"JAMAIS ASSEZ" de Fabrice Lambert : toujours plus équitable !
Au gymnase du Lycée Aubanel, rendez_vous avec l'indisciplinaire Fabrice Lambert
Étrange source d inspiration à partir du phénomène d'enfouissement des déchets nucléaires pour le futur dans le site de Onkalo
Déclic pour le chorégraphe, un sujet de taille et de mise en ces périodes de soucis sur l'avenir écologique de notre planète
Effet choc de ce spectacle "équitable" dont l'ambiance très juste de fin du monde dans un épais brouillard opaque nous plonge devant le miroir d'une réalité qui dépasse l'entendement
Question de "terroir" de territoire à l'heure où l'on rit des vestiges des terrils et autres paysages industriels fossilisés!
C'est parfaitement cohérent, instructif sur le devenir de nos corps, de nos déplacements, de notre souffle
De quoi sera fait l'air que l'on respire, que deviendra le "souffle" de vie qui irrigue nos poumons?
Et tout le reste!
De très belles images de champignon nucléaire qui se dilue comme les fumées de Marey dans l'espace: danse sans corps, sans matière pour mieux cacher les restes et déchets, poubelles que jamais de notre siècle!
Une réflexion pertinente, un spectacle où l'on adhère à un propos lucide, fantasmé certes mais dont la dimension incendiaire nous parle à vif!
"MONUMENT O:HANTE PAR LA GUERRE (1913-2013)" de Eszter Salamon : guerre ouverte!
Dans la cour du Lycée St Joseph, la chorégraphe, danseuse et performeuse délivre ses recherches fertiles sur la notion de "monument", pas celle à laquelle on songe: monument de la pensée, réécriture de l'histoire....
Anthropologie singulière que cette galerie de portraits ethniques, des corps et masques se succèdent savamment dessinés, ouvragés, lente monstration de gestes appropriés à cette vision extraordinaire, belle et fantastique de "monstres" singuliers
Effets réussis, atmosphère installée, danses tribales isolées, esseulées comme confinées dans un conservatoire
Plus aucune notion de collectivité jusqu'à ce que la tribu se recompose et que du coup, le charme, l'impact de cette étrangeté disparaisse.Elle entame un discours politique qui ne convainc pas et le rythme s’affaisse, le propos se dilue dans le temps, redondant, répétitif;
Ses outils pour réfléchir sur l'histoire, celle de la danse aussi, sont-ils adaptés à sa volonté de créer d'autres champs de réflexion?
Les corps se meuvent et se racontent. Une scène finale où la camarde fauche les signes des tombes
aurait pu être splendide tant le danseur qui incarne cette figure longue et dégingandée, est fascinant
Mais cela traîne et se répand et la guerre laisse ses lambeaux gésir au sol sans autre forme de résurrection, de rédemption. Seul le silence est agréablement géré et crée de l'espace à ce voyage un peu étriqué.
"LE BAL DU CERCLE" de Fatou Cissé: falbalas et bla-bla.
Au Cloître des Carmes, c'est la fête à Fatou, à la femme, aux femmes, à la palabre, à la bonne humeur
C'est l'agora, le forum de la rencontre : cela se voudrait festif, ludique, partageux, contagieux
On s'attendait au vu de la note d'intention à ce que Fatou Cissé innove dans le "défilé" , le "voguing"
Le lieu du Tanebeer , pratique collective au Sénégal d'un bal excentrique voué à la joie de vivre ensemble, ressemble ici un bien poussif rassemblement de femmes éprises de frou-frou et chiffons, certes fort chatoyants et plein de tarlatane fluorescente
Plus d'une heure durant, c'est une succession de poses, de changements d'atours suspendus à des dressings penderies de rêves de stars un peu chiches.
La vacuité du propos ennuie et submerge: dommage, l'ambiance du bal du cercle n'est pas celle du petit bal perdu!A vos carnets de bal, les rendez-vous ne sont pas inscrits!
SUJETS A VIF Programme C et D : Quatre feuilles au trèfle ne portent pas toujours bonheur!
Dans le jardin de la vierge du lycée St Joseph, une seule pièce émerge,digne du pari toujours subversif de faire se rencontrer des artistes des quatre coins de la création artistique; dans ce second volet des "Sujets à Vif" initiés par la SACD, "ALLONGER LES TOITS" est un puits de bonheur où d’emblée la simple dramaturgie opère: un jeune homme blessé, immobilisé sur un lit ambulant d’hôpital rentre en scène, poussé par un "savant fou" épris de culture, de commentaires et de discours à propos de l'étrangeté du lieu, des arbres et de la situation de cet homme alité
Tandis que l'un expose dans une fébrilité compulsive ses axiomes, l'autre semble mijoter une revanche devant tant d'agitation
Et tout bascule pour laisser place à un changement de rôle pour in fine se clore et se conclure dans l'absurdité de la situation
Frédéric Ferrer y interroge les marges dans cette conférence inspirée par l'étude d'un cas de schizophrénie, alors que Simon Tanguy se meurt de ne pas pouvoir bouger, plâtré, scotché littéralement sur son lit d’hôpital
On est bluffé quand on apprend que l'interprète s'est vraiment accidenté et que tout est vrai dans ce grand leurre.Félicitations pour ce rebondissement dans l'écriture du projet, initialement pas du tout conforme à cette version si drôle, dérisoire et pleine de distance et d'humour sur le cynisme de la vie!
Citons "INTERET POUR QUOI QUE CE SOIT" de Eleanor Bauer et Veli Lehtovaara, pour l'exploration de textes savants selon un abécédaire à l'index bien charpenté, contés lors de glissades sur patins à roulettes
Quant à "ET QUAND LE SOLEIL ETAIT AU ZENITH, UNE VOIX TRANSPERCAIT LE CIEL" de Katia Guedes er Pedro Kadivar, indigente pièce plaquée sur du mutisme feint et une voix ânonnant la habanera vocalise de Ravel, on ferme les yeux
"CONTRECHAMP" fait à peu près le même effet d'agacement: une femme, Kate Moran raconte ses chagrins d'amour alors que son pianiste l'accompagne au doigt et à l’œil: pauvreté du récit de Rebecca Zlotowski et addition obligée de textes, gestes et paroles diluées.
Où est la magie, l'alchimie des rencontres, choc, osmose que l'on a pu découvrir précédemment dans "Le vif du sujet", "Le sujet à vif" et autres expériences délicates, osées, risquées, incongrues?
Il est temps de tourner la page: mais comment et pourquoi?
mardi 21 juillet 2015
La DANSE dans le IN : Avignon fait son échappée belle !
Avignon, 69 ème édition...........
..Et la danse est bien présente dans la programmation "officielle" signée Olivier Py et ce jusqu'au cœur de la Cour d'Honneur du Palais des Papes avec la création de Angelin Preljocaj "Retour à Berratham".
"BARBARIANS" de Hofesh Shechter : Ode au désastre.
A la Fabrica, c'est la trilogie tectonique de Shechter qui bat son plein à propos du beau, du bon, du mal et c'est au "mal" que revient la part belle.
En prologue, six danseurs très ténus, de blanc vêtus, évoluent fort gracieusement sur une musique baroque: le beau y est souverain, fluide, presque gai. Intime, impénétrable, secret, recueilli.
La "barbarie" fait petit à petit son nid dans le deuxième volet de la pièce,dans un univers tranquille et, gainés de justaucorps très seyants, les interprètes se meuvent , physiquement engagés dans une écriture simple, basique "groove".
On en vient après un entracte au vif du sujet: les préliminaire nous préparent au pire de l'évocation en filigrane de la violence, de la bêtise humaine.Deux personnages, un "tyrolien" et une femme vont incarner toutes sortes de faux héros démoniaques du monde politique. Duo extrêmement sensible, digne de l'écriture d'une Pina Bausch, tant l'émotion sourd des corps enlacés avec une finesse ciselée de gestes fluides, lents, scintillants d'une intelligence rare.
Des donneurs d'ordre, des victimes, des sacrifiés: tout peut y être évoqué, suggéré sans tambour battant.
Un spectacle vif, jamais violent et pourtant qui fait mouche si la barbarie se dissimule insidieusement dans les attitudes, les flexions et les corps des danseurs, galvanisés par ce singulier manifeste sur l'horreur cachée des comportements animaliers de certains des dirigeants de ce monde
La musique se tient au garde à vous, signe politique, éclats de bruits et de sons, mélodies baroques: le pouvoir se niche aussi pour l'homme dont les oreilles n'ont pas de paupières pour échapper à la torture suggérée de nos dictatures. Shechter joue et gagne au jeu de l'évocation et du pouvoir des gestes, de leur sens, de leur étique.
" A mon seul désir" de Gaelle Bourges : Des lapins qui posent !
Au Collège du Lycée St Joseph, l'atmosphère est à la réflexion, à la digression sur les héros de la tapisserie de "La Dame à la Licorne"; un texte et une voix off nous introduisent dans le monde de l'amour courtois, à la manière d'une leçon de choses un peu didactique, simple et pleine d'humour sournois. Évocation d'un monde où les codes et les us et coutumes dissimulaient des pratiques érotiques et sensuelles en catimini. Des nymphes, nues nous révèlent les clefs de ces postures, attitudes, promesses de délices, de dégustation par tous les sens, des plaisirs de l'existence!
Elles sont nues, masquée à peine des effigies de ces lapins prolixes qui se reproduisent sans pause à tire larigot sur les trames et chaines de la célèbre oeuvre déposée au musée de Cluny.
Bestiaire fantastique, danse bachique, célébration de la chair pour ce spectacle hors du commun où se disent tant de choses sur le "con", cette origine du monde qui se glisse sous toutes ses formes, dans tous les inconscients.
Lapins déferlant au final comme une meute en rut pour assiéger le monde: une image très forte, violente, emblématique d'un univers à la Gaelle Bourges qui nous rappelle que nos sens posent toujours question comme le titre de la dernière tapisserie "A. Mon seul désir!"
Désir charnel pas si ambigu, que toutes ces icônes nous révèlent!
"NOTALLWHOWANDERARELOST" de Benjamin Verdonck: théâtre de carton !
A la Chapelle des Pénitents Blancs, c'est à une mise en scène très chorégraphique de petits phénomènes de carton, que Benjamin Verdonck convie au "petit matin" un parterre curieux de spectacle hors norme.
Un castelet de bois, comme une sorte d'échafaudage de poutres enchevêtrées comme lieu d'action: un cadre précis, délimité où un homme manipulateur à vue fait se mouvoir un petit monde magique de triangles de carton
A l'aide de ficelles, il pousse, il tire et fait naviguer autant de petits navires, de formes géométriques sobres, simples
Des rencontres, des heurts, des histoires d'attirance ou d'indifférence, voilà une humanité qui circule au gré de son démiurge manipulateur
Beaucoup de charme et de ravissement dans ce défilé plein d'humour, théâtre d'objets où Kleist et son traité sur la marionnette y retrouverait ses petits
Art plastique aussi, tant la pensée de Calder et ses mobiles, ou Mondrian et ses figures libres géométriques planent dans les esprits
L'épilogue est "renversant" et l'on y goûte l'identité de Verdonck, le Bazelitz du petit cube noir, la tête renversée, les pieds au plafond.
Les ficelles du spectacle, mises à nue, renvoient au chorégraphe qui se préoccupe de ses interprètes: les petits personnages triangulaires seront-ils au rendez-vous de ce suspens de carton?
A la renverse!
..Et la danse est bien présente dans la programmation "officielle" signée Olivier Py et ce jusqu'au cœur de la Cour d'Honneur du Palais des Papes avec la création de Angelin Preljocaj "Retour à Berratham".
"BARBARIANS" de Hofesh Shechter : Ode au désastre.
A la Fabrica, c'est la trilogie tectonique de Shechter qui bat son plein à propos du beau, du bon, du mal et c'est au "mal" que revient la part belle.
En prologue, six danseurs très ténus, de blanc vêtus, évoluent fort gracieusement sur une musique baroque: le beau y est souverain, fluide, presque gai. Intime, impénétrable, secret, recueilli.
La "barbarie" fait petit à petit son nid dans le deuxième volet de la pièce,dans un univers tranquille et, gainés de justaucorps très seyants, les interprètes se meuvent , physiquement engagés dans une écriture simple, basique "groove".
On en vient après un entracte au vif du sujet: les préliminaire nous préparent au pire de l'évocation en filigrane de la violence, de la bêtise humaine.Deux personnages, un "tyrolien" et une femme vont incarner toutes sortes de faux héros démoniaques du monde politique. Duo extrêmement sensible, digne de l'écriture d'une Pina Bausch, tant l'émotion sourd des corps enlacés avec une finesse ciselée de gestes fluides, lents, scintillants d'une intelligence rare.
Des donneurs d'ordre, des victimes, des sacrifiés: tout peut y être évoqué, suggéré sans tambour battant.
Un spectacle vif, jamais violent et pourtant qui fait mouche si la barbarie se dissimule insidieusement dans les attitudes, les flexions et les corps des danseurs, galvanisés par ce singulier manifeste sur l'horreur cachée des comportements animaliers de certains des dirigeants de ce monde
La musique se tient au garde à vous, signe politique, éclats de bruits et de sons, mélodies baroques: le pouvoir se niche aussi pour l'homme dont les oreilles n'ont pas de paupières pour échapper à la torture suggérée de nos dictatures. Shechter joue et gagne au jeu de l'évocation et du pouvoir des gestes, de leur sens, de leur étique.
" A mon seul désir" de Gaelle Bourges : Des lapins qui posent !
Au Collège du Lycée St Joseph, l'atmosphère est à la réflexion, à la digression sur les héros de la tapisserie de "La Dame à la Licorne"; un texte et une voix off nous introduisent dans le monde de l'amour courtois, à la manière d'une leçon de choses un peu didactique, simple et pleine d'humour sournois. Évocation d'un monde où les codes et les us et coutumes dissimulaient des pratiques érotiques et sensuelles en catimini. Des nymphes, nues nous révèlent les clefs de ces postures, attitudes, promesses de délices, de dégustation par tous les sens, des plaisirs de l'existence!
Elles sont nues, masquée à peine des effigies de ces lapins prolixes qui se reproduisent sans pause à tire larigot sur les trames et chaines de la célèbre oeuvre déposée au musée de Cluny.
Bestiaire fantastique, danse bachique, célébration de la chair pour ce spectacle hors du commun où se disent tant de choses sur le "con", cette origine du monde qui se glisse sous toutes ses formes, dans tous les inconscients.
Lapins déferlant au final comme une meute en rut pour assiéger le monde: une image très forte, violente, emblématique d'un univers à la Gaelle Bourges qui nous rappelle que nos sens posent toujours question comme le titre de la dernière tapisserie "A. Mon seul désir!"
Désir charnel pas si ambigu, que toutes ces icônes nous révèlent!
"NOTALLWHOWANDERARELOST" de Benjamin Verdonck: théâtre de carton !
A la Chapelle des Pénitents Blancs, c'est à une mise en scène très chorégraphique de petits phénomènes de carton, que Benjamin Verdonck convie au "petit matin" un parterre curieux de spectacle hors norme.
Un castelet de bois, comme une sorte d'échafaudage de poutres enchevêtrées comme lieu d'action: un cadre précis, délimité où un homme manipulateur à vue fait se mouvoir un petit monde magique de triangles de carton
A l'aide de ficelles, il pousse, il tire et fait naviguer autant de petits navires, de formes géométriques sobres, simples
Des rencontres, des heurts, des histoires d'attirance ou d'indifférence, voilà une humanité qui circule au gré de son démiurge manipulateur
Beaucoup de charme et de ravissement dans ce défilé plein d'humour, théâtre d'objets où Kleist et son traité sur la marionnette y retrouverait ses petits
Art plastique aussi, tant la pensée de Calder et ses mobiles, ou Mondrian et ses figures libres géométriques planent dans les esprits
L'épilogue est "renversant" et l'on y goûte l'identité de Verdonck, le Bazelitz du petit cube noir, la tête renversée, les pieds au plafond.
Les ficelles du spectacle, mises à nue, renvoient au chorégraphe qui se préoccupe de ses interprètes: les petits personnages triangulaires seront-ils au rendez-vous de ce suspens de carton?
A la renverse!
lundi 20 juillet 2015
A Avignon s' invente le texte- danse, le corps-texte avec "Retour à Berratham" d'Angelin Preljocaj
Angelin Preljocaj sait écouter ses intuitions, suivre son fil d'Ariane qui se déroule au gré du temps et de l'espace comme le chemin non balisé des sentiers les plus surprenants
Seconde rencontre avec l'écrivain Laurent Mauvignier, première "fréquentation" avec le plasticien, sculpteur Adel Abdessemed et voilà qu'opère l'alchimie des disciplines.
"Étonnez-moi" disait Diaghilev à Cocteau au temps des "Ballets Russes" si contemporains aux yeux d'Angelin Preljocaj !Et naissait "Parade" en 1917....................
Une commande: un texte qui transpire le corps, le rythme, un texte musical pour la danse dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes d'Avignon! C'est le pari du chorégraphe, celui de faire raconter aux corps la musique des mots, le rythme de la syntaxe, de distiller sons et résonances à travers les corps des danseurs. Pas de littérature au service du sens, unique, mais un opéra, "tragédie épique" avec tous les paradoxes contenus dans les genres ainsi évoqués.
Et pourquoi pas?
Pincez-moi, je rêve: le spectacle est là, existe, vibre dans une scénographie évoquant le désastre d'une guerre achevée, carrosseries de voitures renversées, carbonisées, sacs poubelles noirs, remplis des horreurs des conflits, boites de pandore de la barbarie humaine
Grillages amovibles, à claire voie cependant pour laisser pénétrer ou passer une lueur, un espoir d'espace à investir à travers les mailles des filets.
Juchés sur ces grilles, deux comédiens, une comédienne qui se trahit vite danseuse, entament la narration: une histoire, celle de Katia, femme, amante, danseuse de la vie qui ne s'est pas arrêtée ici pour autant.
Un récit épique, pas un monologue pour autant, un conte d'aujourd'hui va se matérialiser sans paraphrase deux heures durant dans la nuit, au creux des murailles du Palais.
La magie opère, sereine, corps et textes fusionnent sans se heurter: ils s'accompagnent, cheminent, racontent d'autres choses que le contenu , le sens des mots
D'autres images sont ainsi suggérées : jamais illustratives, toujours sensibles, décalées parfois.
Ils dansent, les autres, ceux qui font partie du voyage, engagés, jubilant dans une scène hypnotique et tournoyante du "mariage": costumes quasi issus du folklore balkanique ou d'ailleurs.
Berratham existe, ce coin de monde est là dans notre imaginaire, nommé, de chair et de géographie.
De strates, de matière, de terre, de sensualité
Et l'on se régale des plus beaux portés, emportée, ravissement des corps portés aux nues, duos amoureux dignes de la griffe d'Angelin Preljocaj.......Aériens, érotiques, pudiques, insensés, hors gravité et pesanteur.On songe à "Noces" dans l'oeuvre de Preljocaj quand les corps exultent, s'envolent aux nues.
Les voix s'élèvent, les corps se tendent, le chorus opère au plus profond des muscles, les interprètes jouissent de matière noble et pétrissent texte, gestes et espace avec foi et engagement
Saluons ici la noble modestie du chorégraphe, engagé, responsable et auteur d'une danse qu'il ne tient qu'à lui de toujours développer dans les plis et replis de la conscience.
La danse est un art de combat, la scène est le lieu de cette confrontation entre rêve et réalité tangible de l'indicible. Larmes blanches, peurs bleues...........
La part des anges lui appartient, elle s'élève au dessus des limbes du Palais dans des lumières crépusculaires, dans des échos dignes de la déesse de la disparition, Echo, celle qui danse l'absence, emplit l'espace d'empreintes suaves des fantaisies de Terpsichore.
"Retour à Berratham" à Avignon Cour d'Honneur du Palais des Papes 22H jusqu'au 25 Juillet
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