L’art de l’effeuillage Burlesque, qu’il soit engagé, drôle, sexy, fou ou acrobatique, pratiqué par des femmes, des hommes ou des créatures, habillé.e.s de plumes, de strass ou de latex, a pour but de vous en mettre plein les yeux.
La 8 e édition s’annonce haute en paillettes, réjouissances et diversités.
Champagne Mademoiselle, notre diva strasbourgeoise, vous invite à vous habiller chic & choc pour vous fondre dans le décor. Les spectacles, les numéros et les artistes seront différents chaque soir. Un entracte vous permettra de profiter d’une animation musicale et des stands, tout en rencontrant les artistes, de vous retrouver autour du bar à Crémant et pourquoi pas de vous inscrire à un atelier d’initiation…
Il s’apprête une nouvelle fois à réveiller la scène du Point d’Eau, à Ostwald, pour un mois de février plus show que jamais ! Qui ? Le Strasbourg Burlesque Festival, pardi. Avec une 8e édition qui promet de l’humour, du glamour et des paillettes, pour un rendez-vous aussi extravagant que galant, du 5 au 7 février.
Il n’est de l’apanage ni des hommes, ni des femmes. Derrière le large éventail de l’effeuillage burlesque, se cache un art : celui de se déshabiller « de manière chic, glamour ou acrobatique », nous glisse-t-on.New burlesque, classique burlesque, boylesque, cirque, drag queen, queer… Les artistes qu’on y croise jonglent avec les pratiques, et « revendique[nt] l’expression d’une sensualité, d’un humour décalé, ou d’un engagement militant ».Et à Strasbourg, celui à qui cette diversité va comme un gant, c’est le Strasbourg Burlesque Festival.Créé et porté depuis 2019 par la « diva strasbourgeoise » Champagne Mademoiselle, son acolyte Pearly Poppet, et l’association De Strass en Strass, le festival le plus show de l’année revient attiser notre curiosité.
Un casting international
Menée par la maîtresse de cérémonie Petula Goldfever, qui « manie la rythmique du comique, l’art du suspense et de la séduction avec un brin d’espièglerie », la 8e édition s’y dévoilera avec une affiche différente chaque soir.Sur scène ? « Des femmes, des hommes ou des créatures, habillé(e)s de plumes, de strass ou de latex » qui nous donnent rendez-vous du jeudi 5 au samedi 7 février, au Point d’Eau à Ostwald. Avec pour tête d’affiche une pointure venue d’Australie : Miss Maple Rose, qui arrive dans « un tourbillon de plumes, de paillettes et de plaisir coupable ». Danseuse, clown burlesque, elle a plus d’un atout dans sa manche : elle enseigne également l’art de la danse avec éventails à l’international (jusqu’aux danseuses du Moulin Rouge elles-mêmes, nous dit-on).
C'est devant une salle comble que Petula Goldfever fait son entrée, meneuse de revue, Madame Loyale, pétillante, pétulante figure du show burlesque et elle enflamme la salle, pomponnée de paillettes, cheveux blonds lissés. Sa verve, son énergie, son dynamisme en feront l'égérie de la revue tout au long de son déroulement, ponctuant chaque numéro par une introduction, une entrée en matière documentée comme celle d'une "prof", enseignante de la beauté! Présente chaque soir, elle est rejointe tout au long du festival par une trentaine d’artistes venu(e)s du monde entier : États-Unis, Irlande, Grande-Bretagne, Espagne, Allemagne, Corée, Italie, Belgique, Suisse, France. Et qui répondront aux doux et fous noms de Tuna Tartare, Daria Décolleté, Lola Itsy, Fou Fou Kaboom, Enveloppe Timbrée, Coco Charnelle… Un casting exceptionnel. Et ce deuxième soir là ce sont dix figures très diversifiées qui vont tenir le haut du pavé. Inspirées de figures légendaires du cinéma, par exemple la prestation singulière nourrie du film de Fritz Lang "Métropolis", la femme robot emblématique se meut devant nous, féerique reproduction de l'héroine, métallique, impassible créature rêvée. La danse y est magnétique, voluptueuse, inquiétante et hypnotique reproduction des images du film expressionniste. Autre évocation de danseuse-performeuse, celle de Loie Fuller dans sa danse serpentine, danse du lys avec ses voiles qui prolongent les mouvements de ses bras en autant de volutes très plasticiennes. Le spectacle bat son plein, mené de main de maitre de ballet par notre fidèle et indéfectible Pétula, insatiable animatrice, artiste géniale, présente, vivante et belle comme sa logorrhée insatiable. Les numéros s'enchainent, celui d'une louve bariolée pleine de couleurs et d'humour, le regard malin et complice dans un effeuillage drôlatique et plein de charisme. Une autre figure saisissante, celle d'un homme, meneur de cabaret, masculine, en frac et pantalon noir: une présence à la Liza Minneli dans le célèbre "Cabaret" de Bob Fosse. Regard inquisiteur, poses aguichantes et provocantes d'un personnage semant le trouble dans la perception du genre. Car toutes sont femmes ici et affichent leurs formes et audaces féminines dans des effeuillages dévoilant des corps joyeux, généreux, loin des canons du Crazy Horse ou du Paradis Latin ou autre revues parisiennes style Lido ou Moulin Rouge. Ici pas de srip tease ni de dévergondage banalisé, c'est là de se placer face au regard émerveillé et bienveillant d'un public qui lui même est pailleté, gai et volubile. Un air de famille avec ses vedettes, stars de la scène le temps du show qui se fait toujours surprenant. Des personnages prennent la scène comme autant de figures identitaires, singulières et très personnelles. Je vous salue, Mesdames!
Lola Itzy en femme lumières avec chapeau de lampe lumineux et verve ébouriffante. Bain de jouvence avec une furie de la scène qui éclabousse tout sur son passage... Et une platine disque costumée féroce en mange-disques d'époque, magnifique costume désopilant! Pas de modèles ni de copies conformes mais des artistes libres, audacieuses et affranchies des codes de la bienséance C'est dans cette ambiance libertaire plus que libertine que ces spectacles de ce fabuleux et inédit "Burlesque Festival"l se succèdent orchestrés par Champagne Madame et sa fidèle acolyte, toutes de bleu et de plumes vêtues que ce clôt la revue. Un beau tableau de famille au final pour marquer la sororité, la solidarité de ces artistes engagées de tout corps. Les plumes et le strass aussi en hommage à Zizi Jeanmaire, Roland Petit et YSL avec des trucs en plume rutilants, plein de grâce et d'effervescence. Ca pétille au Point d'Eau où ce soir le champagne coule à flot en bulles de musique, de chorégraphie, d’effeuillage diabolique digne des plus grandes scènes du genre! Un festival international où même une tombola tombe à pic pour enchanter, décaler et distancer un art majeur reconnu désormais par le Ministère de la Culture.....Le "burlesque" n'est pas le grotesque ni le clownesque, c'est bien une icône scénique ébouriffante et salutaire! A consommer sans modération...Avec:
À noter aussi, le marché des exposant(e)s à retrouver sur place, pour faire le plein de fleurs, de plumes et de strass. On y attend des associations et quelques boutiques comme Tchungle (la jardinerie urbaine), Lady Mistigris & Mister Graouw (pour de la lingerie et des accessoires), les dildos Krapulle et autres curiosités qui réchaufferont vos soirées.
Quant à prolonger la nuit, direction le Hey Mama Gare pour les after-shows au plus près des artistes. L’occasion de sortir ses paillettes, et d’oser sur le festival, le dress code suggéré : « Chic et choc ».
Au Point d'Eau à Ostwald jusqu'au 7 Février




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