mardi 26 juin 2018

" Rencontres d' Été" : l'Accroche Note en mode estival !


L’idée de proposer des programmes mixtes (XVIII, XIX et XXème siècle) n’est pas si courante et permet de confronter les grandes œuvres du répertoire avec des musiques plus récentes souvent réservées à des festivals spécialisés.
Depuis 2001, Accroche Note permet au public de découvrir ou redécouvrir de grandes œuvres baroques, classiques ou romantiques. Cette année seront jouées des oeuvres de Johannes Brahms ou encore Sergueï Rachmaninov.
Les Rencontres d’Eté de Musique de Chambre sont aussi l’occasion de présenter des œuvres contemporaines du répertoire ou des créations. Ainsi en 2018 sont programmés Philippe Hersant, György Kurtag, François-Bernard Mâche, Jean-François Charles (création)… Lors de cette dix-huitième édition, l’Ensemble Accroche Note accueille le premier soir les musiciens de Plage musicale en Bangor 
Mardi 26 Juin

Philippe Hersant Im fremden Land pour clarinette, quatuor à cordes et piano (2003)
Une oeuvre magnifiant l'impact de la clarinette, déjà présence dès l'introduction, personnage à part entière, multiple et principale: les cordes la bordent, lancinantes, le piano intrusif s'en mêle et tous créent une ambiance discordante confondante. Un piano forte, et le leitmotiv récurent est lancé, balançant, doux et nostalgique, enveloppant.Deuxième mouvement, plus acrobatique, éclatant, en marche. La clarinette en exergue, petites touches dans le frémissement et foisonnement général. Comme au cirque, elle semble mener la danse, vive, colorée, virevoltante. Une ambiance enivrante , entraîne dans une danse ensorcelante et contagieuse.
Le piano retourne au calme, plus cérémonial, plus solennel. Le duo avec la clarinette s'amorce, sobre, laissant la place aux cordes en alternance. Les six instruments se retrouvent pour une belle veillée tranquille, la clarinette enjouée, rieuse, toujours très présente. Après cette belle accalmie, ces bercements, la cavalcade reprend, course vive, accélérations à l'appui, chevauchée légère dans de vastes paysages. Piano et clarinette en osmose, alternances de cris, d'appels, de plaintes, de ralliements répétitifs La reprise des cordes, gracieuses et discrètes, au final, recouvrent le tout. Une belle performance d'Armand Angster, laissant deviner la présence très forte de l'instrument, magnifié par une trame narrative dramaturgique étonnante !

Sergueï Rachmaninov Trois Romances pour soprano et piano (1894-1912)
Je l’ai aimé pour mon malheur / Ne sois pas triste ! / VocaliseJohannes Brahms Quintette en fa mineur opus 34 pour quatuor à cordes et piano (1864)
Françoise Kubler nous fait redécouvrir une oeuvre qui résonne dans nos mémoires, par une maitrise saisissante de la célèbre vocalise, toute en nuances, bordant le piano: douceur et vindicte dans de beaux graves: sensible et inspirée, la chanteuse avec délicatesse et douceur entame la mélodie dans de merveilleux aigus: on voyage sur la corde de sa voix qui s'élève dans le temple qui résonne: de multiples variations acrobatiques pour une voix avec de si beaux forte, languissants et retenus.

Suit l'oeuvre de  Johannes Brahms Quintette en fa mineur opus 34 pour quatuor à cordes et piano (1864) où l'on se délecte dans une écoute recueillie et pleine de mouvements entraînants, de contrastes et modulations qui mènent à la rêverie nostalgique d'un monde plutôt lumineux !

Une soirée sereine et estivale dans ce très bel espace du Bouclier, temple et cour intérieure vibrants de spiritualité naturelle.
Françoise Kubler, soprano / Armand Angster, clarinette / Nathanaëlle Marie et Saskia Lethiec, violons
Laurent Camatte, alto / Christophe Beau, violoncelle / Alexandre Gasparov, piano

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