amour aujourd’hui dans notre société ?Autant de questions que le chorégraphe souhaite partager, non pour y répondre seul, mais pour recueillir les avis, les sensations et les interrogations de chacun·e, au fil d’un entretien mêlant intimité, poésie et rencontre.Ce projet s’inscrit dans les recherches autour la nouvelle création Les un·e·s contre les autres qui sera créée en 2027.

Les 19/ 20/21 Février au Carre au du Temple dans le cadre du festival Everybody 2026

Une expérience immersive au cœur d un tipi,cela ressemble bien à Athur Perole et les gens de sa compagnie. Niché au cœur du Carreau du Temple,berceau parisien de la manifestation "Every Body"ce petit coin de paradis vaut la chandelle.Ce sera le confessionnal, matière d une future pièce sur le thème de l'amour.. Avec malice et décontraction,ceux qui le veulent bien,volontaire et consentant,se prêtent au jeu des aveux,confidences et autres récits sur leurs expériences,conception et divagations sur le  "love me please love me".. Dialogue habile entre vous et le partenaire un peu glamour et rose bonbon,face à vous au micro d une radio improbable.Dans de jolis fauteuils cosy,on se lâche et conte une infime partie de sa vie..Ce sera top secret ,ne sortira pas de cet endroit privilégié de confidence mais sera matière pour Arthur Perole à façonner son prochain univers intimiste chorégraphique.Affaire à suivre en Mai à Pôle Sud dans le cadre des chantiers en cours de courte résidence de création.. Et on est invité à résumer tout ceci à l'aide de papier,crayon ou stylos, œuvre affichée sur un panneau collectif. J'adore...dirait Katerine..

samedi 14 février 2026

"Que de poissons!": un récital qui fait mouche! Ca mord et ça fait une touche!

"La sardin" desnos/wiener

 Des poissons et des hommes, des sirènes bercées par Honegger, des grenouilles qui coassent au fond du jardin avec Satie...Et la maman des poissons n'a pas froid aux ouïes selon Boby Lapointe!

Des vrais poissons , carpe de Poulenc, brochet, sardines variés de Jean Wiener et Robert Desnos.Des crustacés sur la plage abandonnée , homard, crabes et autre écrevisses. Pour une bonne bouillabaisse de Fernandel pêchée par deux martins pêcheurs, l'un de Ravel, l'autre de Wiener. Après tout ceci, c'est un petit oiseau, un petit poisson de Juliette Gréco qui aura la bonne pêche ainsi qu'un pélican, une baleine et un dauphin pour prendre le relais dans la passe à poissons..Un bestiaire aquatique fabuleux vous attend.A vos cannes à pêche et hameçon pour que ça morde énormément. Venez comme "le poisson sans soucis" de Kosma en toute modestie sans faire la queue de poisson d'Avril..Comme des poissons dans l'eau..

A vos écoutilles : on chantera sans filet ni appât, sans arrête pour cette pêche miraculeuse.

christiane Jaeg

Chant Geneviève Charras  Piano Christian Vidal

Salle St Laurent Munsterhof 9 rue des Juifs Strasbourg 

Dimanche 19 Avril 11H Entrée libre chapeau réservation: 06 51 77 85 95

vendredi 13 février 2026

"Le Sommet" de Christoph Marthaler: passe- plat ou passe-muraille désopilant. Ascenceur pour Cervin ou Jungfrau...


 Là-haut sur la montagne est juché le chalet de Christoph Marthaler, nouvel avatar de ses microcosmes incongrus et poétiques, lieu d’une rencontre au sommet où l’on parle allemand, français, anglais, italien. D’où sortent ses locataires ? Que font-ils là ? Pour quoi faire ? Et d’ailleurs où aller, une fois arrivés au sommet ?


C’est tout le paradoxe du théâtre du metteur en scène suisse, qui laisse une large place au mutisme : la langue en est souvent le point de départ. Le mot, dans sa polysémie, devient la métaphore de son univers – celui des situations de l’entre-deux, de l’indéfinissable, de la suspension si productive du sens. Une chose au moins est sûre : nous ne sommes pas à Davos. À moins que... les protagonistes ne semblent pas vraiment savoir ce qu’ils et elles font là, dans cet étrange refuge, et goûtent le temps présent. Par le truchement du costume, les voici alpinistes-chanteurs et chanteuses à l’attirail légèrement suranné, élégant·es convives d’une soirée mondaine, touristes profitant des délices du sauna. Si le sommet ne débouche finalement sur rien, six personnages en quête de hauteur, c’est déjà ça.

 
 
Sur les cimes, au faîte d'une cabane helvétique
Le décor est planté: l'intérieur d'un chalet en bois, grandeur nature, comme une introspection d'espace et de volume, une antre sympathique où unité de temps, de lieu et d'action vont faire mouche et troubler les règles de la dramaturgie classique. Au centre, une montagne de schistes, lauzes polyphoniques et phonolite de roches métamorphiques.Théâtre de Molière ou théâtre d'une forme surréaliste débridée où l'on ne cherche pas à trouver du sens mais à être bouleversé par le rythme, la mise en espace et en bouche d'une narration quasi muette, aphone et pleine d'images, iconographie scénique fort intrigante. Et voilà, c'est parti pour une intrigue lointaine où un monte-charge permet aux protagonistes de faire une entrée royale, remarquée, accompagnée par un valet, homme à tout faire qui orchestre ces allées et venues burlesques. On s'y présente, le corps morcelé, sans visage ou sans pied, le temps de faire son apparition scénique dans ce passe-plat chargé d'hommes et de femmes aux costumes étranges. L'une d'entre eux, un énorme sac à dos comme une sculpture de Daniel Firman.
 
daniel firman

Ou une photographie de Denis Darzacq où les corps sont plastiques et esthétiques, brûlent et abolissent la notion de pesanteur-apesanteur...
 
denis darzacq

Chacun dissemblable, trois hommes, trois femmes, la parité est respectée pour ces élections de choix où les candidats semblent attendre ou patienter dans l'antichambre ou la salle d'attente d'un cabinet de curiosités. Absurdes situations burlesques et clownesques, pinces sans rire comme des crustacés  confinés dans cet espace où l'on s'incruste à l'envi. Que font-ils sinon passer le temps à lire dans des classeurs d'antan, des bribes de partitions rythmiques savamment orchestrées en échos et ricochets. De jouer la vedette de music-hall, micro au point dans un show solitaire très drôle. Et surtout d'expérimenter tout un fatras de sons, percussions corporelles dignes d'un Willems -tient un musicologue pédagogue  suisse-.....Car devenir musicien implique un processus d’apprentissage assez long, comparable à celui d’une langue maternelle. Pour que la perception des vibrations sonores (la matière première de l’art musical) puisse aboutir chez les élèves à la conscience organisée d’un langage musical, il est nécessaire de connaître ce que Willems appelait le "fonctionnement", comment s’articulent les facultés sollicitées pour l’apprentissage musical : l'audition ( l’oreille musicale) le sens du rythme le chant ( la justesse de la voix) le mouvement corporel (vivre la musique dans son corps). Alors tout dériverait de cette pratique corporelle, initiatrice de bien des tableaux, saynètes et autre sketches de ce Théâtre Musical qui rejoindrait Aperghis.. Les séquences toujours explorant les espaces de ce chalet, squelette à étagères, tables et chaises comme autant d'accessoires discrets portant la scénographie et le jeu malin de ces six personnages en quête de bonheur, de convivialité dans ce petit espace de confinement où se dénouent des intrigues à la Ionesco ou Beckett. Christoph Marthaler en musicien indisciplinaire sans portée ni fausses notes nous charme et nous conduit dans le labyrinthe d'histoires sans queue ni tête comme un oulipo, ouvroir de musique potentielle littéraire revisitée sous contrainte par le son, le rythme, la cadence. Sans timbre, tessiture ni dissonances ou fréquences barbares. Inspirées de musiques populaires suisses et autrichiennes et d'emprunts à Adriano Celentano, les Beatles, Mozart, Schubert à qui on tord le cou. Les textes, en aussi psalmodiés, lus ou récités, vécus comme leurs auteurs -Cadiot, Pasolini et Marthaler- entre autres. Du bel ouvrage dans des costumes chatoyants qui désignent leurs mannequins  dans leurs personnages respectifs. Le sourire, le rire en cape se dessinent sur les visages des spectateurs devant tant de faits et gestes incongrus et drôlatiques, de sons et exercices de style bien ancrés dans l'écriture choré-graphique du metteur en scène frondeur et provocateur d'humour jamais noir mais plutôt dérisoire et captivant: à vos passe-murailles pour ce décapant opus réglé comme une montre suisse et taillée au cordeau pour l'audace dissimulée de ces faits et gestes invraisemblables.Au final, la montagne se couvre de couvertures de survie à la Beuys, feutre bienveillant . Ça donne envie de yodler! En juste au corps folklorique designé! Marthaler au sommet de son oeuvre!
 
 
 
Au Maillon avec Musica les 12 et 13 Février