jeudi 4 juin 2026

"Les Petites Filles modernes": Joel Pommerat, modéle de surnaturel narratif

 


Quels pouvoirs l’enfance peut-elle opposer à la parole des adultes ? Alors qu’il déconstruisait les codes du merveilleux dans Cendrillon, Joël Pommerat a pour ambition de les prendre au premier degré dans cette nouvelle création. À la manière d’un conte, il imagine la rencontre de deux très jeunes filles, obligées de déjouer les lois du monde réel afin de s’affranchir de celles des adultes et nouer un pacte d’amitié qu’elles veulent indestructible. L’histoire se raconte en même temps qu’elle se vit dans la forme de ce « théâtre roman ». Pour Joël Pommerat, la mise en scène et le texte s’élaborent de manière concomitante avec les répétitions. Les Petites Filles modernes poursuit avec malice son exploration des contes.


Dans la pénombre ou dans le noir total qui ponctue le spectacle, deux silhouettes plus ou moins distinctes se profilent ou se dévoilent, s'effacent ou réapparaissent selon le rythme du récit qu'elles incarnent. Entre espaces virtuels vidéo constants et réalité de la chair et de la présence des deux jeunes comédiennes, on ne choisit pas: cela fusionne sans cesse nous entrainant dans une fiction mouvante et bigarrée autant que dans une tension dramatique et addictive impressionnante. D'emblée, vociférations, cris et vocabulaire d'adolescentes en crise d'identité s'imposent, sonores, percutant, résonnant en écho ou caisse de résonance brouillant les pistes de l'audition. Deux jeunes personnages encore mal définis ou cernés se dessinent dans un décor hallucinant, en déséquilibre virtuel constant, sans cesse dérivant, basculant entre perception réelle et imaginaire. C'est le récit du dialogue qui mène la barque, les images défilant comme les pages d'un livre qu'on tourne avidement pour savoir l'issue d'un drame actuel. Deux adolescentes se démènent dans cette ambiance féroce, enfermement drastique où le malaise est roi, où la position de chacune est campée, ferme mais jamais définitive. Deux destins peuplés de peurs, d'angoisse, de questionnements, de cauchemars ou de rêves éveillés. Elles cherchent le sommeil et l'accalmie dans ce monde, huis clos dans une vaste chambre qui se transforme sans cesse. 


Deux parois délimitent les espaces où la vidéo s'immisce comme un second espace, endroit privilégié d'une atmosphère oppressante constante. Sur le plateau, en osmose avec toute une technique très sophistiquée,les deux comédiennes sont toujours raccord et puisent leurs identité dans ce mélange, cette alliance de vérité et de leurre.Coraline Kerléo et Marie Malaquias se partagent ce chalenge de paraitre ou d'être comme happées par la mise en scène et la lumière opaque, diffuse, translucide.Une performance d'actrice à souligner tant elles nous guident et conduisent dans les entrelacs d'une histoire, d'un conte à dormir debout si bien mené par leurs voix amplifiées, déformées, par le off d'un conte de fées d'aujourd'hui qui n'a rien à envier au "Petit chaperon rouge". Les intentions de surprendre, de rebondir dans ce tableau éternel de jeunes corps et esprits tiraillés, obnubilés par des visions cauchemardesques sont assumées par le regard et la compassion de Joel Pommerat. As du fantastique là où l'on ne saurait le trouver, magicien des ambiances qui en disent aussi long que le texte. Avec lui, Eric Soyer et Renaud Rubiano laissent libre cour à leurs fantasmes et l'univers se crée indéfiniment en lumières, profondeur de champs, perspectives et troubles constants en déséquilibre. 


Les temps sont fragiles comme les oscillations, les leurres de tous ces espaces inventés qui fusionnent et déversent une foule d'images en relief, volumes cinétiques vertigineux, comme cette chute virtuelle du corps de Marjorie dans les abîmes du désespoir. Image impressionnante et puissante de ce destin qui chavire. A ces côtés, sa complice s'ingénie à la perturber, lui défoncer ses barrières pour la perdre par amour, par passion dans une sororité complice malgré tout bienveillante. Ce contraste de sentiments se joue aussi face aux parents, absents, en voix off plein de déni de responsabilité de fausse complicité. Rassurer l'enfant angoissée par des visions, celles d'un "vieux voisin" qui la hante jour et nuit. Silhouette qui se dessine et évolue dans le temps comme une ombre menaçante de caverne de Platon.Un homme vraisemblablement, Eric Feldman, sorte de Nosferatu cherchant sa proie dans un grand flou, gommé par des visions opaques et glauques.Tous les trois comédiens immergés de force dans ce bain anxiolytique , potion magique concoctée par notre écrivain-metteur en scène, prestidigitateur de grand talent. On en sort rincé, essoré, plein de visions étranges. 


Le domaine de l'adolescence, traité comme un manifeste, un grimoire de sensations à fleur de peau, de langage et de gestes pesés, construits comme une chorégraphie faite de placements, d'endroits à respecter faute de synchronisation, de justesse : la bonne place pour chacune des comédiennes au diapason de toute cette complexité graphique. La cinétique et l'esthétique de la scénographie rejoignant la plasticité d'un Julio Le Parc ou  de toute cette génération de plasticiens de la lumière-mouvement. Des filles "modernes", des enfants terribles en proie à une fièvre envahissante générant spectres et fantômes, ectoplasmes plein de matières à penser le monde.Le reste appartient à l'imaginaire de chacun. Sans rappeler le travail de Mourad Merzouki dans "Pixel", vertige du faux semblant des images abyssales de la vidéo au plateau, baigné de futiles tracés éphémères disturbant pour les corps immergés dans l'écriture lumineuse au sol...Ou "Helikopter" d'Angelin Preljocaj ou tout vacille sous les pas des danseurs. Ou du plasticien Rioji Ikéda et ses sculptures lumineuses évanescentes créant des espaces à conquérir...Encore Claire Bardainne et Adrien Mondot pour leur travail d'images chorégraphiques pixelisées en direct.

 


[Création théâtrale]
Joël Pommerat[Avec] Éric Feldman, Coraline Kerléo, Marie Malaquias[Et les voix de] David Charier, Delphine Huot, Roxane Isnard, Pierre Sorais et Faustine Zanardo

[Scénographie et lumière] Éric Soyer[Vidéo] Renaud Rubiano[Costumes] Isabelle Deffin
[Perruques] Julie Poulain[Son] Philippe Perrin, Antoine Bourgain[Musique originale] Antonin Leymarie

 
Au TNS jusqu'au 18 juin


samedi 30 mai 2026

"Borda" , Lia Rodrigues : broderies, ouvrage de Grande Dame...Cataclysme et autres ourlets de danse débridée.

 


Tout commence par une forme sans forme – donc ambigüe, déjà – blanche étendue de plastique et de tissus amoncelés. Un paysage ? Un organisme vivant ? Sans doute, car voici qu’il bouge, lentement. De cette matrice originelle s’extraient peu à peu des corps, des visages, grimaçant d’abord.
Borda, en portugais, signifie aussi bien la frontière physique que le fantasme, le seuil de la limite intérieure que l’on franchit pour soi. La broderie même, comme un enrichissement perpétuel. Toutes ces dimensions,

Lia Rodrigues les active dans un spectacle en forme de métamorphose perpétuelle et ludique, pour laquelle la chorégraphe brésilienne a puisé dans l’arsenal de costumes et d’accessoires de 35 ans de création. Rien ne l’intéresse autant que la mouvance des identités, les lisières comme espaces de l’indécis. Au rythme des percussions et des chants, neuf interprètes les explorent. Chaque mouvement de l’un·e semble donner vie à l’autre, dans une succession fluide de tableaux où se côtoient d’étranges créatures. Fascinant et explosif, Borda est un spectacle baroque souvent truculent, parfois déroutant, toujours insaisissable.

 

Le silence est roi durant toute la première partie de ce mé-tissage, entrelacs de tissus et de corps, de formes qui se métamorphosent sans cesse dans la lenteur. La fascination opère dans la blancheur incandescente à fleur de peau de cet amas d'oripeaux de fortune. Car cette forme, informe ou difforme se déploie infiniment dévoilant des volutes, des sculptures éphémères qui fascinent, attirent le regard qui scrute les différences qui peu à peu évoluent comme une larve dans sa chrysalide à peine déchirée. Telle une termitière plastiquement très esthétique, la bête se déploie, se love et dégage des personnages étranges: formes de corps tronqués, de membres coupés, de jambes et d'un énorme tronc ou fessier qui déverse un fœtus de son "origine du monde"...Étranges visions d'un monde fantastique baigné de silences. Des visages se dessinent, dévoilant des expressions singulières, de joie, de souffrances, grimaces burlesques ou grotesques dans cet univers de plis et replis baroques. La vie dans les plis de tissus, tantôt légers comme un voile de mariée pour une cérémonie mystique ou païenne. Tantôt lourds et pesants comme une couverture de survie en feutre.Le plissé de cette tenture plastique crisse et émet des sons discrets puis amples comme une marée montante, des vagues déferlantes Une atmosphère décalée qui émeut, se meut comme une meute de créatures incertaines, bienfaisantes ou maléfiques.Des tableaux mouvants se succèdent comme au coeur d'une salle mi-obscure d'un musée des Beaux Arts un peu poussiéreux. Radeau de la Méduse ou autre peinture classique académique qui ne tiendrait pas en place sur les cimaises. Visite guidée d'une exposition barbare faite de chefs d'oeuvres en perdition. Comme une énorme vague qui déferle, les corps transportent leurs espaces et des images de naufrage de migrants, de boat-peopel surgissent. Des icebergs aussi comme des reliefs d'un cataclysme ou d'une déflagration planétaire. Les icônes ainsi émergées sont fortes et intrigantes, mystérieuses et toujours silencieuses. Exceptés quelques murmures ou petits babillement de bébé tout nu, tout neuf sorti de cette tribu surréaliste. Puis tout bascule dans un joyeux tumulte musical et vestimentaire. Du blanc surgissent des tenues de récupération qui forment un vestiaire magnétique fabuleux.Dressing miraculeux, sorte de studio de mode où le casting serait fait des plus affriolants péplums de cinéma pour un tournage de "nanar" des plus désopilants.On sourit volontiers, rassurés après la première séquence entre drame et catastrophe naturelle, soulagés par tant d'enthousiasme, de verve et d'énergie. On respire après cette apnée de silence pesant et c'est la joie qui éclate, les figures d'entrelacs des corps libérés de cette contrainte qui éclatent en fusée, fusion et bouquet garni. Les formes sont des leurres: animal à plusieurs jambes, comme un papillon de rêve. Bestioles issues d'un bestiaire mythologique. La beauté des propositions de mises en corps est sidérante et transporte dans un monde onirique salvateur. Étranges monstres de toutes sortes qui déferlent sur le plateau dans une proximité qui ferait croire que ces monuments plastiques seraient surdimensionnées.Une claque aux conventions de la scène où rien n'est truqué pour évoquer des phénomènes surréels, étranges et incontrôlés, incontrôlables en diable. Diabolique spectacle où les sourires, les faciès de toutes les couleurs de peau se transforment en fessiers rebondis et caressants. C'est drôle et inquiétant sur notre avenir qui se déforme, en mutation suspecte de d'un devenir incertain. Clins d'oeil à Bosch ou d'autres Salvador Dali qui étire, transfigure les vivants pour en faire des créatures de rêve ou de cauchemar.

dali

On dérive sans vergogne, on se laisse aller au rire et au sourire devant ce tsunami incongru. Les couleurs vives et truculentes sont reines.Tout fait sens dans ce naufrage contrôlé.United colors of dance pour le meilleur d'un environnement où les danseurs surgissent de ce magma, bondissant comme des feux d'artifice, des survivants heureux d'avoir échappé au pire. Une évocation de Lia Rodrigues, championne des effets de choc, des brusques revirements où l'on ne se défait jamais d'un optimiste qui joue et gagne.
niki de saint phalle

On ne capitule pas dans cette dérive lumineuse, plastiquement digne d'une installation de Niki de Saint Phalle et ses sculptures de mariées virginales ou ses nanas colorées pleine de vie. Et d'humour cinglant animé par des interprètes fulgurants, puissants, les corps massifs et généreux au service d'une danse de feu . Une galerie d'Art Brut faite de lambeaux, palimpseste de tissus usés ou à claire voie, ouvrage, brodée comme de la dentelle usagée, remaniée, recyclée.
christian boltanski

Du Annette Messager et ses oripeaux de mémoire, du Christian BoltanskI qui s'ignore dans la recherche des sources de nos langes angéliques, de nos suaires ou costumes  de fantômes disparus....
Annette Messager

Amas d'enveloppes corporelles qui bercent nos souvenirs de matrice originelle.Reliefs d'un repas sobre et frugal où seule la joie nourrit ses petits enfants terribles, ambrions sortis tout droit de l'antre de Platon dans la lumière et sans les ombres de la caverne!.

Au Maillon jusqu'au 29 MAI


samedi 23 mai 2026

"Esprit vieille ": parler aux vielles dames , senior ou pas.... École du TnS - Éléonore Barrault - Groupe 49


 Peut-on explorer l’âge indépendamment des chronologies et de toute linéarité ? Comment rêver une figure poétique, et politique, de « la vieille fille » ? C’est le pari relevé par Eléonore Barrault dans une création qui nous apprend à regarder et à écouter le vieillissement, mais aussi à construire la scène comme un espace de recomposition, le lieu privilégié pour la cohabitation des générations et la refondation des imaginaires. En cultivant « l’esprit vieille », avec la complicité de l’équipe des créateur·rices de l’École du TnS, elle refuse toute injonction à garder la bonne distance, prenant le parti d’un rapprochement au plus près du passage du temps et des transformations qu’il produit sur nos corps et nos histoires.

Un homme assis en bord de scène devant un rideau de fils translucide va ébranler notre conception de l'aide soignant: il est possible de vieillir sans cet "esprit vielle" ou d'éternelle jeunesse. Et ce monologue grandiose de parvenir à nous déstabiliser d'emblée et nous faire pénétrer dans un espace en chantier, en devenir où les habitants d'un improbable EHPAD se mettent à le penser, le construire, le nettoyer avant d'en faire leur espace de vie. On y rencontre des personnages typés, fort attachants dans le vécu en direct de leur comportement. Jamais caricaturés ni faussement vieillissant, plein de vie, de secrets. La déconfite et ennuyeuse vieille dame qui se teint les cheveux et se scotche devant la TV, râleuse et isolée tellement charmante avec son doudou de robe extravagante..Et tous les cinq autres qui brulent les planches, discrets ou en proie à leurs caprices. Des "vieux" qui vieillissent face à nous en toute liberté d'expression sans tenter de sursoir au temps, ses traces, ses rides, ses signes de faiblesse. On ne vieillit pas mais pas sans caractère ni projet de vie commune, de collectif. De cette "vieille fille", concept qui n'a rien de fatal ni de vieux, Et les deambulateurs de devenir escabeaux pour mieux nettoyer les lieux.. Eléonore Barrault fait un manifeste du corps chancelant, qui  devient fragile, usé, avec le temps et l'avoue joyeusement. On partage le gateau d'anniversaire sans angoisse, les années passent et se partagent dans une construction commune, un chantier à ciel ouvert de tous les possibles. C'est drôle et inspiré, jamais décevant ni pessimiste, la mort comme la naissance, début et fin d'un chemin et passage fructueux. Coup de chapeau à cette petite bande où l'empathie nait et grandit avec cette population méconnue, méprisée ou mise au rebus. Ici c'est la manifestation audacieuse d'une condition de vie, la vieillesse, enchanteresse et pleine d'espoir.Ils sont formidables ces comédiens avec leur coup de gueule, leurs rituels, leur jeu impeccable au plateau, scène tournante de bien des coups de théâtre tendres et inoffensifs. Dans un total respect et une découverte salutaire des bienfaits du temps qui passe sur nos corps  fragiles en proie à l'usure; pour la bonne cause du collectif, de l'humain et du savoir être ensemble. La jeune troupe au diapason de cette ode à la lenteur, à la douce chorégraphie de la vie charnelle qui s'infiltre dans une mise en scène discrète, indispensable à cette petite odysée de l'espace théâtral propice à toute fragilité temporelle. Et surtout "parlez aux vieilles dames": un secret de fabrication humaine et de comportement pour mieux assumer votre vieillissement incontournable!Et ce baiser virevoltant inspiré du "Parc" de Preljocaj où danser devient une élévation, un tour de magie percutant, esthétiquement très beau et émouvant.Tout comme ces costumes gonflés à bloc et fleuris, bouffant et drolatique que revêtent les femmes de cette micro société joyeuse...


[Texte et mise en scène] Éléonore Barrault
[Dramaturgie] Baudouin Woehl 

[Avec] Sarah Dallinger, Chaimaa El Mehia, Mina Totkova, The-Vinh Tran, Frazier-Doubia Nyamsi, Emma Da Cunha

[Et la participation, en alternance, de] Monique Bauer, Marie-Dominique Nachin, Colette Blanchard, Anne-France Delarchand, Catherine Larat, Daniel Lind, Michèle Moyaert, Noële de Murcia, Danièle Ricou, Fatima Zekri

[Scénographie et plateau] Naïs Thériot
[Vidéo et régie générale] Aglaë Le Minor
[Son] Gabrielle Fuchs
[Lumière] Lucas Loyez
[Costumes] Kimy Gallien
[Regard dramaturgique] Rachel de Dardel
[Travail vocal] Mathilde Mertz

[Regards extérieurs] Anabelle Canon, Vanessa Court, Laurence Magnée, Benjamin Moreau, Antoine Richard, Jérémie Scheidler, Paola Secret

[Production] Théâtre national de Strasbourg
[Avec le soutien] du Jeune Théâtre National 

Au TNS jusqu'au 28 MAI 

 

"Anti-magie ": les funérailles joyeuses de Carmen - Ecole du TnS - Juan Bescós - Groupe 49

 


Quelle zone énigmatique et secrète pourrait survivre à nos adolescences ? Quel protocole et quels outils en favoriseraient l’accès ? Juan Bescós opte pour ce qu’il nomme « anti-magie » : une efficacité de l’invisible qui est tout à la fois une utopie collective, le rêve d’héroïnes drama queens vulnérables, et un moyen de défier les lois fondamentales de l’existence – autrement dit : un antidote poétique au nihilisme. En quatre parties, la pièce se déploie dans la chambre d’un·e adolescent·e triste qui veut transformer l’espace privé de domestication en espace collectif d’expérimentation. Fondée sur une dramaturgie de la sensation, Anti-Magie nous propose une fantaisie joyeuse et déviante, empruntant aussi bien au death-metal qu’à l’allégorie platonicienne de la Caverne, pour ouvrir de vertigineux portails.

 Peut-on imaginer la Mort en gentil squelette en bord de scène, édictant les préceptes d'une mort joyeuse à consommer sans modération bientôt sur le plateau dans un décor intime..Ce sera celui de cette"anti-magie décapante où le prestidigitateur sonne faux, fait des numéros désuets et cousus de fil blanc. Publiquement sans se cacher, démasquant ainsi la supercherie du métier.Les autres figures de ce pastiche très attachant seront tout autant quelque part hilarant, en toc malgré leur aspect gothique écrasant de fantaisie. Sans caractère morbide, costumes et accoutrement de mise, gothique ou baroque, excessif en diable! Joyeuse assemblée des cinq doigts de la main de cartomancienne effondrée qu'est l' héroine Carmen qui joue couchée la plupart du temps: performance de comédienne à mentionner et saluer tant la verve autant que le désespoir d'une suicidée mortelle va conduire son jeu. Revient la nuit dans cet univers domestique, clos, magique dans cette chambre occulte où rien n'est occulté par cet écrivain de la nuit qu'est Juan Bescos Des espaces secrets s'y déploient, utopie du désastre, société secrète mystérieuse et prometteuse de collectivisme enjoué.Ces adolescents en délire hormonal, hors norme et des codes sociaux animent la scène tambour battant dans l'illusion d'êtres fantomatiques, maléfiques et pourtant inoffensifs et charmants.


Dans cette caverne ou se joue le destin de ces pantins attifés comme des personnages de revue de cabaret queer l'action bat son plein plein de rebondissements. Dans cette "contre-maison" faite "maison", haute couture de la mise en scène et espace, les personnages enchantent. Comme dans un futur musée Grevin, une galerie de l'Evolution où les spécimens rares se côtoient et font voyager dans un imaginaire très charnel.Un labyrinthe de créatures a-normales pour mieux faire "anti-magie" et recourir à toutes les astuces du théâtre d'aujourd'hui et du cinéma. Car l'écran est là, la camera en direct pour donner du relief, du chien à cette prestation originale et décoiffante à l'envi. Les comédiens au top, virulents autant que tendres ados en mutation, en transformation et évolution incertaine. 


Comme de l'illusion réussie ou manquée où la chambre de ces péripéties serait le berceau de bien des utopies, des incertitudes. De quoi agrémenter un récit, des dialogues ou un texte hybride à l'image de ces sorciers bienveillants, rassurant. Le destin de Carmen au coeur ce ce périple où les invisibilités sont évidentes, drôles et traitées comme des évidences à accueillir avec dévotion et humour. Sans cachotterie, "Anti-Magie" est bien vertigineuse illustration d'un monde pas perdu où la pratique de l'écriture et du jeu est reine, fantaisiste et digne d'une Foire du Trône où de gentils monstres se révèleraient au grand jour. Les maquillages très léchés, presque gore et fantastiques confèrent au récit un côté irréel, plein d'artifices et de grimaces burlesques ou terrifiantes. Un univers décalé, déjanté, musical, verbal et visuel tonitruant. Beaucoup de malice et de jouissance dans ces tableaux successifs où l'intrigue est simple: existe et incarne ta vie, il en adviendra toujours quelque chose de jubilatoire ou mélancolique. Le talent des comédiens autant que de toutes "les petites mains" qui ont construit cette utopie au service du Théâtre avant toute chose!

[Texte et mise en scène] Juan Bescós
[Dramaturgie et assistanat mise en scène] Linda Souakria

[Avec] Yacine Bathily, Louise Coq, Matis Florent-Gicquel, Zélie Hollande, Julien Louisy

[Vidéo et régie générale] Félicie Cantraine
[Lumière et plateau] Eliott Guinet-Maudet
[Son] Syrielle Bordy
[Scénographie et plateau] Justine Restancourt
[Costumes] Inga Adeline-Eshuis
[Musique] Syrielle Bordy, Laton Raver - Youri Guittier  
[Regards extérieurs] Jonathan Capdevielle, Vanessa Court, Ramón Diago, Rui Monteiro, Nelly Pulicani, Benjamin Moreau, Jérémie Papin, Antoine Richard, Jérémie Scheidler, Paola Secret, Hélène Wisse
[Coordination d’intimité] Benjamin Villemagne

[Production] Théâtre national de Strasbourg

Au TNS jusqu-au 28 MAI 

 

vendredi 22 mai 2026

"Croire aux fauves" de Nastassia Martin: Laure Werckmann en ours bien léché! La Belle et la bête sur le front

 


Tiré d’une histoire vraie

​​À partir du récit autobiographique de l’anthropologue Nastassja Martin, marquée dans sa chair par la rencontre avec un ours, l’actrice-metteuse en scène Laure Werckmann incarne une nouvelle figure féminine bouleversant les limites de son identité. Prothèses, maquillage et costumes sont au coeur de ce spectacle qui parcourt 4 saisons comme 4 rêves d’une transformation.

En août 2015, l’anthropologue Nastassja Martin est mordue au visage par un ours dans le Kamtchatka. Dans son récit autobiographique, elle relate les étapes de sa réparation et fait face à sa propre métamorphose. En incarnant cette figure féminine qui explore et déplace ses propres limites, Laure Werckmann ouvre les portes d’une mythologie contemporaine, où l’invisible rend notre monde plus intelligible.

Spécialiste des populations arctiques, Nastassja Martin mène des recherches anthropologiques sur le peuple évène lorsqu’elle croise le chemin d’un ours sur le massif du Klioutchevskoï, aux confins de la Sibérie. L’affrontement est inégal, le baiser sanglant de l’ours arrache une partie du visage de la jeune femme, mais les deux ont la vie sauve. La frontière entre l’humain et l’animal implose à cet instant, créant un lien mystique. Le récit Croire aux fauves, paru en 2019, est autant celui d’une renaissance qu’une réflexion sur la rencontre avec l’altérité, où la construction de soi est faite aussi de ce qui est étranger. Dans la culture animiste des Évènes, Nastassja Martin est devenue mi-femme mi-ours, celle qui se tient entre les mondes. Laure Werckmann a imaginé une mise en scène qui oscille entre ces dimensions, entre rêve et réalité, et matérialise les étapes à franchir jusqu’à la métamorphose. La comédienne, impressionnante, fait de ce spectacle une plongée immersive dans l’âme de l’anthropologue. Une expérience de théâtre vertigineuse.



Séquence choc pour un début qui figure un interview de cette anthropologue atypique avec sur le parterre du théâtre un "journaliste"émérite, le directeur du Diapason lui-même Stéphane Litolff! Alors c'est au diapason qu'il interroge la star du soir avec des questions de témoin dans la salle comme lors d'un débat ou bord de scène. Elle, en tenue de randonnée, de pisteuse de comportements de tribus, ethnologue intriguée par tout ce qui fait sens dans les comportements collectifs de population encore vierges, intacts témoins d'une vérité fragile sur les us et coutumes de peuplades indigènes. Attitude décontractée, bon-enfant de cette chercheuse de terrain qui se souvient de ses péripéties et autres aventures authentiques au coeur de son métier qu'elle exerce avec franchise, perspicacité, instinct et respect. Considérer l'autre, ne pas toucher à son cadre de vie ni environnement. Dans cette quiétude pourtant mugit régulièrement un son sourd et indéfinissable comme une menace lointaine qui se rapproche peu à peu. Un indice de ce qui va se passer plus tard: elle sera victime et proie d'une agression par un ours mal léché qui, hante son territoire et, dérangé, agresse la jeune femme. Encore insouciante, elle se pare pour une parade dans un petit kiosque intime qui la fait belle et désirable. Qui est cette femme audacieuse et frondeuse au juste? Une héroïne qui va peu à peu avouer ses faiblesses dans un conte, une narration dévoilant autant son caractère, que les faits qui ne lui sont pas reprochés. 


Aventurière, elle reçoit en boomerang, le fruit de sa curiosité, de son ingérence dans des contrées et usages méconnus, donc "barbares" et cruels. La comédienne, metteuse en scène incarne ce personnage énigmatique en proie au malheur, à l'agression de l'ours sur son visage, la mutilant de sa mâchoire: l'instrument de la phonation, de l'articulation, de la parole. Symbole de cette incursion dans un monde inconnu dont le fonctionnement entravé par sa présence, mérite châtiment. A vos gardes et votre vigilance, car le récit en saynètes qui s'enchainent, captive dans un rythme pourtant lent et plein de silences interrogateurs. Quel sera son destin au final, cette enquêteuse furtive, intelligente et respectueuse qui reçoit malgré tout une leçon sans concession pour ses incursions dans un monde observable comme une curiosité palpitante. Laure Werckmann, seule sur le plateau "déchire" son décor, comme lacéré à la Lucio Fontana, occupe le terrain avec engagement et détermination. Les saisons s'enchainent, objets de récits pertinents sur la profession d’ethnologue, sur une auto analyse psychiatrique singulière, un auto-roman, autofiction à la Almodovar. La Belle et la Bête se regarde, s'observe et se déchire: l'amour, la passion, la défensive comme credo contre l'abus de pouvoir ou le harcèlement.


avec Laure Werckmann jeu et mise en scène
et les régisseuses Cyrille Siffer et Zélie Champeau


« Ce jour-là, le 25 août 2015, l'événement n'est pas : un ours attaque une anthropologue française quelque part dans les montagnes du
Kamtchatka. L'événement est : un ours et une femme se rencontrent et les frontières entre les mondes implosent. Non seulement les limites
physiques entre un humain et une bête qui, en se confrontant, ouvrent des failles sur leurs corps et dans leurs têtes. C'est aussi le temps du
mythe qui rejoint la réalité ; le jadis qui rejoint l'actuel ; le rêve qui rejoint l'incarné. » 

masques et prothèses Cécile Kretschmar – lumière Philippe Berthomé – scénographie Angéline Croissant – musique Olivier Mellano – costumes Pauline Kieffer – collaboration à la mise en scène Noémie Rosenblatt
Production Compagnie Lucie Warrant – Artenréel#1
Coproduction TJP – CDN Strasbourg Grand Est, Espace 110 – Scène conventionnée d’intérêt national art et création à Illzach, Espace Koltès – Metz, Théâtre de la Manufacture – CDN Nancy Lorraine
Soutien DRAC Grand Est, Région Grand Est, Ville de Strasbourg, Convergence, Emmaüs, Vetis, Le Bistrot des Rosiers
Mécénat cabinet Abraham Avocats 

Au Diapason Vendenheim le 21 MAI 


jeudi 21 mai 2026

"Madame Arthur": d'après une Histoire Vraie, dans la reine des Drag Queen à Schiltigheim..


Le nouveau spectacle musical du cabaret mythique de Pigalle débarque à Schiltigheim !

Sur scène, quatre créatures installent leurs plumes et leurs excentricités pour vous proposer un spectacle musical en live et en français, reprenant au piano-voix des standards de la “belle époque” jusqu’à la scène actuelle en passant par les années 80. Mêlant amour, humour paillettes et extravagance, ce spectacle ne vous laissera pas indifférent ! Le nouveau spectacle musical du cabaret mythique de Pigalle débarque à Schiltigheim ! Sur scène, quatre créatures installent leurs plumes et leurs excentricités pour vous
proposer un spectacle musical en live et en français, reprenant au piano-voix des standards de la “belle époque” jusqu’à la scène actuelle en passant par les années 80.
Mêlant amour, humour paillettes et extravagance.

Retracer l'histoire du "genre" et de ses représentantes, les Drag Queen depuis leur "avènement" voici un chalenge militant de toute force et beauté: alors en route pour l'Odysée de l'Espèce, de l'espace d'évolution du genre et de toutes les différences. Sur fond de Richars Stauss, le rideau est levé! C'est une sorte de compte à rebours dans le désordre qui nous fait découvrir toutes dates et péripéties confondues, le parcours du combattant de ces femmes, de ces hommes travestis ou transgenre Mais ceci dans la joie et le respect, la considération d'un "statu" civil, civique et politique autant que poétique. C'est dans un costume rutilant, jupe gonflée, bouffante toute argentée, "pouf" sur la tête comme une perruque extravagante que débute le show. C'est Versailles et sa Reine Soleil ,un personnage incarné par Diamanda Callas à la carrure massive, les gambettes qui n'ont rien à envier à Mistinguett ou Zizi Jeanmaire. Les paroles sont vives, le récit de cette épopée picaresque démarre. On suit avec grand intérêt l'évolution de la situation des Queen depuis l'Antiquité à l'aide d'un calendrier paperboard qui affiche les dates phares: ainsi, les Grecs et les Romains donnaient la part belle au corps, la tunique très sexy de Diamanda Callas offrant une visibilité à l'homosexualité, au transgenre.Sa voix est de bronze, celle d'une cantatrice lyrique débordant de théâtralité et de profondeur. Ici pas d’effeuillage ni de strip-tease, mais un spectacle de cabaret avec strass et paillettes, costumes sur mesure, à la démesure des personnages, quatre artistes hors pair. Le caméléon pianiste Grand Soir, costume queue de pie à rayures ou paillettes colorées scintillant sous les projecteurs. Sans évoquer les robes et atours de La Briochée, toute ronde et forte personnalité à la gouaille de Montmartre et de son Moulin Rouge (fondé par deux alsaciens, les Josep Oller et Charles Zidler, qui possédaient déjà l'Olympia). La Goulue, Grille d’égout et autres figures du french cancan s'y produisirent longtemps...Ici c'est de "pute" et de PD" que l'on cause avec verve, tonus et efficacité sans concession au vocabulaire argotique et populaire. "Je suis un PD" propose une lecture affriolante de la vision commune d'une différence entre sexe.Le tout sur des reprises de grand tube de la variété...Le célèbre "Voyage" pour mieux nous embarquer dans cet itinéraire spatio-temporel décoiffant. La Grande Histoire décrit aussi la condition des invisibilités abreuvées de tout temps par l'homophobie et autres attitudes d'exclusion. La reine du Ballroom est célébrée, La ballroom est une discipline artistique qui croise danse, performance et drag, et qui se pratique lors de balls déjantés. Crystal LaBeija, née dans les années 1930 et morte dans les années 1990 est une artiste afro-américaine, trans, drag queen, fondatrice de la House of LaBeija en 1968. Cette House (« Maison » en anglais) est souvent citée comme étant la première de la culture ballroom.On suit aussi "la démocratie" en route pour abolir les pouvoirs discriminatoire: un spectacle, passeur et messager d'un manifeste loyal et démocratique!

 "Holidays" de Polnareff est remis à jour avec nostalgie et pertinence. Tout s'enchaine en tableaux truculents, variés, volubiles. Et Piaf de s'inviter avec "Milord"dans un numéro émouvant de La Briochée, taillée pour le rôle! Puis;au micro Pierre et La Rose, nouvelle venue fait son show de sa voix pulpeuse et gravée dans le roc. Costume et panache rose déployé largement. Au piano, Grand Soir chante aussi et donne le La à ce quatuor burlesque et décapant, artistiquement et vocalement très fort et puissant. Parmi le public, au parterre ou dans les gradins, les artistes évoluent sans mascarade, parées de leurs atours de scène. Les Reines d'un soir qui voudraient le rester le reste du temps. Madame Arthur a 80 ans: quelle forme et quelle pêche, quelle frite et quelle verve acidulée, jamais vulgaire ni contrefaite. Au final, on apprend que Grand Soir fait sa dernière dans l'établissement et que Schiltigheim sera la dernière étape d'une tournée internationale..Bon vent à cette équipe de charme de la rue des Martyrs (étymologie: "travail"). Une ode militante et pertinente pour que les choses évoluent, changent et indiquent la bonne direction dans une solidarité et sororité exemplaire: comme ce show, vitrine, témoignage, message et manifeste d'humanité. On brule les planches sous les feux de la rampe et les Reines de la Nuit pourront vivre au grand jour.Métamorphose et enveloppe charnelle de rigueur, Drag Queen de grand talent, uniques en leur "genre" queer.Et c'est "la dernière séance" pour la troupe et "le grand soir"  pour le pianiste qui fait ses adieux à Madame Arthur!

"Madame Arthur est une femme..."qui fera parler d'elle longtemps... Paul de Kock en 1850 et interprétée par Yvette Guilber

Avec La Briochée, Pierre & La Rose, Diamanda Callas et Grand Soir / Anouk Viale – direction artistique

A Schiltigheim Briqueterie le 20 MAI 

mercredi 20 mai 2026

"Ateliers en scène "au Maillon: on blébiscite l'APEDI....avec "Trop, c'est beau": Le carnaval des Animaux!

 

Place au spectacle, après moultes répétitions au Maillon, pour les ateliers en scène, mercredi 20 mai ! Depuis la rentrée 2025, des projets de médiation sont imaginés par l’équipe des relations avec le public du Maillon auprès de jeunes en temps scolaire et hors temps scolaire et ce en lien étroit avec la programmation du Maillon. Option théâtre aux lycées, ateliers dans les centres sociaux, masterclasses... : tous ces projets sont menés, chaque saison, avec des artistes et associent de nombreux partenaires. Le temps d’une demi-journée, nous vous invitons à découvrir les restitutions de ces ateliers !
Seront ainsi présentés les projets des groupes de :
Apedi Alsace – Schiltigheim
Centre Social et Culturel Au-delà Des Ponts – Strasbourg – Port du Rhin Csc Au-delà Des Ponts
L’OPI – Cité de l’ll – Strasbourg
Le lycée Le Corbusier – Illkirch-Graffenstaden
Le lycée Freppel – Obernai
Rendez-vous mercredi 20 mai 16 H au Maillon
 
Petit à petit l'APEDI fait son nid avec appétit et cette fois-ci c'est sur le plateau du hall du Maillon, théâtre de Strasbourg que se présente le groupe de l'atelier d'écriture du SAJH piloté par Eliane Karakaya, plasticienne, et Isabelle Walter, éducatrice spécialisée, et la plasticienne invitée Cécile Tonizzo.
Du pain sur les planches depuis la rentrée de septembre 2025 pour ce petit groupe féru d'écriture, de lecture et d'art visuel. A raison d'un atelier hebdomadaire très dense et riche d'échange les 8 participants volontaires cheminent vers la découverte et réalisation d'ouvrages livresque ou de prestations publiques. La dernière en date: présentation de leur livre à la médiathèque Frida Khalo en mai 2024..
De solides partenariats professionnels extérieurs pour consolider et développer le travail artistique et pédagogique initié dans l'établissement de façon régulière pour les "usagers" de l'institution APEDI SAJH de Schiltigheim! 
Alors place au "show" dans la décontraction devant un public nombreux et captif. Entre en scène un curieux personnage doté d'une marionnette, effigie plasticienne d'un animal étrange. Et notre actrice de délivrer au micro un texte écrit par ses soins, autant absurde que burlesque dans une langue proche de Loulipo ou de l'écriture surréalisme automatique ou  en cadavre exquis. Poésie sonore autant que visuelle, génératrice d'images et de situations cocasses, inédites, intrigantes. Il en va de même pour les autres textes interprétés au micro par chacun des auteurs. Et contrebalancé par des apparitions sauvages de silhouettes de carton, inspirées des sculptures qui ont servi de prototype pour leur élaboration: un véritable travail d'art visuel et plastique généré par l"imagination débordante de tous: participants et accompagnatrices du projet; épaulées par la coordinatrice du Maillon, Irène Cogny.Les séquences se succèdent comme autant de tableaux vivants: à chacun sa diction, son attitude, son jeu. De la discrétion à la représentation, chacun y met le meilleur de lui-même. Les marionnettes manipulées comme des ponctuations visuelles, des poèmes.Beaucoup de gaité, de légèreté dans cette belle prestation professionnelle, bien menée, bien rythmée, le temps de vouloir en entendre encore plus! Les mots se libèrent, se délivrent et sortent tout droit d'un imaginaire fertile . Jeu de mots, virelangues, calembour et autre figures de style pour mieux épouser les formes fantastiques de ce carnaval des animaux. Des chants d'oiseux, une régie musique et la "performance" bat son plein sans encombre jusqu'aux présentations finales de chacun des huit protagoniste.La malcieuse Lénita Afonso, le digne Arnaud Defranoux, la subtile Marie-Rose Gras,le musicien conteur Théo Hamann, le fervent Pascal Hussler, la soyeuse Emmanuelle Louyot, la déterminée Cécile Fuss et la discrète Myriam Roc'h.  
Que du bonheur pour ces bestioles fantastiques, ce conte auréolé par un castelet magique, scène sur mesure pour ce projet haute couture fait "maison" dans un écrin de respect des différences, d'une considération de l'autre sans limite; Image de marque du SAJH, credo de tous ceux qui fréquentent et animent ce lieu de vie et de créativité.
 
On remet ça le 11 JUIN 14H dans le cadre d'une collaboration d'édition et d'accueil à la Médiathèque Frida Khalo à Schiltigheim. Soyez les bienvenus, curieux de tout!
 
 
 
 
cécile tonizzo

 

mardi 19 mai 2026

Amir Sabra & Ata Khatab: "Badke" (remix)

 


Badke (remix)

Badke (2013) fut créé pour dix interprètes palestiniens par Koen Augustijnen, Rosalba Torres Guerrero et Hildegard De Vuyst. La pièce a connu un fort retentissement international et a été présenté à POLE-SUD. Au travers de ce spectacle, toute une génération de danseurs aujourd’hui actifs a été formée. Badke (remix) est désormais entre les mains de deux d’entre eux Amir Sabra et Ata Khatab, portés par l’urgence de partager leur métier à des plus jeunes et de montrer la vitalité d’une culture. Le dabke folklorique palestinien est accompagné par le mijwiz, musique envoûtante portée par un instrument à vent en bambou, et est dansé dans les mariages. Les chorégraphes nourrissent cette danse traditionnelle de la diversité d’autres disciplines comme le hip-hop, la capoeira ou le cirque, pour affirmer leur ouverture au monde contemporain. Remonter cette pièce dans un contexte politique violent, devient un acte de résistance nécessaire, collectif qui n’oublie pas la joie, énergie nécessaire à la vie. Danser, coûte que coûte.


laGeste | Stereo48 Belgique Palestine 10 interprètes 2025


 A Pole Sud le 19 MAI

dimanche 17 mai 2026

Saori Jo Origin Quintet : le retour!

 


Après des années d’absence, Saori Jo est de retour sur scène avec une flamme nouvelle et des histoires inédites. Un nouveau chapitre ancré dans nos racines incarnées et arrangées à notre Blues Classic Rock qui nous défini et qui s'intitule Saori Jo Origin, et vous êtes invités à en être les premiers témoins. 
 
Un retour en beauté dans la spacieuse salle des fêtes de Langensoultzbach pour une formation en super forme avec les deux piliers porteurs Marjorie et Miguel Ruiz.De la beauté il y en a dans ce nouveau répertoire de classiques de la musique blues,soul et rock électronique tonitruant.. La voix de notre chanteuse modifiée par le temps et l expérience lui donnant un timbre chaleureux dominé par ses fameux éclats de voix et de rage électrisants. Ses partenaires au diapason de cette mutation spectaculaire dans la lignée de leurs origines et creusets d inspiration.A savoir le groupe Jethro Tull.Compagnon inspirant les compositions du groupe comme l'esprit de ces reprises haute couture sans ourlet.Du bon blues,une touche de spleen évanescente,un ouragan de rock qui pulsent,s'entrechoquent,rebondissent à l'envi.A l'harmonica,Nicolas Chauvet et sa ceinture de survie musicale peuplée d'instruments à souffle étonnants.Gilet pare-balles,discret rempart face à Axelle Lagiraff à la guitare basse,longue silhouette à la chevelure blonde de toute grandeur musicale à la discrète présence inspirée. Au clavier,la reine du soir Marjorie s'acharne en chantant,en tanguant les rythmes, en swinguant les mélodies multiples et variées.L'engagement  physique comme credo,comme mission et sacerdoce.Miguel fidèle guitariste farceur et plein de bonhomie et bienveillance. Au talent d'interprète vaillant,subtil,à l'écoute du groupe.Maxime Jung à la batterie s'adonne avec répondant,vivacité et opportunité à des interventions originales et bienvenues.Au programme des reprises de Janis Joplin,  et d'autres grandes signatures du rock.
Ça leur va comme un gant sur mesure et trois heures durant ce joyeux quintet enchante la salle comble Pas de IA pour cette formation férue d'intelligence Artisanale,Artistique, Atypique en diable.Du bel ouvrage de compagnons de la musique débridée, inspirée,vivante,ce soir là honorés par la présence du Pygmalion de Marjorie Pascot ,Béatrice Lara Belliot, son mentor de chant.Un transport musical en commun,collective expérience de spectacle vivant vécue passionnément par le groupe reconstitué.Pour le meilleur de la restitution d'un patrimoine musical hors du bocal de formol de conservatoire.Une soirée du tonnerre arrosée d'un bon auxerrois local à consommer sans modération.Et Jacqueline de l'association Vibrato porteuse du projet de se réjouir de cette bonne étoile qui guide ainsi les planètes du groupe.Très prometteur,sur une voix nouvelle pleine de perspectives..


16 Mai Quintet Salle des Fêtes de Langensoultzbach
30 Juin Duo Guinguette De Niederbronn
4 Juilllet Concert Privé
5 Juillet Festival Rock in des Muscheln
6 Juillet Concert Privé
31 Juillet Septenaire Val de moder
 
 

mercredi 13 mai 2026

"Voix de Stras": Catherine Bolzinger haute couture sur la "mesure"

 


C’est toujours les voix qui restent, au final, c’est aussi toujours par elles que ça commence, une voix plus une oreille, deux fils de soie impalpables et un pavillon !
Jean-Jacques Schuhl

Chaque deuxième mercredi du mois, Catherine Bolzinger propose au Temple Neuf à Strasbourg, en partenariat avec l’ensemble professionnel a capella Voix de Stras’ et le Choeur philharmonique de Strasbourg Les Rendez-vous de la Voix. Les rendez-vous de la voix s’adressent aux curieux, aux mélomanes, à toutes celles et ceux que la voix humaine intrigue ou fascine… ils sont une exploration de la voix sous toutes ses formes.Ce nouveau cycle propose une rencontre vivante et originale entre artistes et public.L’idée est simple et généreuse – déployer la voix humaine dans toutes ses dimensions : instrumentale, vecteur d’émotions et de lien social. Qu’elle soit solidaire, participative, méditative, créative ou expérimentale, la voix devient le point de départ d’expériences musicales uniques, de découvertes et de dialogues inattendus.Ici, l’écoute se transforme en expérience : répétitions commentées, concerts interactifs, créations inédites, explorations interculturelles…Les Rendez-vous de la Voix célèbrent la diversité et offrent à chacun l’occasion de ressentir la puissance et la subtilité de la voix humaine.

100%vocal, 100% féminin, c'est la signature de Voix de Stras', quintette lyrique féminin. Leurs concerts mêlent habilement écritures contemporaines, airs classiques et chansons traditionnelles.

Mercredi 13 mai à 20h –Au temple Neuf Répétition commentée !

À l’occasion de la prochaine répétition commentée du Choeur philharmonique de Strasbourg, Catherine Bolzinger vous emmènera dans les détours de ses Rhapsodies Bohémiennes, anecdotes à la clé et démonstrations live par les 60 choristes.

Catherine Bolzinger déroule ses répétitions avec Voix de Stras’ comme une séance haute couture. ✨
Après la première phase d’écriture, Catherine Bolzinger observe les premières répétitions de ses chanteuses pour ajuster, compléter, modeler et réécrire.
Comme une étoffe que l’on travaille patiemment, la musique prend forme peu à peu, jusqu’à trouver la coupe juste, la nuance parfaite.Un travail de précision, d’écoute et de création collective… où chaque détail compte.

 

mardi 12 mai 2026

"All Over Nymphéas" , Emmanuel Eggermont , à fleur d'eau...Circum navigation, signes d'étang, collages absurdes de Danse magnétique .

 


Avec Les Nymphéas, œuvre littéralement monumentale et monument de l’histoire de la peinture, Claude Monet a livré une réponse colorée, idyllique et véritablement vivante à la violence de son temps : la représentation y laisse la place à la présence sensible, les formes clairement ordonnées à une atmosphère presque tangible où elles s’estompent, dans laquelle s’abîme le regard. 



C’est cette présence que fait vivre Emmanuel Eggermont dans un ballet pour neuf danseurs et danseuses qui est plus qu’une relecture. Le all-over
est une pratique picturale, de Jackson Pollock à Mark Rothko, dans laquelle la couleur est répartie plus ou moins uniformément sur la toile, annihilant la référence au réel au profit de l’immersion.
Du principe de répétition et de combinaison des motifs, commun à ces deux sources d’inspiration, le chorégraphe a fait la grammaire d’un spectacle qui, lui aussi, semble sortir du cadre. Sa « chromato-chorégraphie » convoque le corps, la musique, la couleur et les formes comme autant de langages. Sur un pied d’égalité, les interprètes interagissent dans une œuvre plastique et originale.

 


Une histoire d'eau, de reflets dans un oeil d'or, celui d'Emmanuel Eggermont plongé dans une réflexion lumineuse, un miroir flottant, une vasque aquatique frémissante et choré-graphique proche d'une calligraphie abstraire. Un danseur traverse cette mise en scène très plasticienne: plaques bleutées au sol, longues perches suspendues comme un écran tectonique d'une architecture aérienne mobile.Un écrin, vaste et ouvert sur les volumes sonores qui s'esquissent: sons lointains de tuyaux d'orgue, angélus résonnant comme autant de coups de cloches fébriles. Les gestes sont tranchés, abruptes, ciselés et précis, épousant toutes les parties du corps comme des flèches tendues et prêtes à fuser dans l'espace. Se joignent à cette précision graphique, d'autres "mobiles" qui sillonnent le plateau comme autant de particules lancées dans l'arène. Marches, démarches sensibles, orientées de moultes façons pour mieux introduite des arrêts sur images, des poses, des attitudes étranges qui se reproduisent comme des répliques, des jeux en dialogues avec le son. Formes anguleuses, mains sur les yeux comme pour se protéger de la lumière, en dehors et en dedans des jambes, pieds calés à l'horizontale comme des angles, des carrés géométriques. Pointes, talons, déhanchements subtils qui structurent la danse en cubes, en lignes brisées ou droites. Géographie physique impressionnante de précision, de rythmes musicaux, de cassures et brisures de gestes. Solitudes des interprètes qui ne se réunissent qu'au sol, langoureuses figures de corps qui se répandent, fondent, attendent des soubresauts venus de l'autre. En noir, costumes stricts, desingnés comme pour un défilé de mode qui se distingue peu à peu dans les démarches des danseurs lâchés dans l'espace, ses diagonales, ses longues lignes tendues. Points, lignes, plans, sculptures à la Ellsworth Kelly, géométries posées au sol en flaques bleues comme des pièces de puzzle à déconstruire, le décor est loin d'évoquer quelques "Nymphéas" disparues au profit d'une peinture abstraire et radicale..Chercher plutôt du côté des lumières, des reflets à travers des plaques plastiques portées par les danseurs comme des écrans colorés, des gélatines de projecteurs de scènes. Une danseuse en sera recouverte comme dans une cage dorée, réverbérant la lumière ambiante.Des plaques blanches se feront écrans, boites et parois où pourraient s'esquisser quelques traits fugaces. En masquant des parties de corps volontairement tronqués, déstructurés au profit de lignes strictes. Les motifs récurrents forment des séries comme des gammes de gestes à reproduire qui s'estompent, s'effacent et proposent une chromo-chorégraphie "maison", celle de la compagnie "Anthracite" aux contours bien définis.Quelques duos parsèment la chorégraphie éparse de cette pièce énigmatique, portés fugaces, allers et retours des figures récurrentes en osmose avec la radicalité du propos.Les divagations de la danse comme muselées par des tracés parfois brisés comme une tectonique des plaques en fusion. Un dandy très Karl Lagerfeld ou Y.S.Laurent questionne le paraitre en déhanchements symptomatiques d'illusion, de futilité. Les costumes alternent en noir, en col monté, troquent cette rigidité en formes rondes ou lacérées.On songe encore à Robert Morris et d'autres ingénieux plasticiens chantres d'une revendication de matériaux sobres, métalliques, froids et glacés.Frank Stella pour les brisures des gestes lacérés. Lucio Fontana pour les déchirures et lacération des gestes des danseurs.Celeste Boursier Mougenot proche aussi du travail scénographique de Jihy  Jung.Vifs argent, fulgurante écriture dans des espaces singuliers de corps voués à une figuration abstraite .Alors que des torrents de musique signés Julien Lepreux se déversent parfois au détriment de la lecture de la danse tant leur densité ravageuse prend de la place et inonde le plateau.Ambiance chaotique, certes qui fait monter la tension dans un grand fatras musical où tout bascule dans la diversité des sons . En bleu ou en couverture de survie dorée, en autant de particules, d'électrons domestiqués, les danseurs écrivent une partition corporelle très soignée, précise et ciselée qui font songer à l'écriture de Dominique Bagouet, aux déplacements fébriles de Mathilde Monnier, à toute une génération de chorégraphes inspirés par les arts plastiques et leur énergie de fabrication, leur monstration hors les murs, leur anti conformisme revendiqué.L’extrême délicatesse, très distinguée d'Emmanuel Eggermont comme une signature baroque, enluminure médiévale aux confins de l'harmonie, de la tranquillité agitée des eaux dormantes de Nymphéas proches de la dérive de Ophélie sur les eaux...Neuf danseurs gantés de personnages surgis de visions fantomatiques, soutenus par un glossaire de gestes burlesques ou rigoureux, incarnant dessins, peinture, sculptures ou autres médiums multiples de l'Art contemporain. Rendre Monnet de sa pièce unique à l'Orangerie, architecture fantasmée de l'ordre du naturel revisité.

Présenté avec le CCN•Ballet de l’Opéra national du Rhin et POLE-SUD, CDCN ce spectacle fait partie du Parcours Danse


 Au Maillon jusqu'au 12 MAI

lundi 20 avril 2026

"Espaces de Liberté ": les enfants terribles,envahisseurs du grenier du Musée de la Poterie de Betschdorf


Isabelle Thelen et Miriam Schwamm exposent en tandem, binôme bicéphale réjouissant!

Espèces d'espaces pour enfants indociles et parents terribles dissimulés dans l' ombre.Un duo d 'artistes improbable et pourtant si complice s'expose dans le grenier du Musée de la Poterie de Betschdorf,désormais fief de l 'art des "installations" d'artistes.Un univers qui interroge dès l'arrivée au tournant de l'escalier pentu. 

 


Comme dans un rêve,voici des vitrines pleines d'objets détournés de leur fonction,de reliques vivantes, de livres empaquetés dans des toiles blanches à la tranche évoquant leur titre,réécrits à la main.C'est l 'œuvre d'Isabelle Thelen,toute en douceur et nostalgie sur des mouchoirs,des serviettes ou des polochons,oreillers de nos nuits étoilées.Suspendues au ciel par des cordes,les pelures brodées des taies d'oreillers emportent et soulèvent celui qui s 'attarde à regarder dans une atmosphère onirique sereine.Et pourtant voisinent deux carcasses de sommiers de lit, suspendues et reliées aux poutres de la charpente pour ne pas s'évader du grenier.Avec ressorts usés et vermoulus par les longues nuits évoquées sans sommeil.


"La première qui dort réveille l'autre"' comme phrase brodée sur la toile du coussin suspendu.Et les vitrines en résonance où se niche le travail de Miriam Schwamm ressuscitent ce parcours insolite.Pippi Langstrumpf y perd sa natte et garde la paire de ciseaux fautive,objet du crime,près d'elle..

"On ne remerciera jamais assez l'auteur Astrid Lindgren pour son oeuvre fondamentale "Pippi Langstrumpf", surtout quand on a été en Allemagne une fille de la génération des "Kinderläden" (des sortes de crèches gérées collectivement et avec un principe d'éducation anti-autoritaire) : Vivre pour être ce qu'on veut être, et pas pour plaire à ceux qui voudraient qu'on soit autrement. Assumer sa liberté et ses décisions, aussi la solitude qui peut aller avec.
Merci Astrid ! " dixit Miriam Schwamm

 


Un tableau d'antan représente la femme au travail domestique,percée d'impacts de fléchettes.L'humour décalé de l'artiste s'abreuve de ses origines allemandes avec des images,icônes du souvenir colorisé de l'enfance.Un petit tas de friandises,bonbons acidulés rappellent ses penchants de gourmandise nostalgique.


Quatre cadres brodés supportent de petits puzzles détournés .Tout cela chiné dans des vides greniers alentours chargés de mémoire vive.Grenier empli d'une ambiance sereine,bercée de silence,de recueillement.Désuette autant que grave,l'installation conduit dans un monde défait à refaire,reconstruire avec les restes et reliefs d'un festin d'antan,d'un repas partagé de mots brodés,de livres achurés,de tissus ouvragés par de petites mains disparues. Un univers ludique,enjoué où l'on joue à cache-cache avec les objets-souvenirs.Le parfum du lieu,les espaces conquis où s'agrippent deux cordes à nœud invitent à la contemplation joyeuse,à un bivouac salvateur dans le monde de l'enfance.

 


Celle qui nourrit nos fantasmes, nos imaginaires.Un petit singe en peluche couronné veille au grain et surveille ce petit peuple :la vie agitée des eaux dormantes, dessine vanités, ressorts déglingués,couette délaissée sur un matelas usé poussiéreux de nos nuits blanches.Et le grenier d'ouvrir ses mystères comme dans Fantomette ou Les petites filles modèles,enfants terribles de parents modèles se froissant dissimulées au creux des poutres de la salle enchantée. Un duo de choc pour mieux entrelacer souvenirs et actualités et plonger le visiteur dans des "espèces d'espaces"intrigants et révélateurs de mondes inconnus,spectres de l'innocence et de l'archive architecturée de nos existences.

Photos Robert Becker

Espaces de liberté au Musée de la Poterie de Betschdorf jusqu'au 21 juin.