mercredi 28 novembre 2018

"Ghostland" : Les Percussions de Strasbourg désincarnées ! Oh my ghost !


Ghost' spell and you !

Spectacle pour quatre percussionnistes, une manipulatrice d’objets et dispositif audiovisuel

"Immersive et envoûtante, la dernière création de Pierre Jodlowski nous plonge dans un espace aux frontières indéfinies. Composée pour électronique et quatre percussionnistes issus des célèbres Percussions de Strasbourg, la partition intègre également le jeu des lumières et l’écriture de l’espace scénique. Prolongée par un grand écran panoramique, la scène se mue en un espace infini, un territoire où les ombres semblent jouer avec les corps.

Spectacle onirique, Ghostland nous ouvre les yeux sur le monde d’aujourd’hui : les « fantômes » dont il est ici question renvoient certes aux êtres chers disparus et aux traces conservées par la mémoire, mais aussi, de manière plus métaphorique, à l’individu pris dans les rouages d’un système qui l’arrache au réel, à soi et aux autres. Sur l’écran, des salles de réunion, de grands bureaux, des espaces froids habités peu à peu par des êtres étranges, fantomatiques… les percussionnistes abandonnent progressivement les instruments qui composent leurs batteries pour jouer avec brio de l’attaché-case et des percussions virtuelles."

Sur la scène quatre grosses caisses, animées par quatre silhouettes en capuchonnées, de noir vêtues; au bord du plateau, derrière un rideau, un corps dissimulé , évanescent, se devine, flouté. Ectoplasme vibrant, futile, passager...Illusion, fantasme, hallucination?
Les quatre lutins noirs percutent sur les peaux des tambours, les caressent alors qu'un son sourd inonde l'espace, trépidant, inquiétant. Sur un écran en fond de scène, des images apparaissent, celles de quatre musiciens devant chacun une table semblant battre une mesure sourde et lente. Images en suspension, comme des leurres des visions énigmatiques, qui lévitent, échappent au sol.Des néons sur les pourtours diffusent un rythme lumineux perceptible et fugace. Comme des taupes travailleuses dans un terrier ou tunnel sonore, les musiciens, étranges créatures polymorphes s'affairent. Des voix susurrées, chuchotantes, murmurant hantent de leurs accents allemand, cet univers de science fiction.
Puis tout divague et nous voilà propulsés dans un univers de travail, de labeur: image d'un loft, , d'un open space en couleurs où des hommes masqués de blanc, évoluent à l'envi; le monde se renverse, se délite, bascule dans une grande fébrilité
Des clowns, des être factices, artificiels dénaturés? Une effervescence, agitation sonore puissante et omniprésente les soutient; des perspectives visuelles s'ouvrent. L'univers étrange de la musique se répand dans un espace multiforme et pluriel.
Des silhouettes se dessinent derrière l'écran, derrière le miroir et passent à tour de rôle, esquissant une danse, une chorégraphie en découpage noir, théâtre d'ombres animées.
Passages d'ombres, de spectres, de danseurs à l'envergure d'oiseaux, de roseaux ailés.
La plasticité du travail scénographique de Jodlowski est pertinent et sied à merveille aux sonorités, aux ambiances, au volume sonre de son opus.De belles reptations dansantes, une chorégraphie des corps des musiciens très engagées dans le répertoire physique, convint et séduit.

 "Gosthland" au Théâtre de Hautepierre jusqu'au 29 Novembre

1 commentaires:

Unknown a dit…

Merci Geneviève pour cette analyse sensible et pertinente...comme toujours. Bien à vous ; Jean-Yves

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