vendredi 13 mars 2026

"Summit Strasbourg" , Ontroerend Goed : tous en scène, tous responsables: la démocratrie atteint des sommets!

 


Vous êtes invité·e à un sommet. Ou plutôt : vous êtes invité·e à une pièce de théâtre intitulée SUMMIT Strasbourg, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. En nous réunissant en assemblée, la très joueuse compagnie Ontroerend Goed questionne le langage, notre propension à y croire et notre infinie quête de sens. SUMMIT explore et éprouve la frontière entre réalité et fiction, entre doute et lucidité, dans un spectacle sur la force de l’imagination. 

Comment percevoir et façonner – ensemble, si cela nous dit – une réalité, s’approprier ou déjouer des rapports de pouvoir qui se révèlent tout simplement quotidiens ? Quelles sont les conventions et les conséquences de nos échanges faits de mots et de silences, d’observations et de prises de position ? Expérience grandeur nature, SUMMIT explore les règles tacites que nous semblons accepter lorsque nous entrons dans un théâtre. Après £¥€$ !, game performance accueilli en 2019, la compagnie belge à l'inventivité hors norme nous invite à devenir les personnages de notre propre spectacle.

 

Elle se présente en hôtesse, accueillante, souriante nous exposant les enjeux de ce futur spectacle auquel nous avons décidé d'assister en toute liberté. Puis son compère, comme tout de rouge pourpre vêtu se profile et nous indique "la scène" a plusieurs reprises en leitmotiv humoristique accompagné d'un geste d'invitation. Traversées de scène pour illustration de ce phénomène.Le ton est donné quand il nous fait aussi découvrir les deux autres protagonistes surpris derrière le rideau à vaquer à leurs occupations. Auparavant le public a été invité à déposer son téléphone et accepté de recevoir un petit message fermé à conserver jusqu'à nouvel ordre. Entretemps c'est l'histoire de la poule invisible, de sa mise à mort qui sera le clou du spectacle et du jeu subtil et raffiné des comédiens. Cette petite famille nous explique le mode d'emploi du contenu, un contrat entre eux et nous, entre le théâtre et le public réuni et consentant. Un jeu de miroir juridique qui implique chaque parti à prendre ses responsabilités, à en être conscient et à les assumer. Un vote à main levé nous invite aussi à réfléchir du pourquoi nous là, ce qu'on y attend, ce qu'on est prêt à recevoir ou pas. Un bon exercice malin, drôle autant qu'engageant. Mais jusqu’où? On nous laisse le choix de faire ce que l'on veut pendant 4mn 33, ce qui peut générer toute forme d'attitude en public..Entre autre envahir la scène pendant que "le loup" n'y est pas!Et cela va bon enfant: des spectateurs sont invités à rejoindre le plateau, à écouter l'un des comédien nous rapporter un souvenir douloureux d'une représentation vécue..Texte qu'il confie à la lecture de l'un d'entre eux qui se l'approprie de façon muette. Tout est possible et envisageable par ce collectif à quatre feuilles, débonnaire, pince sans rire et fort joyeux.Ce sommet de réflexion sur l'implication de ceux qui paient pour voir travailler les autres est édifiant. Doit-on aussi participer, s'engager, se bouger pour faire avancer le scénario? On a signé un contrat d'entente avec ces travailleurs à vue et l'on doit s'y conformer. Sinon on se bouche les oreilles, on fredonne "frère jacques" où l'on quitte le théâtre de ce jeu participatif. A bon entendeur, salut et le tour est joué: tous responsables, tous consentants et satisfaits d'avoir apporter sa pierre à l'édifice! Le collectif Ontroerend Goed n'a pas froid aux yeux et c'est tant mieux pour nous qui sortons de bonne humeur avec l'impression d'avoir réfléchi et participer à un événement unique, un sommet franchissable de la démocratie directe en temps réel: une façon de se préparer à voter en toute clarté et connaissance de cause. 

Au Maillon jusqu'au 14 Mars

« Pendant des années, les Flamands de Ontroerend Goed ont joyeusement malmené leur auditoire. Mais ça, c’était avant. Depuis le COVID, l’entité pilotée par Alexandre Devriendt a changé son fusil d’épaule : pourquoi diviser quand les gouvernements le font déjà si bien ? Désormais, les expériences participatives du collectif visent plutôt à nous connecter – et tous les moyens sont bons. Summit nous convie à l’écriture d’une nouvelle constitution pour les arts. Directeur artistique de la troupe, Alexandre Devriendt revient sur ce qui, en vingt ans, a transformé une bande de potes dont les performances trash agitaient Gand en une compagnie dont les aventures interactives font le tour de la planète. »


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