lundi 11 juin 2018

"Le Songe": pincez moi, je rêve !




"Avec Le Songe, Jean-Christophe Maillot s’empare de la comédie de William Shakespeare pour en faire un ballet d’une folle originalité. Le tout porté par une troupe au diapason qui éclabousse de son talent cette nuit d’été.
À la tête des Ballets de Monte-Carlo depuis 1993, Jean-Christophe Maillot a su inventer une compagnie de son temps : relecture de classiques, invitation de jeunes chorégraphes... Forte d’une vingtaine de nationalités, cette compagnie rayonne désormais dans le monde entier. « Nous avons toujours eu une double vocation : créer et diffuser », résume son chorégraphe-directeur. En 2005 Jean-Christophe Maillot imagine Le Songe, variation chorégraphique d’après la pièce de Shakespeare. Il met en danse trois univers – ceux des Athéniens, des fées et des artisans –, dans un délicieux précipité de tribulations amoureuses. Les séquences se succèdent à un rythme effréné mettant en valeur des danseurs expressifs qui se révèlent d’étonnants acteurs. Le fantastique dialogue avec le burlesque dans un incessant pas de deux peuplé de lutins et autres créatures. Porté par les musiques de Felix Mendelssohn, Daniel Teruggi et Bertrand Maillot, ce Songe est un rêve éveillé."

"Pincez-moi, je rêve" serait bien le résumé de toutes ces impressions, à la vision du spectacle phare de Jean Christophe Maillot!
Voir et revoir une oeuvre, classée au patrimoine, au "panthéon" de la compagnie, reste un régal jouissif, sur lequel on a déjà tant écrit, mais qui à chaque fois suggère l'enthousiasme, l'empathie, la connivence. Comment de pas être de mèche, en complicité avec cette petite tribu maline et ensorceleuse, ces personnages truculents dont Shakespeare ne renierait en rien, truculence, joie, folie et univers en marge? Dans les décors d'Ernest Pignon Ernest, ils évoluent au rythme de la narration, solide impact de groupe, soudés sur deux demi-lunes, sculptures mobiles et miroitantes. Univers morcelé, demi praticable qui se joue de l'espace, comme une faille ouverte ou refermée. La scénographie lumière, évoquant le trouble, le flou, le vague et l' imperceptible rêve pour les parties vouées au "songe" est de toute beauté !Quant aux costumes jubilatoires, signés Philippe Guillotel, il va de soi, qu'ils sont inventifs, surprenants, seyants et indescriptibles !
Le "mimodrame" fameux des artisans, habite la danse, la gestuelle, les mimiques narratives avec bonheur. Sans caricature de caractère, ni trop plein de maniérisme, les personnages, fous à lier et truculents, opèrent un tableau chatoyant et pictural très réussi. Le "songe" lui, baigne dans le lyrisme, la précision de l'écriture chorégraphique et la douceur des ambiances, vaporeuses dans les fumigènes, brouillard ensorcelant de circonstance.
La compagnie excelle dans ce répertoire, unique creuset de légendes et travaillant avec audace à représenter le monde, celui du théâtre et des arts de spectacle avec justesse, innovation et respect du divertissement.
Une bouffée d'oxygène à consommer sans modération !
Au Théâtre National de la Danse jusqu'au 15 Juin .


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