vendredi 20 février 2026

"La Love Room" d' Arthur Perole / Festival Everybody 2026: ça va roucouler..

 


Dans un confessionnal intime, Arthur Perole et Alexandre Da Silva interrogent l’amour politique : résistance romantique, poésie et sensations partagées avec le public. Un tête-à-tête avec Arthur Perole et Alexandre Da Silva.C’est dans un espace intime, presque comme un confessionnal, que les artistes Arthur Perole et Alexandre Da Silva vous accueillent pour une discussion en tête-à-tête autour de l’amour.Comment l’amour peut-il être politique ? Existe-t-il une résistance romantique possible ? Dans quel état se trouve l’amour aujourd’hui dans notre société ?Autant de questions que le chorégraphe souhaite partager, non pour y répondre seul, mais pour recueillir les avis, les sensations et les interrogations de chacun·e, au fil d’un entretien mêlant intimité, poésie et rencontre.Ce projet s’inscrit dans les recherches autour la nouvelle création Les un·e·s contre les autres qui sera créée en 2027.

Les 19/ 20/21 Février au Carre au du Temple dans le cadre du festival Everybody 2026

Une expérience immersive au cœur d un tipi,cela ressemble bien à Athur Perole et les gens de sa compagnie. Niché au cœur du Carreau du Temple,berceau parisien de la manifestation "Every Body"ce petit coin de paradis vaut la chandelle.Ce sera le confessionnal, matière d une future pièce sur le thème de l'amour.. Avec malice et décontraction,ceux qui le veulent bien,volontaire et consentant,se prêtent au jeu des aveux,confidences et autres récits sur leurs expériences,conception et divagations sur le  "love me please love me".. Dialogue habile entre vous et le partenaire un peu glamour et rose bonbon,face à vous au micro d une radio improbable.Dans de jolis fauteuils cosy,on se lâche et conte une infime partie de sa vie..Ce sera top secret ,ne sortira pas de cet endroit privilégié de confidence mais sera matière pour Arthur Perole à façonner son prochain univers intimiste chorégraphique.Affaire à suivre en Mai à Pôle Sud dans le cadre des chantiers en cours de courte résidence de création.. Et on est invité à résumer tout ceci à l'aide de papier,crayon ou stylos, œuvre affichée sur un panneau collectif. J'adore...dirait Katerine..

samedi 14 février 2026

"Que de poissons!": un récital qui fait mouche! Ca mord et ça fait une touche!

"La sardin" desnos/wiener

 Des poissons et des hommes, des sirènes bercées par Honegger, des grenouilles qui coassent au fond du jardin avec Satie...Et la maman des poissons n'a pas froid aux ouïes selon Boby Lapointe!

Des vrais poissons , carpe de Poulenc, brochet, sardines variés de Jean Wiener et Robert Desnos.Des crustacés sur la plage abandonnée , homard, crabes et autre écrevisses. Pour une bonne bouillabaisse de Fernandel pêchée par deux martins pêcheurs, l'un de Ravel, l'autre de Wiener. Après tout ceci, c'est un petit oiseau, un petit poisson de Juliette Gréco qui aura la bonne pêche ainsi qu'un pélican, une baleine et un dauphin pour prendre le relais dans la passe à poissons..Un bestiaire aquatique fabuleux vous attend.A vos cannes à pêche et hameçon pour que ça morde énormément. Venez comme "le poisson sans soucis" de Kosma en toute modestie sans faire la queue de poisson d'Avril..Comme des poissons dans l'eau..

A vos écoutilles : on chantera sans filet ni appât, sans arrête pour cette pêche miraculeuse.

christiane Jaeg

Chant Geneviève Charras  Piano Christian Vidal

Salle St Laurent Munsterhof 9 rue des Juifs Strasbourg 

Dimanche 19 Avril 11H Entrée libre chapeau réservation: 06 51 77 85 95

vendredi 13 février 2026

"Le Sommet" de Christoph Marthaler: passe- plat ou passe-muraille désopilant. Ascenceur pour Cervin ou Jungfrau...


 Là-haut sur la montagne est juché le chalet de Christoph Marthaler, nouvel avatar de ses microcosmes incongrus et poétiques, lieu d’une rencontre au sommet où l’on parle allemand, français, anglais, italien. D’où sortent ses locataires ? Que font-ils là ? Pour quoi faire ? Et d’ailleurs où aller, une fois arrivés au sommet ?


C’est tout le paradoxe du théâtre du metteur en scène suisse, qui laisse une large place au mutisme : la langue en est souvent le point de départ. Le mot, dans sa polysémie, devient la métaphore de son univers – celui des situations de l’entre-deux, de l’indéfinissable, de la suspension si productive du sens. Une chose au moins est sûre : nous ne sommes pas à Davos. À moins que... les protagonistes ne semblent pas vraiment savoir ce qu’ils et elles font là, dans cet étrange refuge, et goûtent le temps présent. Par le truchement du costume, les voici alpinistes-chanteurs et chanteuses à l’attirail légèrement suranné, élégant·es convives d’une soirée mondaine, touristes profitant des délices du sauna. Si le sommet ne débouche finalement sur rien, six personnages en quête de hauteur, c’est déjà ça.

 
 
Sur les cimes, au faîte d'une cabane helvétique
Le décor est planté: l'intérieur d'un chalet en bois, grandeur nature, comme une introspection d'espace et de volume, une antre sympathique où unité de temps, de lieu et d'action vont faire mouche et troubler les règles de la dramaturgie classique. Au centre, une montagne de schistes, lauzes polyphoniques et phonolite de roches métamorphiques.Théâtre de Molière ou théâtre d'une forme surréaliste débridée où l'on ne cherche pas à trouver du sens mais à être bouleversé par le rythme, la mise en espace et en bouche d'une narration quasi muette, aphone et pleine d'images, iconographie scénique fort intrigante. Et voilà, c'est parti pour une intrigue lointaine où un monte-charge permet aux protagonistes de faire une entrée royale, remarquée, accompagnée par un valet, homme à tout faire qui orchestre ces allées et venues burlesques. On s'y présente, le corps morcelé, sans visage ou sans pied, le temps de faire son apparition scénique dans ce passe-plat chargé d'hommes et de femmes aux costumes étranges. L'une d'entre eux, un énorme sac à dos comme une sculpture de Daniel Firman.
 
daniel firman

Ou une photographie de Denis Darzacq où les corps sont plastiques et esthétiques, brûlent et abolissent la notion de pesanteur-apesanteur...
 
denis darzacq

Chacun dissemblable, trois hommes, trois femmes, la parité est respectée pour ces élections de choix où les candidats semblent attendre ou patienter dans l'antichambre ou la salle d'attente d'un cabinet de curiosités. Absurdes situations burlesques et clownesques, pinces sans rire comme des crustacés  confinés dans cet espace où l'on s'incruste à l'envi. Que font-ils sinon passer le temps à lire dans des classeurs d'antan, des bribes de partitions rythmiques savamment orchestrées en échos et ricochets. De jouer la vedette de music-hall, micro au point dans un show solitaire très drôle. Et surtout d'expérimenter tout un fatras de sons, percussions corporelles dignes d'un Willems -tient un musicologue pédagogue  suisse-.....Car devenir musicien implique un processus d’apprentissage assez long, comparable à celui d’une langue maternelle. Pour que la perception des vibrations sonores (la matière première de l’art musical) puisse aboutir chez les élèves à la conscience organisée d’un langage musical, il est nécessaire de connaître ce que Willems appelait le "fonctionnement", comment s’articulent les facultés sollicitées pour l’apprentissage musical : l'audition ( l’oreille musicale) le sens du rythme le chant ( la justesse de la voix) le mouvement corporel (vivre la musique dans son corps). Alors tout dériverait de cette pratique corporelle, initiatrice de bien des tableaux, saynètes et autre sketches de ce Théâtre Musical qui rejoindrait Aperghis.. Les séquences toujours explorant les espaces de ce chalet, squelette à étagères, tables et chaises comme autant d'accessoires discrets portant la scénographie et le jeu malin de ces six personnages en quête de bonheur, de convivialité dans ce petit espace de confinement où se dénouent des intrigues à la Ionesco ou Beckett. Christoph Marthaler en musicien indisciplinaire sans portée ni fausses notes nous charme et nous conduit dans le labyrinthe d'histoires sans queue ni tête comme un oulipo, ouvroir de musique potentielle littéraire revisitée sous contrainte par le son, le rythme, la cadence. Sans timbre, tessiture ni dissonances ou fréquences barbares. Inspirées de musiques populaires suisses et autrichiennes et d'emprunts à Adriano Celentano, les Beatles, Mozart, Schubert à qui on tord le cou. Les textes, en aussi psalmodiés, lus ou récités, vécus comme leurs auteurs -Cadiot, Pasolini et Marthaler- entre autres. Du bel ouvrage dans des costumes chatoyants qui désignent leurs mannequins  dans leurs personnages respectifs. Le sourire, le rire en cape se dessinent sur les visages des spectateurs devant tant de faits et gestes incongrus et drôlatiques, de sons et exercices de style bien ancrés dans l'écriture choré-graphique du metteur en scène frondeur et provocateur d'humour jamais noir mais plutôt dérisoire et captivant: à vos passe-murailles pour ce décapant opus réglé comme une montre suisse et taillée au cordeau pour l'audace dissimulée de ces faits et gestes invraisemblables.Au final, la montagne se couvre de couvertures de survie à la Beuys, feutre bienveillant . Ça donne envie de yodler! En juste au corps folklorique designé! Marthaler au sommet de son oeuvre!
 
 
 
Au Maillon avec Musica les 12 et 13 Février