Leçon de physique ou de danse selon Laban? Loi de la gravité tout simplement incarnée par pieds et mains de maître à danser. Le poids est chose grave et conséquente dans la chorégraphie de Fabrice Ramalingom qui s’attèle ici à un sujet de choix.Trois interprètes haut en couleurs,tenue de travail style salopette pour nous faire voir et sentir le poids de nos existences.Déjà dans maintes expressions familières du langage courant: le poids plume, la femme légère et bien d'autres encore qui donnent lieu à des envolées,des échapées belles ou des chutes sensibles et impressionnantes.On tombe de haut en observant ce trio de charme qui joue et gagne en simplicité et authenticité. Rôles bien campés tout en verve et agilité. Loin d'être une simple démonstration pédagogique,ce "3 poids 3 mesures" instruit autant sur les lois physiques que sur l'ingéniosité de la composition chorégraphique,l'écriture,la signature d'un style.Des bonds,des déliés,des tours et toute une grammaire pour retomber sur ses pattes ou simplement déchirer l'air et l'espace que le danseur est sensé transporter en commun.Une bâche vient s'il le fallait prouver que les corps s'y deploient à l'envi dans une scénographie mouvante et lumineuse enrobante,enveloppante pour mieux les contenir ou les lancer hors de la gravité. Et voler bien sur à l'aide de harnais et de la force des coudes des compères devient possible.Oiseau propulsé dans les airs le temps de s'apercevoir que le sol résiste.
Du bel ouvrage séduisant,enjoué,accessible qui laisse une impression de futilité délicieuse,d'aisance,et de jouissances de l'instant dansé. Le poids du monde est franchissable et ce joyeux trio gagnant est bonne pioche au tiercé des tombées chorégraphiques.Et si Terpsichore était une femme légère ?
A la Scierie festival Avignon le off jusqu'au 22 juillet


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