samedi 18 juillet 2026

Vanasay Khamphommala: "Songs of Grief (Love Me Tender"): la mort serait si douce...

 


Une petite assemblée consentante se réunit autour de Vanasay au coeur d'un espace du bar du festival d'Avignon, le Mahabharata comme pour un rendez-vous intime, familier.Pourtant on ne se connait pas et l'invitation au partage d'un court instant de représentation sera celui d'un rituel, petite cérémonie apaisante, docile, tendre et de proximité. Elle nous invite à prendre place autour d'elle, de nous déchausser histoire d'être à l'aise mais aussi de respecter un rituel domestique cher et précieux au pays de son père, le Laos. Cette culture devenue sienne par apprentissage volontaire de sa part, par amour de cette filiation paternelle qui lui tient plus qu'à coeur. 


Et pour nous transmettre cette tendresse et douceur, elle choisit de nous impliquer dans son projet de chanter à son père, le jour de sa mort le "Love Me Tender". Elle susurre, respire et nous suggère d'en faire de même: une expérience irrésistible tant sa conviction est légitime et sobre, jamais forcée ni imposée.Un être humain tout simplement livrée à la fatalité du monde et de l'existence, la mort physique et charnelle. En short, simple et moitié pudiquement dévêtue, elle vit et respire ses propos, son chant très réservé, doux et modestement joué sans falbalas ni excès. Au contraire cette sobriété authentique est source de bain de jouvence pour la vingtaine de spectateurs qui l'entourent docilement. Sa présence est quasi maternelle, enveloppante, les yeux et lez regard tendre comme une adresse d'humanité, de sobriété, de sobre ébrité naturelle et sans fard. Joueuse, charmeuse juste ce qu'il faut pour ravir et entrainer ceux qui l'entourent dans une balade, chanson de gestes de baladin capteur de bonnes ondes. Une rencontre au sommet de l'intelligence, inter-ligere, du lien éphémère qui peut s'établir entre des personnes de tout bord désireuses de surprises, d'audace, de respect. Une performance qui sera doublée au festival par une autre relation spectaculaire "Je te chante une chanson toute nue en échange d'un verre" où tous les possibles sont de circonstance pour oser une relation plus proche, plus humaine avec une Artiste de belle envergure, tout genre confondu et de toute beauté sereine et bienveillante;

Au Mahabharata jusqu'au 24 Juillet au festival d'Avignon IN

vendredi 17 juillet 2026

"Vivarium": lumières aqueuses


 Imaginez une créature forcément aquatique vivant dans un espace cerné de néons phosphorescents. Ce n'est pas un aquarium mais la scène d'un théâtre empli de lumières et d'une flore maritime imaginaire.A l'intérieur une créature entre sirène et poisson se meut et ondule à foison.Un rêve est en train de naître pour celui qui regarde plongé dans une atmosphère aqueuse de toute douceur.Une femme s'y love secrète,image intime de plus en plus familière.Une vouivre? Créature fantastique mythologique moitié femme et moitié serpent la plupart du temps....


Les effets de lumières ambiantes opèrent pour une plongée en immersion sensorielle totale et ce bain de jouvence entre accalmie et flux tempétueux s'impose à nos sens en éveil. Les lumières se réverbèrent en éclaboussures et scintillements magiques, le corps comme écran et véhicule de particules, étincelles,futiles,fugaces.La Vouivre dessine une calligraphie chorégraphique de toute beauté comme un enchantement ou l'on se fond sans résister.Comme une expérience partagée du geste insomniaque,nyctalope,indéfinissable.Pour échapper à la réalité, à la gravité ou la pesanteur. En apnée,en apesanteur,en lévitation.Bérangère Fournier interprète et chorégraphe fait ce ce vivarium un biotope rarissime en compagnie de  Samuel Faccioli et de Adrien Mondot et Julien Lepreux pour l'immersion musicale.



"Vivarium" comme une cage vitrée où l'on garde de petits animaux vivants (insectes, amphibiens, reptiles) en reconstituant le milieu et l'habitat naturels particuliers à chacune des espèces...

 A la Scierie Avignon le off jusqu"au 19 juillet

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"Trois poids,trois mesures":Fabrice Ramalingom champion du poids léger

 


Leçon de physique ou de danse selon Laban? Loi de la gravité tout simplement incarnée par pieds et mains de maître à danser. Le poids est chose grave et conséquente dans la chorégraphie de Fabrice Ramalingom qui s’attèle ici à un sujet de choix.Trois interprètes haut en couleurs,tenue de travail style salopette pour nous faire voir et sentir le poids de nos existences.Déjà dans maintes expressions familières du langage courant: le poids plume, la femme légère et bien d'autres encore qui donnent lieu à des envolées,des échapées belles ou des chutes sensibles et impressionnantes.On tombe de haut en observant ce trio de charme qui joue et gagne en simplicité et authenticité. Rôles bien campés tout en verve et agilité. Loin d'être une simple démonstration pédagogique,ce "3 poids 3 mesures" instruit autant sur les lois physiques que sur l'ingéniosité de la composition chorégraphique,l'écriture,la signature d'un style.Des bonds,des déliés,des tours et toute une grammaire pour retomber sur ses pattes ou simplement déchirer l'air et l'espace que le danseur est sensé transporter en commun.Une bâche vient s'il le fallait prouver que les corps s'y deploient à l'envi dans une scénographie mouvante et lumineuse enrobante,enveloppante pour mieux les contenir ou les lancer hors de la gravité. Et voler bien sur à l'aide de harnais et de la force des coudes des compères devient possible.Oiseau propulsé dans les airs le temps de s'apercevoir que le sol résiste.

Du bel ouvrage séduisant,enjoué,accessible qui laisse une impression de futilité délicieuse,d'aisance,et de jouissances de l'instant dansé. Le poids du monde est franchissable et ce joyeux trio gagnant est bonne pioche au tiercé des tombées chorégraphiques.Et si Terpsichore était une femme légère ? 

A la Scierie festival Avignon le off jusqu'au 22 juillet