mercredi 13 novembre 2024

Haute-Couture | Weinsanto et l'OPS: un jeune démiurge, iconoclaste en diable pour un métissage, des entremets et des hoppla de résistance gastronomique!


 Le 13 novembre, plongez dans une expérience unique mêlant haute couture et musique au cœur de l’Église Saint-Guillaume de Strasbourg.

Sous la nef illuminée, découvrez le premier défilé alsacien de l’étoile montante de la mode internationale, Victor Weinsanto, protégé de Jean-Paul Gaultier et créateur engagé. Ses créations audacieuses, qui habillent même Beyoncé, seront mises en scène sur un podium de 20 mètres, en parfaite harmonie avec un programme musical soigneusement orchestré par l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg. Cette soirée vous transportera à travers quatre tableaux de 15 minutes, chacun accompagnant les pièces uniques du créateur.


Victor Weinsanto a lancé sa ligne éponyme en 2020, après avoir passé deux ans au sein de la maison Jean Paul Gaultier. Avec un parcours de danseur professionnel, Victor insuffle à ses collections la vitalité des arts de la scène. Ses présentations se caractérisent par leur esthétique ludique reflétant sa passion profonde pour le divertissement et l’art sous toutes ses formes.

Ses créations se distinguent par leur exubérance et leur originalité, attirant l’attention d’icônes de la mode et de la musique telles que Madonna, Beyoncé ou encore Lizzo, pour lesquelles il a conçu des tenues sur mesure. Il s’inspire d’une variété de sources, allant de l’histoire à l’architecture, tout en tissant dans ses collections des éléments musicaux et culturels. Ses défilés sont autant des spectacles que des défilés de mode, cette approche dynamique lui a valu les critiques élogieuses de la presse française et internationale comme Vogue, WWD et Numero.

L’Église Saint-Guillaume propose une saison culturelle riche mettant en lumière des valeurs de partage, d’inclusivité et de tolérance. Rendez-vous en ligne pour découvrir les prochains événements. L’Église poursuit également ses travaux de restauration, une levée de fonds est en cours pour pouvoir réaliser ces investissements.

Alors imaginez l'église St Guillaume, temple d'un orgue coulissant magistral, vibrer sous les notes d'un "Ave Maria"de Schubert ou d'un "Casta Diva" de Bellini,  d'une "Carmen" de Bizet, ceci pour la cerise sur le gâteau....Trois imprévus dans ce concert unique, comme des cadeaux en entremets des quatre pièces annoncées, interprétées par l'Orchestre Philarmonique de Strasbourg. En ouverture de cet "événement" relationnel incongru entre musique classique  et mode la "Sérénade" de Tchaikovsky, comme une entrée en matière, un antipasti délectable. Puis c'est l'apparition tant attendue, vivante, l'incarnation de cette "coiffe alsacienne" emblématique signée du jeune styliste si prometteur. Coiffe ondoyante, chaloupante toute inspirée de kelsch et de tradition locale. La surprise suivante, c'est ce sac à main "kougelhoff" rouge porté par une mannequin sublime, noire, cambrée, si sensuelle dans sa démarche, sur ce long podium central occupant la nef de l'église. Sur une musique "Romance" de Camille Saint Saens pour honorer l'Alsace.


Jack Lang, chantre de la mode comme art majeur eu été comblé! Puis, ô surprise, c'est une cantatrice Clara Orif qui prendra la scène, habillée "maison" pour un Ave Maria, sobre de toute beauté. L'art lyrique en soliste-récital est une fort bonne idée:la jeune chanteuse, très à l'aise dans ces vêtements haute couture de haute volée, les bras offerts, l'attitude simple et respectueuse. Weinsanto danseur, n'est pas loin non plus dans cette ouverture à la danse. Jean Paul Gaultier avait ouvert le bal avec son "Défilé" pour Régine Chopinot, et ses costumes pour "Blanche Neige" de Preljocaj... La fête continue avec l'apparition d' un cygne noir,gainé de plis et replis miroitants. C'est "Pavane" de Gabriel Fauré avec sa mariée, crinoline éthérée, vagues ondulantes dans la démarche, voile devant les yeux. Un régal d'authenticité créative pour une sylphide, elfe désirable à souhait. "Dark", noir c'est noir pour la suite des créations portées par des créatures de rêve, bien incarnées cependant par des femmes top modèles qui bougent et marchent délibérément fantaisistes. Einojuhani Rautavaara et ses extraits de "The Fiddlers" comme support et soutient musical.  Au final "La casa del diavolo" de Luigi Boccherini couronne cet aspect démoniaque et délirant, hallucinant du défilé: trois créations hautes en couleurs, formes animales, papillons divaguant sur le podium, ou sorte de tutu en forme de moule à gâteau.Diable dans l'église devenue païenne et offerte au dialogue, à l'inventivité, au métissage des genres et des disciplines.  A la direction d'orchestre, Matthew Strew, séduit par ce programme inventif et décoiffant.Un divertissement de très haute qualité pour un auditoire bigarré et prêt à porter toute une fantasmagorie salvatrice. Une soirée mémorable où la beauté serait celle du "triton" musical, interdit pour sa rareté autant que pour l'audace et le danger encouru par tous les protagonistes de cette initiative chorégraphique, musicale, orchestrale de grande envergure. Weinsanto pour saluer cette soirée pleine de charme et de textures, de tissus et fourreaux , de voiles et de talons aiguilles prestigieux.

A ST Guillaume Passions Croisées le 13 Novembre

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mardi 12 novembre 2024

"On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie" Éric Feldman, Olivier Veillon, complices!


 Et si Freud avait été le psy d’Hitler ? Le mal absolu aurait-il pu être évité ? Dans ce « stand-up d’art et d’essai, conférence et confidence, mi idiot mi intello », Éric Feldman explore avec humour et gravité les traumatismes des enfants cachés survivants de la Shoah : ses propres parents, oncles et tantes. Sur le fil d’un mystère qu’on se prend à vouloir résoudre, le texte nous plonge dans un tourbillon de pensées, d’émotions, de rires et de souvenirs aux accents Yiddish. On croise tonton Gilbert et tonton Lucien, le grand écrivain Isaac Bashevis Singer, Milosh le chat d’Éric, et on pense aux grandes figures des comediens juifs new-yorkais. Une autofiction plus auto que fiction pour dépasser son histoire personnelle, toucher le cœur des gens et célébrer la joie d’être vivant. 


Seul et avec nous, toujours durant ce solo inédit, Eric Feldman se révèle compagnon le temps du spectacle de tout un chacun. Avec sobriété, discrétion, modestie et autre trait de caractère pudique lié au sujet, le voici immergé dans un bain de judaïsme salvateur, tonique et très respectueux. Dans une ambiance cosy sur fond de jazz, on se détend, on se rend "disponible" en respirant à fond, expirant les mauvaises humeurs ou mauvais sentiments, inspirant les bonnes ondes. Très "zen" et empathique personnage. Assis dans un fauteuil léger où l'on ne peut pas "se vautrer", il met en abime, fait parenthèse sur parenthèses, digressions sur digression pour le meilleur d'un texte captivant, enrobant, inquiétant parfois.Du traumatisme de la Shoah sur les générations de survivants, le comédien fait auto fiction, acte d'aveux universels, de blessures ou secrets de famille révélés. Effets souvent très drôles, décalés, jubilatoires, poignants selon le point de vue, l'angle d'attaque, la cible visée. Hitler après l'amour, c'est pas si bizarre que cela, 


Et Freud dans le même bateau, pourquoi pas! En "équilibre" sur sa petite chaise, très à l'aise, le nez dans le guidon, il est possible de rire de tout quand on est impliqué, dans le bain, concerné. Et si les analystes semblent être souvent visé, c'est pour le bien qu'ils ont opéré auprès de notre héros qui ne s'en cache pas.La vérité, rien que la vérité au bout de cette langue bien pendue et jamais de bois. Ce strand-up très "pensé" est un bijou du genre et jamais on ne se lasse d'écouter cette verve textuelle pleine de charme, de surprises, de rebonds. Rebondissements fulgurants lors d'une danse de pantin articulé, très "cancan" malgré lui, sans frou-frou! Le yiddish au poing sur un fond obscur pour clamer la vie, la joie, la musique, la danse: thérapie en solitaire partagée par le groupe de spectateurs qui en bénéficie au passage et sort soulagé comme à l'issue d'une bonne confession. Histoire de partager le pain en bonne cum panis! Et sans "pied tanqué"!

Au TNS jusqu'au 22 Novembre

samedi 9 novembre 2024

ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE STRASBOURG & PAUL LAY TRIO DIRECTION WAYNE MARSHALL : une musique enthousiasmante

 


Pianiste aussi brillant qu’érudit, Paul Lay a pris l’habitude de faire entendre sa propre voix par le truchement de projets originaux confrontant notre modernité à de grandes figures du passé. A la tête de son trio et accompagné par l’Orchestre philharmonique de Strasbourg dirigé par Wayne Marshall, c’est cette fois au grand compositeur américain George Gershwin que Paul Lay rend hommage en proposant sa propre version de la célèbre pièce concertante Rhapsody in Blue ainsi que de quelques standards orchestrés par ses soins. L’Orchestre philharmonique de Strasbourg mettra ensuite en lumière le caractère visionnaire de deux pièces signées Kurt Weill (Symphonic Nocturne de Lady in the Dark) et Leonard Bernstein (Fancy Free) jetant également à leurs façons quelques passerelles inédites entre l’énergie du jazz et la sophistication de la musique symphonique occidentale.

 

photo Teona Goreci

Programme

• Première partie – Orchestre philharmonique de Strasbourg & Paul Lay trio

George Gershwin
- Rhapsody in Blue, orch. F. Grofé, 1942. Un chef d'oeuvre en matière de musicalité joyeuse, sensuelle, provocante et lumineuse. L'Orchestre semble jubiler, galvanisé par des sons clairs, enjoués. Tout chavire, balance, tangue et se fond dans une atmosphère radieuse. Ces moments de partage avec une salle comble et comblée par tant de talent et d'interprétation habitée, sentie, sont de l'ordre du miracle. Alors Gerschwin , on adore et sans se lasser, on se laisse aller à une écoute ravie et un enthousiasme non dissimulé.
- "Nice Work if You Can Get it et "It Ain't Necessarily So":deux Standards arrangés par Paul Lay laissent à l'interprète de génie une large marge pianistique d'envergure pour donner le frisson, aller au devant de toute attente musicale dans le plus grand respect de la partition d'origine. Et les deux rappels fulgurants nous enchantent par leur inventivité et l'audace du chef d'orchestre de se joindre en duo d'improvisation avec ce pianiste hors pair. Wayne Marshall et Paul Lay au diapason pour une interprétation aux anges, décrochant la lune de l'audace et de l'inventivité. Une façon de se rejoindre en compagnie des membres de l'Orchestre et du contrebassiste Clemens van der FeEn et du batteur Donald Kontomanou.

photo teora goreci


• Deuxième partie – Orchestre philharmonique de Strasbourg 

Kurt Weill
Symphonic Nocturne de Lady in the Dark, arr. R.R. Bennett

Que du bonheur à l’écoute d'un monument solide et vertueux de la musique américaine. Contrasté, entre volumes sonores puissants et discrète intervention de solistes dans les vents, cuivres et bois, cette oeuvre questionne les harmoniques et les divergences musicales au sein d'un tout remarquablement composé, vif, entrainant, burlesque et fantaisiste. Une ambiance et atmosphère de fête s'en dégage, salvatrice et bienfaisante.

Leonard Bernstein
Fancy Free, suite de ballet. Alors ici, on danse, swingue, allègrement au choeur de la musique chaleureuse et enivrante. . En fermant les yeux, c'est à Jerôme Robbins que l'on songe avec ses marins bondissants et sa verve chorégraphique. Un ballet "concertant" c'est original et plein de nostalgie!


Au PMC le 8 NOVEMBRE



En coproduction et coréalisation avec l’Orchestre philharmonique de Strasbourg

Soirée d'ouverture DU FESTIVAL JAZZDOR parrainée par la Ville de Strasbourg
 

FR + GB + NL + US
Orchestre philharmonique de Strasbourg | Wayne Marshall direction | Paul Lay piano | Clemens van der Feen contrebasse | Donald Kontomanou batterie