mercredi 8 février 2017

"L'esprit Boris Vian": es -tu là? Christophe Feltz a du Vian dans les voiles!

Pour mémoire:
"En 2001, Théâtre Lumière fête ses 10 ans et, qui plus est, en très bonne compagnie. Nous débuterons ce millénaire avec Boris Vian, dit Vernon Sullivan ou Bison Ravi. En effet, nous avons voulu passer ce cap dans un esprit festif, ludique, pétillant, musical, enjoué, sincère et profond, en nous immergeant au coeur de l’oeuvre de Monsieur Boris Vian, artiste, poète, musicien et auteur génial et inclassable.
Plus qu’un simple écrivain, il est l’incarnation de la liberté, de la fantaisie et de l’intelligence, une sorte de rebelle de l’âme. Par sa sensibilité, son originalité, et son exploration au plus profond des êtres, il s’inscrit au plus juste du projet artistique de la Compagnie, engagé il y a maintenant 10 ans.
L’Amour Amore met en scène les personnages-clefs de son roman culte « L’Ecume des jours ».
Les deux thématiques majeures développées dans le montage des textes qui est proposé sont l’Amour (Vian dans son rapport aux femmes) et la Mort (Vian se savait condamné, d’où son urgence à vivre et à aimer). Ce spectacle nous fait voyager à l’intérieur d’une mosaïque de sentiments où les différents personnages, à travers les textes et les chansons de Vian, ne cesseront de partager, de vibrer et de s’aimer. Bref, de vivre intensément, de survivre en quelque sorte à leur propre existence, en nous parlant du plus secret et du plus intime : l’Amour, la Mort."

Plus qu'un artiste, Boris Vian est un véritable symbole de liberté, de fantaisie et d'intelligence, une sorte de rebelle face à un démon nazi qui commençait sa conquête de l'Europe. D'une gentillesse extrême, et tout en combattant l'ordre établi (l'armée, la religion, la politique), il ne parlait que d'Amour. Souvent avec dérision et surréalisme, il a essayé de vivre ses 39 printemps avec finesse, sensibilité et imaginaire.

Au cours de ce spectacle, Christophe Feltz accompagné de Grégory Ott et de son piano, mettent en avant le rapport au Monde, aux Êtres et à la Vie de ce poète et écrivain du XXème siècle.

Ensemble, ils parcourent les textes cultes de Boris Vian tels que Le déserteurLa java des bombes atomiques, J’suis snobJe voudrais pas crever, La complainte du progrèsJe boisOn n’est pas là pour se faire engueulerChronique du menteur.




Alors ça swingue, zazou, da dou da dou da, ce soir au Café Brant en compagnie de deux "dandys", bon chic bon genre, pas sages du tout ! On y écume les jours et les nuits coquines, musicales et poétiques en hommage à Boris Vian !
Plus de cent spectateurs ce soir dans une chaleureuse ambiance brasserie!
Tout démarre après le service: ce montage de poésie, textes de chansons de Boris Vian, une heure durant va nous tenir en haleine, en suspension, en apnée tant le charme opère d'emblée.
Aux côtés de Christophe Feltz, Grégory Ott, fidèle compagnon de route, pianiste, compositeur.Fin du ballet des serveurs, début de la valse des mots, des rimes, des vers....Serions-nous au café de Flore?
"Je voudrais pas crever" entame ce voyage au long court dans l'oeuvre et les univers de Vian. Toute une panoplie de genres, de textes plus truculents ou croustillants les uns que les autres. Et ce qu'il y a de curieux et de remarquable, c'est que, raconté, lu, dit sans la musique qui s'y réfère, tout étonne, surprend: ce n'est plus "La complainte des temps modernes" ou "Le déserteur" que l'on reconnait, c'est la tension des textes, le sens, la magie surréaliste des contenus. Épatant, médusant leurre! Mais où sont les chansons de Vian? Dans le texte, dans la voix, sur les lèvres du récitant, du conteur que devient alors le comédien qui raconte, qui vibre, s'enflamme "dans la rue", qui "veut une vie" qui "n'aime pas les femmes"!
Déclamations, ponctuées ou surlignées par les interventions musicales très pertinentes de Grégory Ott qui se fond dans ce jeu malin, coquin, parmi cette écriture élégante, très "snob", sous le signe de l'inventaire, du récit. C'est "la java des bombes atomiques" qui surprend le plus tant le rythme l'emportait sur le texte dans la version chantée, alors qu'ici dans notre cas de figure, c'est le personnage qui l'emporte! Du burlesque, du bizarre, de l'incongru, de l'absurde dans ce beau paysage pas sage de Vian, brossé à coup de gueule, de touches pianistiques par nos deux compères si proches, si en osmose."Tango des bouchers de la Villette", "Cinématographe", "Jonny fais moi mal", "Je bois": on prend le temps de vivre, de "défiler", d'être "Igor", le slave et l'on s'en régale: quelle galerie de portraits revisités par Christophe Feltz qui manie ici fantaisie, gravité, sérieux en savant cocktail à consommer sans modération.
La présence au sein de la Brasserie de ces deux artistes, routiers aguéris de la scène et de l'animation fut un régal, un moment de partage de redécouverte de l'oeuvre très poétique, très mordante et sans concession d'un auteur de charme qui sans cesse surprend et séduit, enchante et déconcerte aussi. Ça danse chez Vian, de valse en tango et le comédien de rythmer son spectacle de façon cavalière et enjouée, vive et engagée: pour le bonheur de ceux qui en empathie sont venus ce soir là, du Vian dans les voiles!

Prochaine "cible" de Christophe Feltz: Jean Yanne: ça va saigner !!
le 29 MARS 20H au café Brant !

"Le pari" : François Verret joue et gagne ! Et se fait le mur, la belle !

A propos de:

"Centrée sur la fragilité de l’homme contemporain, la démarche de François Verret, poursuit son cours. Le Pari, seconde création réalisée dans le cadre du Chantier 2014-2018, convoque une polyphonie de voix au plateau. Poétique des gestes, mots, rythmes et lumières libèrent maux et rêves de la condition humaine dans une aventureuse chevauchée. 
Après Rhapsodie démente, spectacle créé en 2015, François Verret réinvestit la scène avec le creuset d’artistes –  acteurs-danseurs, musiciens et autres collaborateurs familiers de sa démarche. Et le metteur en scène de décrire les intentions de ce Pari : « Murs, frontières, contrôle, surveillance sont là partout, en nombre incalculable. Il est difficile et dangereux d’aller et venir, d’un endroit à un autre, de quitter la zone réservée où règne une norme sèche, froide, calculatrice… Cependant, certains croient au réveil de « l’homme déprogrammé », à l’exception contre la règle, et font le pari du possible contre le probable, convaincus de trouver une issue. 
C’est sur la toile de fond de ces convictions, que nous faisons notre pari, le pari d’inventer quelques voies de passage pour, ensemble,  « sortir de la nuit » où nous nous trouvons et voir ainsi se dessiner un ciel, un horizon où nous pourrions renouer avec certains rêves de jeunesse, que nous n’avons nullement sacrifiés et qui se rappellent obstinément à nous, avec calme, attendant simplement l’occasion de « prendre corps »."


Plateau singulièrement "préparé" comme une partition, un Piano où tout va se jouer, en ordre, compté, structuré, établi.Des personnages émergent de cet attirail de machines, structures angulaires encombrantes. Une table, longue, revêtue d'une nappe blanche: elle aussi, singulier personnage très présent: animée par une femme qui écrit, compte des maux et mots qui, en flou, se répandent sur un écran suspendu au dessus d'elle: chiffres, mots épars, calligrammes étranges, étrangers: tout l'univers de François Verret semble s'être ramassé, condensé dans cette nouvelle pièce à la ligne éditoriale, note d'intention ambitieuse.On y prend la parole pour se raconter, pour questionner jamais de façon didactique, mais toujours franche et frontale. Une vielle femme, une chaise pour évoquer ce temps qui passe, lentement, dans l'univers domestique. Une autre à contrario, femme d'affaire qui s'interroge sur le pouvoir, la manipulation à l'intérieur de l'entreprise: tailleur seyant, façon "bobo" histoire de feindre la préoccupation dont on se moque aisément: chacun pour soi dans ce monde fragmenté, dissocié, meurtri par l'indifférence généralisée; et puis, le son, le bruit, rouages en direct ou vrombissements et chaos pré enregistrés, atmosphère grave sur le monde du travail: labeur, martyr...Le dispositif que François Verret en personne semble dompter, dresser pour s'en faire un atout, un complice. Machines de guerre, grues portuaire, paysage de chantier articulé et démembré?Pour mieux capturer le sort, apprivoiser le monde? Les autres autour, dansent: les femmes se donnent, l'une dans un solo fulgurant, tranchant face et avec la table, l'autre sur une estrade: vêtue comme une paysanne mais à la robe dorée, elle se tourmente violemment et fascine dans une gestuelle énigmatique Elle reprendra plus tard une danse virtuose, seule, égarée, émiettée, désemparée, tente d'affronter le mur, la frontière qui se dresse devant elle: en vain...Sur les écrans, des visages souffrent, s'animent en gros plans, les "frontières" intérieures s'affirment, se confirment, on ressasse, on rabâche: "avance" dirait Jérôme Andrews! Dans cet univers noir et blanc, sombre, des étincelles d'orpailleur chez les femmes en couverture de survie bruissante...Et toujours ce monde du travail qui hante, martèle, scande la vie de ces étranges pions en marche! Jeu d'échec où chacun avance, rusé ou victime..."Main- tenant" à nous de donner la dimension à rebonds de cette pièce qui "réfléchit" sans fléchir aux maux de notre monde égoïste. Deux personnages grotesques vont clore ce panorama, ce point de vue, danse désarticulée, menacée, elle aussi d'être caricature ou fresque débridée, sans queue ni tête.
Monstres que l'on regarde, puis désigne comme bon à jeter, mépriser, ignorer. Pessimiste cette oeuvre sage et grave? Sans doute, avec cette maturité, digne du temps de gestation que lui donne la longue "résidence" de François Verret à Pôle Sud (quatre années de compagnonnage); c'est rare et singulier, digne d'être saluer: respect de la profession, des artistes, de leurs pensées et avancées personnelles.
C'est sans doute là le vrai "pari" collégial et collectif de cette expérience, livrée aux regards pour le "juste bien" de ceux qui auront bien voulu faire le pas: un pas de travers, sur les sentiers ardus de la non convention.
On en sort grandi: décidément, la "danse" est un terrain de jeu, de combat: cartes sur table, ça Verret le fait avec majesté et humilité ! En silence, en fracas dans le bruit d'une bande son, rarement aussi fouillée, présente, actrice du jeu: comme au cinéma ! Un "chantier" ouvert où tous participent au processus de création: corps de métier de l'image, du son et de l'interprétation extra-ordinaire entre autre des deux actrices-danseuses Charline Grand et Natacha Kouznetsova !
Un spectacle "courageux" et honnête, sans concession, à l'heure des "Bla bla ou plat plat Land" et autres pays de cocagne infantilisants où la danse libère et protège soi disant de la grisaille de la vie ou de la politique!
Un acte pensé, dansé, en mouvement !

Coproduction POLE-SUD Présenté avec Les Migrateurs
les 7 et 8 février à Pôle Sud

mardi 7 février 2017

"Sahara": pas "bêtes" les danseurs ! Danse serpentine !




Un film d'animation de Pierre Coré, pas "bête" avec des personnages hors du commun et peu "sympathiques" d'emblée: serpents, et autres animal venimeux... Et ça danse la danse du ventre et du serpent, dont une certaine Marie Claude, doublée par la voix de Pietragalla !Hilarant !
Lassés d’être les souffre-douleur de leur communauté, Ajar le serpent et son pote Pitt le scorpion décident de tenter leur chance dans l'oasis voisine où vit la haute bourgeoisie du désert saharien et d'y retrouver Eva, une belle serpente dont Ajar est tombé fou amoureux. 

C’est le début de folles aventures qui les amèneront à traverser le désert à la poursuite de l’amour et plus encore à la découverte d’eux-mêmes…