vendredi 4 septembre 2020

"Comet Musicke" Johannes de Ockeghem, "vray trésorier de musique" au Festival Voix et route romane: déboussolant !

 


"Johannes Ockeghem, vray trésorier de musique".

 Comet Musicke propose l’intégrale des vingt chansons à 3 et 4 voix de Johannes Ockeghem (1410-1497). Ce compositeur originaire du Hainaut jouissait d’une grande notoriété et ses contemporains l’appelaient « fils et perle de la Musique », « fleur des musiciens » ou « Vray trésorier de Musique ». 

Dimanche 6 septembre
17 h 00
STRASBOURG
Église protestante Saint-Pierre-le-Jeune
Comet Musicke (France) 
 
photo robert becker
 

"Quoi de neuf, Docteur" ?
Saint Pierre le Jeune, écrin subtil pour cette formation hors du commun, un après-midi d'automne, une ambiance se trace subtilement pour nous conduire sur les chemins, d'un compositeur étonnant, hors du commun: diplomate, chanteur, menant une vie riche de rencontres et de responsabilités politiques, traversant une époque où l'art se mêle aux grandes décisions de l'état.
Cap sur les grandes orientations de la boussole: nord, sud, est, ouest, en route pour un voyage dans le temps, judicieusement ponctué par des interventions, entremets récurrents, pédagogiques. On y apprend au fur et à mesure, les enjeux artistiques des péripéties de la vie mouvementée de Johannes Ockeghem, homme orchestre de bien des "orientations" diplomatiques!
L'ensemble "Comet Musicke" s'attache tout particulièrement à une recherche esthétique sur le genre "concert-biographie", ponctué par des prises de paroles érudites et édifiantes sur la vie du personnage qui devient le moteur du concert. Un portrait musical et vocal d'une pointure de l'art polyphonique du XV ème siécle !.
Place donc au concert piloté par huit artistes, chanteurs, violistes, violonistes, cornettistes, flûtistes: des histoires contées par Marie Favier, mezzo-soprano, avec malice, entrain, dans un jeu de conteuse comédienne qui se renforce tout au long du récital. Belle performance vocale et scénique, mimiques au poing, toujours dans le jeu.
 
photo robert becker 


Un souffle passe dans cet ensemble, rose des sables, vent d'anges qui planent sur les compositions instrumentales et vocales qui s'enchainent naturellement dans un rythme soutenu par les propos éclairants des narrateurs-bateleurs qui introduisent les pièces, à différent niveau d'espace: loin de la scène primitive, dans la chaire  Chacun y déployant un talent d'interprète mêlant art du jeu et art musical.Dans une maitrise d'un instrumentarium d'époque à l'identique pour mieux faire sonner la chaleur, la sensualité des compositions, mêlant vocal phrasé poétique: dans des accents, liant prononciation et récit, restituée au plus proche de la diction-déclamation.
De beaux canons en tuilages, des jeux de "bouche" des histoires de maitresses, des récits picaresques: on se régale des oeuvres de cet homme "bon, généreux, pieux, charitable", sa voix même à l'origine combinant le tout dans une grande harmonie.
Quelqu'un de "bien", intègre "docteur en musique", fin et subtil auteur de récits musicaux enchanteurs, ici menés de main de maitre par Francisco Manalich, ténor et viole de gambe, plein de charme, de malice , d'une grande et belle présence. Et l'Ensemble d'émettre de beaux "r" roulés aux accents affirmés, colorés et bigarrés comme tous ces récits rocambolesques, amoureux ou jaloux de la vie d'un compositeur ici très bien servi par des musiciens énergiques, talentueux.
Servis par l'acoustique des lieux magnétiques et envoutants de Saint Pierre le Jeune à Strasbourg.
Une étape supplémentaire dans le programme de "Rose des vents" initié par Voix et Route Romane et son ingénieux directeur artistique Denis Lecoq.

 

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