vendredi 23 mai 2014

"Antropologie de la danse":nouveauté aux éditions du CND!

Devant l'étendue et l'hétérogénéité des perspectives de l'anthropologie de la danse, comment rendre compte de son émergence comme champ scientifique ? Comment réconcilier la diversité des regards qui ont été portés sur la « danse », cet « objet » dont la singularité n'est pas encore universellement reconnue ?
Dans cet ouvrage dont elles ont dirigé la publication, Andrée Grau et Georgiana Wierre-Gore tentent de répondre à ces questions. Elles ont rassemblé quatorze textes qui ont posé les fondements méthodologiques et théoriques de la discipline et qui furent écrits par des chercheurs anglophones venus des États-Unis et d'Europe, en particulier d'Europe de l'Est.

Au-delà de sa volonté de rendre compte de la genèse et de la construction d'une discipline, cette anthologie ambitionne de remettre en question quelques poncifs sur les sociétés et leurs danses marqués par un certain ethnocentrisme. Ce livre offre un cadre méthodologique et conceptuel pour une meilleure appréhension de la danse et des pratiques dansées. En donnant accès à des textes inédits en français, cette anthologie montre d'une part que l'approche anthropologique est pertinente pour étudier toutes les danses et, d'autre part, que la danse est un « fait social total » qui mérite d'être étudié au même titre que la religion ou la politique.

Auteurs : Egil Bakka, John Blacking, Anca Giurchescu, Andrée Grau, Judith Lynne Hanna, Adrienne Lois Kaeppler, Joann Wheeler Kealiinohomoku, Gertrude Prokosch Kurath, Roderyk Lange, György Martin, Ernõ Pesovár, Anya Peterson Royce, Allegra Fuller Snyder, Judy Van Zile, Georgiana Wierre-Gore, Drid Williams, Suzanne Youngerman.

Michael Cros: "Sauvages"! Installation chorégraphique déambulatoire...


Cros-road, Cros-country!
Destination inconnue, itinéraire tenu secret pour la performance collective du groupe "La Méta-carpe"....
La nuit tombe, le moment est idéal. Equipé d'un plan et d'un lampe torche, l'explorateur scrute autour de lui... Les sens en éveil. Il sait qu'ils sont peut-être là, dansant secrètement quelque part... Sauvages est la nouvelle installation chorégraphique de la Métacarpe.
Michaël Cros accompagné des danseurs de la compagnie et d'une quinzaine de complices-amateurs poursuit son travail qui met en jeu un peuple sombre énigmatique. Cette fois-ci, il explore les frontières entre corps, objet et animalité. Qui est le sauvage de qui?
Une expérience étrange...
Michaël Cros est chorégraphe et plasticien. Diplômé des Beaux-Arts, il a choisi d'inscrire son travail dans le champ de la danse contemporaine, tout en défendant une approche pluridisciplinaire, en lien étroit avec le champ de la marionnette et des arts numériques. Son travail met en jeu des corps qu'ils soient humains, objets ou numérique. Avec ces corps à corps, il questionne notre condition humaine et ses frontières (quelque part entre l'animal et la machine ), et ce qui nous pousse à "vivre ensemble" ( pour quel corps social? ).
Depuis 2012, il est artiste associé au projet du TJP, à travers ses créations et aussi à travers la participation actives aux Labos Corps-Objet-Image.
Ce soir 23  MAI et demain; à Pôle Sud dans le cadre du festival "Nouvelles" 22H départ en bus:destination secrète!

En "Prélude" de Emmanuel Eggermont: "Vorspiel-Opus 1 et 2

Présenté par Pôle Sud et le FRAC Alsace
Le « Prélude » est pour Emmanuel Eggermont, un espace de prédilection. Avec ce terme emprunté à la musique, le performer accompagné d’artistes d’autres mondes, plasticienne, architecte et danseurs, a choisi de convier le public à partager une œuvre ouverte. Il imagine une forme de jeu d’une extrême précision, où regard, mouvement et image conduisent à une expérience sensorielle inédite.
L'interprète fétiche de Raimund Hoghe est à présent chorégraphe et nous livre un recueil, livre de chevet, objet de concentration et de rituel quasi spirituel.,rare et précieux.
La radicalité de son geste, son rapport à l'espace ce soir là dans le jardin, cour carrée de Pôle Sud sont de matière d'orfèvre, de mathématicien alchimiste de la ligne de fuite, de la fugue
Comme une polyphonie, à deux, à trois, les voici, ces trois interprètes, aux prises avec l'architecture du jardin, du paysage, du carré "unsquare" verdoyant, pelouse lisse.
Un tapis de danse est déroulé à maintes reprises pour y loger les corps qui habitent ces petits espaces comme autant de loges ou de tapis de prière.Gestes allongés, précis de la stature tranquille et puissante, discrète aussi de Emmanuel Eggermont.Lisse, imperturbable, mais accueillant et ouvert au monde. Polo moulant, pantalon seyant ourlé d'une ceinture stricte. Stature sobre, évoquant la rigueur, la précision, le juste milieu.Il faut le voir esquisser "la mort du cygne" gracile, précis et sobre, les bras évoquant cou, plumes et ailes du volatile gracieux, glissant sur les eaux! Magnifique "prélude" à l'après-midi d'un cygne!
La musique enchaine les tubes légendaires (chers aussi à Hoghe), "Sagst warhum", où un petit bal issu du choix de quelques spectateurs épinglés dans la "salle": c'est beau comme "Les petits chevaux de Tarquinia" de Duras:musique de fond, au loin, près des lampions!
On rêve...Puis il nous conduit à "l'intérieur" sur le plateau de la salle de spectacle de Pôle Sud. Apnée.
Le spectacle, qui n'a rien de "spectaculaire" continue,pris en main, dirigé de mains de maître par une comédienne, fougueuse, ravageuse de propos indescents dans cette atmosphère recueillie, épurée.
Du très bel ouvrage que ces "préludes" musicaux imprégnés de déchiffrage, de lecture de musique, à vue, à vif. Françoise Dolto y est évoquée avec justesse et humour, une"dingue", "timbrée" de la psychologie de l'époque.

« Il ne s’agit pas de comprendre, il s’agit de sentir. Ce n’est pas la même chose. » Ainsi parlait le cinéaste Robert Bresson à Cannes en 1983. La citation retenue par Emmanuel Eggermont nous fait d’emblée entendre le geste de Vorspiel. Une pièce au dispositif particulier, qui est d’abord une recherche sur l’espace. Conçue en trois opus, elle accueille « à chaque fois deux interprètes et un(e) invité(e) sonore ou musical(e). » D’où son titre de prélude qui définit ce temps d’ouverture, d’introduction à la démarche du jeune artiste. Danseur, il a notamment collaboré à certaines créations de Raimund Hoghe et s’intéresse particulièrement à la présence et une certaine forme d’être ensemble où peut s’épanouir l’écoute. Une boule de bowling rouge, deux bandes de tapis de danse noir, deux cordes blanches, c’est à partir de ce dénuement quel’artiste crée en équilibre entre deux gestes : construire et déconstruire. Il est ce funambule du temps donnant la mesure, attentif à la déclinaison d’une série de « presqu’objets chorégraphiques. » Des postures de corps étranges et des architectures mobiles, toutes en intensité._IF
Ce vendredi 20H 30 àPôle Sud